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SIDA : LE GARD A FAIT SA JOURNÉE MONDIALE

Photo DR / MA

Le thème de la journée mondiale de lutte contre le SIDA cette année laisse planer un doux espoir : « Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au SIDA ».

L’optimisme viendra peut-être aussi d’un cas unique (raconté dans un document RTL), celui de Tim Brown,  un homme âgé de 45 ans, résidant à San Francisco, diagnostiqué séropositif en 1995, et à qui on donnait deux ans à vivre, finalement guéri du SIDA. Il a même été atteint d’une leucémie en 2007, suite à la déclaration de sa séropositivité. C’est sans doute le don de moelle osseuse qui aurait été déterminant, puisque les cellules de la greffe présentaient la singularité de résister au VIH.

Un nouvel espoir donc, mais dans le Gard, lors de cette journée si particulière tournée vers l’information du public, l’objectif de « FIN DU SIDA », comme l’indiquent les plaquettes d’information de l’association AIDES locale, passe forcément par l’assemblage de trois éléments « Capote+Dépistage+Traitement ». Le président de l’association, Bruno Spire, a notamment souligné récemment la vulnérabilité des plus pauvres et des populations étrangères : « sans accès effectif aux soins pour ces populations, il est impossible d’arrêter l’épidémie ». Pourtant, techniquement, Violaine, bénévole de l’association gardoise, présente ce jeudi au CHU de Nîmes, nous a expliqué que « techniquement, l’objectif zéro malade est possible », et même d’ici à 2040. Mais le paramètre de la prévention, du dépistage et du traitement doit être parfaitement respecté en théorie, ce qui n’est pas gagné dans la réalité.

Et c’est sur le dépistage que tous ceux qui se battent actuellement contre la maladie veulent « mettre le paquet ». Véronique Cazaly, coordinatrice pour le Gard de AIDES (dans l’organisme depuis 18 ans), nous a rappelé qu’aujourd’hui en France, et d’après une estimation récente, 50.000 personnes seraient atteintes de séropositivité sans même le savoir. « Un risque pour eux et pour les autres », nous a-t-elle précisé, sachant que lorsque la maladie se déclare avec les premiers symptômes, si le patient n’a déjà plus de défense immunitaire, il est souvent trop tard. Dépistés à temps, lorsque la charge virale est faible et que les personnes prennent leur traitement correctement, la plupart du temps, celles-ci répondent très bien, d’après Mme Cazaly.

A noter que rien que pour Nîmes, entre 700 et 800 personnes séropositives sont suivis actuellement. Elles s’y rendent une fois tous les deux mois, et suivent un traitement au quotidien. Traitement beaucoup moins lourd que dans le passé. Au lieu d’une quinzaine de cachets par jours, en moyenne, une personne atteinte se retrouve désormais contraint à prendre « seulement » un à deux cachets le matin, puis le soir comme nous l’a précisé l’association AIDES.

La grande nouveauté pour dépister efficacement : un nouveau protocole rapide du nom de « TROD », pour Test Rapide d'Orientation de Diagnostique. L’ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites) et AIDES ont travaillé de concert sur ces tests rapides. Désormais, ces tests sont dispensés par du personnel spécialisé qui a été formé. L’association est donc habilitée pour les réaliser. Mercredi soir à Alès, le TROD s’est vu mis en place pour la première fois dans le Gard. Les premières expériences dans les locaux de l’association de Montpellier doivent avoir lieu ce soir. Il s’agit simplement de prélever une goutte de sang sur le doigt de la personne à dépister, et 30 minutes après, les résultats sont consultables.

Comme nous l’a précisé Véronique Cazaly, « il s’agit d’un accompagnement et d’une prise en charge qui dure en réalité une heure ». Il n’est pas question pour l’association que le TROD ne devienne un moyen de s’auto-dépister seul et de manière isolée. D’ailleurs, la personne dépistée est toujours invitée à passer une deuxième étape dans un laboratoire d’analyse classique ou auprès d’un CDAG (Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit) pour confirmation.

Ce jeudi, plusieurs actions se sont déroulées dans tout le département, notamment des journées portes ouvertes dans les locaux des associations de lutte contre le SIDA, à Alès, à Nîmes et ailleurs.

Sur le site du CHU Carémeau de Nîmes, toute la journée, les bénévoles et représentants des membres du Réseau REGARD ont tenu un stand d’information, avec plaquettes, fascicules et magasines traitant de la question du SIDA et des autres maladies hépatiques. REGARD regroupe notamment : sos hépatites, Actif santé, Chrétiens et sida, Aides Nîmes, arap-rubis, le Pôle Promotion Santé de la ville de Nîmes, et les services du CHU Caremeau (Maladies infectieuses et tropicales, Gastrologie, Addictologie).

Des moments conviviaux autour du chant et de la musique étaient proposés, comme avec le groupe « Les Cloches », composé de trois musiciennes qui chantent A capella. L’une d’elle nous a transmis son témoignage, au sujet de ce type de journées et de rencontres dans un hôpital, elle, qui a longtemps travaillé en tant qu’hospitalière. « Je les retiens par l’énergie de la musique, je capte leur attention ». Un bon moyen de discuter ensuite autour d’un sujet parfois délicat, avec les bénévoles et médecins du Réseau REGARD présents sur place pour l’occasion dans une ambiance détendue.

A noter que ce jeudi soir, entre 20H et 22H, un débat « Objectif : Zéro contamination » se tiendra à l’Inside Bar de Nîmes.

 

Voir le site du Réseau REGARD

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