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NÎMES. Ni à Miami, ni à Las Vegas, les experts sont au Salon des Antiquaires

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L’expert Daniel Louka est présent au Salon des Antiquaires à Nîmes jusqu’au 15 décembre. Photo DR/S.Ma

Depuis hier, samedi 7 décembre, plus de 80 exposants ont pris place à l’intérieur du Parc des expositions du Nîmes à l’occasion de la 43e édition du Salon des Antiquaires et des Galeries d’Art. De toutes ces éditions, Daniel Louka, diplômé de gemmologie ainsi que de l’Institut supérieur des Carrières Artistiques, expert spécialisé dans les bijoux installé à Paris, n’en n’a raté que trois. Depuis 1975, le Salon des Antiquaires fait appel à son œil de lynx et à sa culture pour consulter les pièces exposées au salon et garantir leur authenticité. Trois missions lui ont été confiées : Faire le tri, avant l’ouverture du salon, des objets présentés sur les différents stands qui ne seraient pas conformes à la déontologie du salon qui n’accepte que les pièces d’occasion ou anciennes. « Très peu de salons font appel à des experts. Nous sommes-là (André Coll-Rotger, expert en objets d’art de Toulon, accompagne Daniel Louka à Nîmes, Ndlr) pour authentifier et apporter une certaine sécurité aux clients. La présence d’experts donne un peu plus de poids à la réputation d’un salon, Nîmes en est un exemple » explique Daniel Louka enfermé dans une petite à l’étage. Là, le Parisien et son confrère André Coll-Rotger, ont installé tout le nécessaire pour pouvoir mener à bien une expertise. Car tout au long du Salon, les personnes intéressées par une pièce présentée au Parc des expositions peuvent faire appel aux experts pour être informés ou rassurés sur leur possible achat. « Je tiens à préciser que nous ne faisons pas d’estimation de prix. Nous renseignons sur l’époque, la qualité et la fabrication des bijoux ou des objets. » Un service proposé gratuitement nécessairecar Daniel Louka l’atteste, « le public qui vient au Salon des Antiquaires, n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, expert en la matière. Soit ils ne s’y connaissent pas du tout, soit ils avancent des arguments qu’ils ont pioché sur internet, ou des rumeurs qu’ils ont entendu. »

Quand le prix devient accessoire !

Pour les moins avertis, reconnaître un bijou de valeur n’est pas chose évidente. Il faut savoir distinguer la valeur historique et la valeur esthétique. « Un bijou de valeur, ça ne veut pas dire grand chose. Un bijou tout simple peut coûter très cher s’il a une histoire et au contraire, un bijou paré de composantes très chères mais mal fait n’aura pas une grande valeur« . Et d’ajouter : « Le bijou doit être représentatif  de l’époque lors de laquelle il a été fabriqué. La sincérité du bijou et même des matières a aussi beaucoup d’importance. Le bijou est une architecture miniaturisée, c’est le prolongement de la personnalité de celui ou celle qui le porte. Aujourd’hui, les femmes veulent des bijoux avec lesquels elles peuvent vivre au quotidien et qui les représentent. Le prix devient finalement accessoire » s’amuse l’expert.

« Retrouver les bijoux de Marie-Antoinette dans une boîte, ça n’arrive que dans les romans »

Troisième et dernière mission. Jusqu’au 15 décembre, Daniel Louka et André Coll-Rotger, mettent leurs compétences à la disposition de tous ceux qui auraient retrouvé dans leur grenier des objets à la valeur non-identifiée. « Retrouver les bijoux de Marie-Antoinette dans une boîte, ça n’arrive que dans les romans ! Généralement, ce sont des jeunes gens de 25 à 40 ans qui viennent me voir. Ils ne cherchent pas forcément l’argent, ils veulent savoir grâce au bijou ce qu’il y a eu avant, l’histoire de leur famille. »

La nouvelle génération d’experts

Avant d’être expert, Daniel Louka a exercé pendant 20 ans le métier de marchand de bijoux. « Puis j’ai été diplômé de l’Institut de gemmologie. J’ai passé une thèse que j’ai présenté devant la compagnie que je convoitais ainsi qu’un test de culture générale » confie l’expert qui voit arriver une nouvelle génération. « Elle complète ses connaissances techniques avec des procédés scientifiques. » Daniel Louka aussi fait appel à la science avec ses appareils : « Loupe binoculaire, polariscope, réfractomètre, spectroscope« . « J’utilise aussi les rayons x et ultraviolets. Parfois, la science vient au secours de l’art ! »

Stéphanie MARIN

stephanie.marin@objectifgard.com

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