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LE PORTRAIT DU DIMANCHE : Le parcours sans faute du tennisman Philippe Bonnet

Philippe Bonnet pose dans l'enceinte du tennis-club de Saint-Jean-de-Védas
Philippe Bonnet pose dans l'enceinte du tennis-club de Saint-Jean-de-Védas

Pour interviewer Philippe Bonnet, pas besoin de joindre un attaché de presse, de patienter des heures ou des jours entiers pour espérer décrocher l’autorisation de lui parler quelques petites minutes seulement. Pourtant, cet homme de 47 ans, inconnu du grand public, est une vedette. Un sportif de haut niveau aux multiples succès, accompli, battant et courageux. Retour sur une belle ascension.

Philippe Bonnet est né à Saintes en Charente-Maritime. Jeune homme plutôt sportif, il pratique beaucoup d’activités : le football avec ses amis, le ski, les arts martiaux… Hélas, à l’âge de 19 ans, il est victime d’un terrible accident de moto qui le laisse paraplégique. Comme beaucoup de personnes handicapées, Philippe ne se laisse pas abattre et continue sa vie le plus normalement possible. Il quitte l’ouest de la France pour la faculté de Montpellier, en 1989, où il suit des cours d’AES – Administration Economique et Sociale. Cette même année, à l’âge de 24 ans, Philippe ressent un manque : « Je cherchais un sport qui était ludique et physique à la fois. A l’époque, l’offre était restreinte pour les personnes handicapées. C’était soit le tir à l’arc, la natation, l’athlétisme, le tennis de table ou le tennis. J’ai choisi le tennis parce que ça présente un intérêt supplémentaire : on peut jouer contre une personne valide ».

A peine inscrit, son entraîneur décèle énormément de capacités chez le jeune tennisman. Philippe, qui n’avait jamais pratiqué le tennis auparavant, se voit complimenter pour son très bon coup droit ainsi que pour son excellent sens du placement sur le terrain. Des qualités qui lui permettent de commencer à jouer ses premiers tournois dès le début des années 90. En 1993, en moins de 4 ans de compétition, il est sélectionné en équipe de France. « Attention, j’étais juste présélectionné, précise-t-il, modeste. Mais c’est vrai que ça m’a donné envie de côtoyer des joueurs de haut niveau plus souvent. C’est à cette époque que je me suis dit que je voulais aller plus haut ». Et plus haut, Philippe va y aller pour finalement atteindre les sommets.

En 1996, à 31 ans, il se fixe un nouveau défi : celui de participer aux jeux paralympiques de Sydney qui se profilent en 2000. « A l’époque, j’étais numéro 10 mondial. Pour aller à Sydney, il fallait que je sois dans les deux premiers ! ». Pendant quatre ans, de 1996 à 2000, l’athlète va se préparer comme un champion. Pendant 25 heures par semaine, il perfectionne son tennis, accentue sa préparation physique et musculaire. Il enchaîne les tournois en France et partout dans le monde. « Comme Teddy Riner qui se lève le matin en pensant médaille d’or, je me levais en pensant J.O. Ma médaille à moi, c’était de participer ». Et sa médaille, il va la décrocher. En 2000, il est numéro deux mondial et s’envole pour Sydney. « C’était magique, exceptionnel. Mon meilleur souvenir, c’est certainement la cérémonie d’ouverture avec 120 000 spectateurs dans le stade. Et puis, il y avait cette ambiance si particulière dans le village olympique où seuls les athlètes ont le droit d’accéder. Je me souviens qu’on pouvait manger à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, des cuisines du monde entier. C’était atypique ».

Après les Jeux Paralympiques et l’apogée de sa carrière, Philippe décroche un peu, vraiment peu. En janvier 2001, il est embauché chez Hérault Sport au service comptabilité. En parallèle, il continue la compétition au tennis-club de Sommières, mais à son rythme pour privilégier sa vie de famille avec sa femme et ses deux petites filles de 8 et 11 ans. Depuis dix ans, il se concentre sur les tournois et des compétitions comme le championnat de France. Et à plus de 40 ans, Philippe reste performant et ne peut s’empêcher de se donner des objectifs à atteindre : « Le week-end dernier, j’ai remporté l’Open du Gard au Grau-du-Roi. Ce week-end – le tournoi se termine aujourd’hui, NDLR – j’espère bien gagner celui de Saint-Jean-de-Védas. Je suis tête de série numéro un donc je suis le favori. Du coup, j’ai un peu la pression parce que tout le monde dit que c’est mon tournoi ». Une victoire lui permettrait de prendre des points pour se qualifier pour les championnats de France en décembre prochain. D’ici là, Philippe va suivre les jeux paralympiques à la télévision : « Je suis content parce que les jeux paralympiques commencent à être reconnus et valorisés. Evidemment, je vais suivre nos quatre représentants français ». On leur souhaite d’aller plus loin que Philippe qui, en 2000, était sorti en quart de finale contre le numéro deux mondial. Allez les bleus !

Tony Duret

tony.duret@objectifgard.com

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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