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LE MUSÉE DE LA ROMANITÉ : Le projet présenté, l’opposition municipale se pose encore beaucoup de questions

Le projet du Musée de la Romanité, signé Elisabeth et Christian Portzamparc. Photo DR/S.Ma
Le projet du Musée de la Romanité, signé Élisabeth et Christian Portzamparc. Photo DR/S.Ma

L'abstention d'une partie de l'opposition municipale, menée par Catherine Bernié-Boissard, Bernard Casaurang et Alain Fabre-Pujol, n'aura pas empêché, loin de là, d'attribuer le marché de maîtrise d’œuvre du Musée de la Romanité au cabinet d'architectes à la réputation de renommée internationale Élisabeth et Christian de Portzamparc. Deux architectes parisiens dont le projet a devancé celui Rudy Ricciotti et Richard Meier & Partners Architects.

Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes a présenté ce mercredi 30 mai le projet retenu par le 26 avril dernier, celui Élisabeth et Christian Portzamparc. Photo DR/S.Ma

Ce mercredi 30 mai, les conseillers municipaux se sont réunis autour du maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, pour une séance extraordinaire lors de laquelle ils étaient appelés à voter sur l'attribution de la maîtrise d’œuvre du Musée de la Romanité au cabinet d'architectes Élisabeth et Christian de Portzamparc. Pour les encourager, ils ont eu droit, en avant-première, à la présentation, en quelques photos, de ce fameux projet d'une valeur de près de 40 000 000 €. Alors oui, ce Musée de la Romanité, si l'on en croit les diaporamas, sera grandiose, un lieu culturel dédié au patrimoine historique de la Ville au look très contemporain, en témoigne cette façade aux formes ondulées affichant une mosaïque de verre. À l'intérieur, c'est pareil, les courbes dominent avec un escalier alambiqué à l'accueil, se tortillant dans tous les sens. Et puis, il y a cette terrasse planté sur le toit du Musée avec un jardin accessible au public surplombant les Arènes et la Tour Magne, ce parcours muséographique qui s'articule autour de la reconstitution du fronton du sanctuaire de la Fontaine, associant aux vestiges et collections des technologies multimédia innovantes et de réalité augmentée etc. Pour sûr, le projet est grandiose.

D'ailleurs les élus de l'opposition ne sont pas revenus dessus. Leurs inquiétudes se sont portés plutôt sur le fonctionnement et surtout la viabilité du Musée de la Romanité qui devrait s'étendre sur une surface de 10 000m² shon dont 3 500 seront réservés aux expositions. "Ces musées, on en a l'exemple en Espagne comme en Italie, connaissent de grandes difficultés, ils sont désertés par le public qu'ils ne parviennent pas à faire venir. Alors, je me demande comment le Musée de la Romanité de Nîmes, face qui plus est à la concurrence de ceux d'Arles et de Narbonne, va réussir à exister. Surtout avec un coût attribué à son personnel (60 agents) qui s'élèvera à 2, 7 millions d'euros" a lancé Bernard Casaurang, président du groupe socialiste et radical au conseil municipal. À Daniel-Jean Valade, adjoint au maire à la culture de répondre : "Chaque année, les Arènes de Nîmes sont visitées par près de 300 000 personnes. Pour le Musée de la Romanité situé à deux pas des Arènes, nous en attendrons 150 000." Car la Ville voit ce projet comme un atout incontournable culturel, touristique et donc économique avec un enjeu régional, national et même international. L'avenir nous le dira. Concernant les financement, le maire de Nîmes a pris la parole trahissant toutefois une part d'inconnue au sujet des subventions qui ont été demandées à l’État comme à l'Union Européenne. L'ironie de l'adjoint à la culture a suffi à faire taire l'opposition, un temps seulement : "Je ne peux pas croire qu'Aurélie Filippetti, agrégée de lettres (ministre de la culture et de la communication, Ndlr) ne puisse pas être sensible à ce projet." Et quant à savoir pourquoi la communauté d'agglomération ne participe pas au financement de ce projet, la réponse se fait encore attendre.

Alain Fabre-Pujol, conseiller municipal (EELV). Photo DR/S.Ma

À Alain Fabre-Pujol de demander la parole. Le conseiller municipal (EELV) a repris sa rengaine du contre-projet du quadrilatère des Jésuites qui nécessiterait d’être rénové. Face à l'ignorance de la majorité, il s'est finalement résigné déclarant : "Puisque vous ne voulez pas vous en charger, nous nous en occuperons dès 2014." Ceci étant dit, Alain Fabre-Pujol a soulevé lors du conseil municipal extraordinaire de ce mercredi 30 mai, un point important, l'urbanisme. "Avez-vous réfléchi à des places de stationnements pour que les touristes puissent se garer et venir au Musée." Jocelyne Pezet-Romieux, conseillère municipale (groupe socialiste et radical) a surenchéri : "Et les bus, vous allez les garer où ?" Pas de réponse en ce qui concerne les bus, en revanche, "les gens pourront toujours prendre le TCSP, je vous rappelle qu'il y aura un arrêt devant Cheval Blanc" a affirmé le maire tapant du poing sur la table face à une opposition "toujours négative" qui n'a pas d'arguments forts contre ce projet.

Finalement, seules Jocelyne Pezet-Romieux et Corinne Spaeder-Giacometti ont voté pour l'attribution de la maîtrise de la main d’œuvre au cabinet d'architectes parisiens, sous les applaudissements de la majorité. Le reste de l'opposition s'est abstenu.

Rappelons que ce projet qui devrait pousser de terre dès 2014 sera présenté vendredi 1er juin dans le hall de Carré d’Art.

 Le projet du Musée de la Romanité en images...

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