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GARD : Le vendredi 13… Heureux hasard ou jour maudit ?

Éric Pantel, buraliste de la maison Pantel, (avenue Jean Jaurès à Nîmes) - Photo © objectifgard.com / MA

Une habitude que vous partagez ou non, il semblerait que l’on se rende plus volontiers au tabac-presse du coin que de coutume pour s’adonner aux jeux de hasard un vendredi 13 comme celui-ci. Mythe ou réalité ?

Pour Eric Pantel, buraliste de la maison Pantel, installée depuis 1944 sur le Jean Jaurès (à Nîmes), le vendredi 13 : « c’est un surcroît d’activité à gérer, même s’il y a moins de joueurs ce jour-là qu’il y a deux-trois ans, lorsqu’il y avait autant de tirages dans la semaine [comme pour l’Euromillion] ».

Il n’en demeure pas moins que pour celui qui a pris la suite de son père et de son grand-père dans cette « maison familiale » comme il aime à le dire : « on a environ 30 % de clients en plus dans la journée, le vendredi 13 ».

Il s’agirait de clients plus occasionnels, attirés par les jeux de tirages en priorité, comme Sophie, croisée non loin de là dans la même avenue nîmoise : « Je ne joue pas d’habitude, aujourd’hui, ça m’amuse... Et depuis ce matin, on ne peut l’ignorer, on en entend parler à la radio, dans les journaux, à la télévision… Donc, on verra bien. Je tente ma chance du coup », déclare-t-elle.

Une journée pas comme les autres pour les buralistes non plus : « On prévoit le niveau de nos stocks (tickets de grattage etc.), on vérifie le matériel électronique, notre fond de caisse, qui doit être suffisamment fourni… », développe M. Pantel. Et c’est sans compter les petits « à côté », qui sont de l’ordre du service aux clients, à titre bénévole dira-t-on, « qui ne rentre pas dans le mode de rémunération de la part de la Française des Jeux », souligne-t-il. De manière pédagogique, les buralistes doivent expliquer aussi la manière dont fonctionnent les jeux aux clients, qui ne sont pas toujours des connaisseurs ou habitués. Et jusqu’à des gains de 4.999 euros, ils doivent réaliser des opérations de virements bancaires. Un ensemble de ces petits plus, accomplis au quotidien par ceux que la FDJ appelle « nos partenaires », qui seraient rémunérés à hauteur de 5 % de leur Chiffre d’affaires. Montant qui n’aurait pas évolué depuis 1976, alors que « le volume de travail a explosé dans le même temps », d’après M. Pantel, qui souligne en parallèle un autre problème auquel il doit faire face : l’insécurité. Un vendredi 13, il serait plus sensible à cette problématique par son besoin de trésorerie plus élevé. Il illustre le phénomène par la dernière tentative de braquage qui a eu lieu dans un tabac-presse du chemin bas d’Avignon, la veille.

Pour d’autres, le vendredi 13 n’évoque rien qui amène à tenter sa chance plus qu’un autre jour. Jean-Marc, un passant, qui ne jouera manifestement pas aujourd’hui, nous ramène à une origine plus historique : celle du vendredi 13 octobre 1307, lorsqu’au petit matin, sous l’impulsion de Philippe IV le Bel, 54 des 140 Templiers que comptait Paris, furent torturés par les commissaires royaux et remis à l’Inquisition dominicaine, avant d’être brûlés en place publique après avoir avoué n’importe quoi sous la torture. Avec le temps, l’image de cette funeste journée semble bien loin, et tombe dans une certaine indifférence, sauf pour les organismes de loterie… qui se frottent les mains.

Mickaël Attiach
mickael.attiach@objectifgard.com

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