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AFFAIRE AGNÈS : LA DIRECTION DU COLLÈGE-LYCÉE IGNORAIT LE PASSÉ JUDICIAIRE DU SUSPECT GARDOIS

Cette après-midi, à l'occasion d'une conférence de presse, l'équipe du collège-lycée Cévenol de Chambon-sur-Lignon, composée du président Claude Le Vu, le vice-président Jean-Michel Hieaux, du chef d'établissement Philippe Bauwens et Albert Munioz administrateur, a affirmé "avoir découvert l'effroyable vérité" concernant le passé judiciaire du jeune lycéen gardois, lors du discours tenu hier par Jean-Yves Coquillat, le procureur de la République de Clermont-Ferrand.

L'an passé, Philippe Bauwens avait pourtant rencontré le jeune homme et son père, professeur dans le Gard, pour valider son entrée dans son établissement scolaire. "Nous savions que le garçon avait des difficultés, qu'il avait fait quatre mois de prison, mais nous ignorions pourquoi. Ni le père, ni la justice nous ont précisé qu'il était sous contrôle judiciaire et avait un suivi thérapeutique." Quant à l'équipe du collège-lycée Cévenol qui accueille "des élèves au parcours atypique pour leur redonner une seconde chance", personne n'a posé de question. "Nous n'avons pas à nous immiscer", se justifie Albert Munioz.

La direction du collège-lycée Cévenol a fustigé le système judiciaire en se disant "sidérée que par inconscience et irresponsabilité, un système puisse accepter qu'un garçon particulièrement violent intègre un établissement mixte, ouvert et en pleine nature. Sidérée d'avoir été laissée dans l'ignorance d'un contrôle judiciaire, indignée que la petite Agnès soit la tragique victime de ce dysfonctionnement..." de cette non-communication entre les institutions. "Il est urgent d'agir pour qu'un lien soit fait entre la justice, la gendarmerie et l'Education nationale, qu'il y ait un secret partagé lorsqu'il y a des faits aussi graves. Nous tenons à connaître toutes les informations qui pourraient mettre en danger nos élèves", ajoute Albert Munioz.

Jean-Michel Hieaux précise que si l'équipe de l'établissement avait eu connaissance du passé judiciaire du suspect accusé "d'assassinat et de viol", il ne l'aurait pas accepté. Dès demain, la direction du collège-lycée Cévenol de Chambon-sur-Lignon mènera une "vive action" pour qu'il y ait désormais "l'obligation" de la part des institutions d'informer un établissement scolaire du passé judiciaire d'un élève potentiel.

La mère d'Agnès Marin, Paola, a déclaré aux journalistes de BFM TV que la direction du collège "était au courant du passé judiciaire du meurtrier présumé."

 

3000 personnes ont participé à la marche blanche en hommage à Agnès Marin

Ce matin, l'émotion était vive à Chambon-sur-Lignon où près de 3000 personnes ont rendu hommage, lors d'une marche blanche, à Agnès tuée de "façon extrêmement violente et brutale", avait précisé le procureur de la République de Clermont-Ferrand, hier lors d'une conférence de presse. Son corps calciné avait été retrouvé vendredi soir dans un bois près de son établissement scolaire. C'est un lycéen de 17 ans, originaire du Gard, qui lors de sa garde à vue, était passé aux aveux et avait indiqué aux gendarmes le lieu précis où il avait "tué, violé et brûlé" le corps de la jeune fille.

En août 2010 à Nîmes, le meurtrier présumé avait été mis en examen pour "viol sur mineur de moins de 15 ans" et placé quatre mois en détention provisoire puis libéré sous contrôle judiciaire avec obligation d'être placé dans un internat (ses parents avait alors choisi celui de Chambon-sur-Lignon), d'être soumis à un suivi psychologique et de ne plus se rendre dans le Gard.

 

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