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PORTRAIT DU DIMANCHE : Bernadette Lafont, sa vie est à la capitale, son amour à ses racines

La grande actrice révélée lors de la nouvelle vague du cinéma français, Bernadette Lafont, raconte son Gard natal. Photo DR/S.Ma
La grande actrice grande figure de la Nouvelle Vague du cinéma français, Bernadette Lafont, raconte son Gard natal. Photo DR/S.Ma

 

À l'âge de 18 ans, Bernadette Lafont pose ses valises à Paris pour débuter aux côtés de François Truffaut une grande carrière d'actrice. Elle n'en repartira plus mais gardera dans son cœur son Gard natal, Saint-Geniès-de-Malgoirès, Nîmes et puis Saint-André-de-Valborgne. Son Gard de tous les bonheurs mais aussi des malheurs qu'elle préfère taire par pudeur. Rencontrée au cœur de la Vallée de Borgne, à l'occasion de l'inauguration de l'espace culturel qui porte son nom, Bernadette Lafont raconte son enfance qui a coulé tranquillement comme le Gardon, sur les terres gardoises.

Née à Nîmes en 1938, celle qui fera plus tard ses premiers pas devant la caméra en 1957, a vécu jusqu'à son entrée au collège à Saint-Géniès-de-Malgoirès. "C'était un endroit paisible, les chemins étaient blancs, la végétation omniprésente" lance-t-elle, le regard plongé dans le ciel, la cigarette encore fumante au bout de ses doigts. Oui, les dix premières années de sa vie ont été fantastiques et de sa voix si grave et émouvante, elle nous emmène dans ses souvenirs les plus lointains. "Mon père, un pharmacien, était passionné d'archéologie. Ainsi, il m'emmenait avec lui gratter la terre. On trouvait souvent des morceaux de poteries. C'était une sensation étrange que de découvrir ces bouts d'objets." Lors des vacances scolaires, la petite famille traversait une bonne partie du Gard, direction les Cévennes, pour rejoindre le village où ses grands-parents du côté maternelle avaient élu domicile : Saint-André de Valborgne. "Nous y avions une maison familiale. Et quel bonheur de venir ici pour les vacances. Je me souviens notamment de ces baignades dans la rivières, des rires. C'est cela que j'aime dans le Gard, du côté de Nîmes, c'est la ville avec non loin de là, la mer au Grau-du-Roi. Et puis il y a aussi la montagne, dans les Cévennes, loin du tumulte de la ville. Deux ambiances que j’apprécie vraiment en venant ici."

Du banc du collège de Nîmes au fauteuil doré des Césars

Vient le temps de la rentrée au Collège. La petite Bernadette quitte la campagne pour découvrir la ville. Elle entre ainsi au collège Feuchères pour suivre une scolarité tout ce qu'il y a de plus normal. Elle poursuit au lycée Feuchères et dans le même temps, se destinant à la danse, elle prend des cours à l'Opéra de Nîmes où elle rencontrera son premier mari, Gérard Blain. Leur mariage a d'ailleurs été célébré à Saint-André de Valborgne. Le goût de la scène la poussera à prendre un billet de train, aller simple pour Paris, à, à peine, 18 ans. C'est là, qu'elle fait la connaissance de François Truffaut, un jeune prodige de la caméra qui la fera tourner en 1957 dans un court-métrage, Les Mistons. Un tournage qui a d'ailleurs eu lieu à Nîmes même, aux Arènes et dans les Jardins de la Fontaine. "J'étais un peu déçue, je voulais quelque chose de plus dépaysant, s'amuse-t-elle. Mais j'étais très fière de tourner avec François Truffaut même si à l'époque, je ne savais pas ce qui m'attendait après." Ce qui l'attendait après, c'est une belle carrière d'actrice avec une filmographie marquée par les plus grands noms du cinéma : Truffaut (on l'a déjà dit), Claude Chabrol, Claude Miller, Jean-Pierre Mocky, Georges Lautner, Constantin Costa-Gravas, on en passe et des meilleurs. Quelques récompenses ont primé cette folle carrière dont un César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1985 pour l'Effrontée, un César d'honneur en 2003, elle a aussi été faite officier de la Légion d'Honneur en 2009  et a reçu en 2010, la médaille de l'Ordre du Mérite et de l'Ordre des Arts et Lettres, au ministère de la Culture.

Malgré son talent et sa popularité, Bernadette Lafont n'oublie pas d'où elle vient. "J'adore Paris, j'aime y vivre, mais je reviens de temps en temps dans le Gard pour le plaisir, pour voir mon fils qui habite ici mais aussi à l'occasion d'événements culturels." Comme cette lecture de La Bête du Vaccarès de Joseph D'Arbaud qu'elle fera le 7 juillet prochain à l'occasion du Festival de cinéma de Bouillargues. Bernardette Lafont a aussi créé son Festival de cinéma à Saint-André de Valborgne qui fêtera en avril 2013 ses dix années d'existence. "Le but de ce Festival est de faire vivre ce village caché dans les Cévennes, chaque année des artistes viennent à la rencontre du public, c'est un bel événement" explique-t-elle fièrement, écrasant sa cigarette d'un coup sec de talon.

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

 

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Un commentaire

  1. Hommage à une Grande Dame, tout comme elle nous avons grandis sur les mêmes terres gardoise et cévenole entourés de points communs. Son image et son souvenir resteront indélébile dans nos cœurs malgré le grand vide qu’elle nous laisse.
    Adèsias

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