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FAIT DU JOUR Les amendes vont-elles compter pour des prunes ?

Aujourd'hui les usagers sont nombreux à ne pas payer le stationnement en ville. Photo DR/RM
Aujourd'hui les usagers sont nombreux à ne pas payer le stationnement en ville. Photo DR/RM

Votée à l'Assemblée nationale jeudi dernier, cette mesure polémique - si elle est appliquée - devrait permettre aux maires de fixer eux-mêmes le montant des amendes de stationnement.

Les automobilistes, selon la ville dans laquelle ils stationnent leur véhicule, réfléchiront peut-être à deux fois avant d'oublier volontairement de mettre une pièce dans l'horodateur, ou au contraire, continueront à garder précieusement leurs euros dans leur porte-monnaie. Jusqu'à présent, le tarif de l'amende fixé à 17 euros n'incite pas forcément à disposer le petit ticket de stationnement derrière son pare-brise. Le jour où la contravention tombe, cette somme ne dépasse souvent pas celle que les usagers auraient, en bon citoyens, déjà du payer. La dépénalisation des PV, destinée à améliorer la politique de stationnement dans le cadre du projet de loi de décentralisation, accorde au maire la tâche de fixer le tarif de l'amende - qui se nommera désormais "forfait de post-stationnement" - à condition qu'il ne dépasse pas le montant total d'une journée de stationnement. Ce qui voudrait donc dire que ce tarif pourrait être radicalement différent d'une ville à une autre.

Des contraventions moins chère dans les petites villes ?

À Paris, avec un stationnement horaire pouvant atteindre 3,30 €, le coût total d'une journée de stationnement peut s'élever à 33 euros. À Alès, avec des prix allant de 0,50 € à 0,80 € de l'heure, le montant global n'excède pas 6,50 € sur huit heures de temps. Pour Christophe Rivenq, directeur de cabinet du maire d'Alès, "cela ne veut pas dire grand chose, autant dire que les automobilistes payeront encore moins". Et de poursuivre : "Je ne comprends pas cette loi même si l'esprit de modulation est intéressant. En l'état, cette mesure paraît irréfléchie et bien loin de la réalité de terrain des villes de provinces où c'est sûr, les prix y seraient diminués ! On traite le problème par le petit bout de la lorgnette". Donc pour l'instant, à la mairie d'Alès, le sujet n'est pas encore d'actualité. "Nous avons rien calé, nous y réfléchirons quand cela sera le moment". Et en effet, l'entrée en vigueur de cette nouvelle disposition est prévue deux ans après la promulgation de la loi, qui est à l'heure actuelle encore entre les mains des députés et sénateurs.

Du côté des usagers des parkings alésiens, ce projet de loi est encore assez méconnu. S'ils ont bien noté que le prix des contraventions de stationnement est passé de 11 à 17 euros depuis le 1er août 2011, cela ne les incitent guère à mettre plus souvent la main à la poche. "17 euros c'est déjà très cher pour une amende de stationnement" commente une jeune femme, mais cela reste peu par rapport au nombre de fois où l'automobiliste ne s'est pas déplacé jusqu'à l'horodateur et n'a néanmoins pas trouvé d'amende coincée sous l'essuie-glace à son retour. D'autres ne se plaignent pas, rappelant que les tarifs horaires à Alès restent dérisoires par rapport à d'autres zones, comme Paris bien sûr mais aussi la Côte d'Azur qui bat certains records en matière de coût de stationnement... En comparaison, les tarifs des Cévennes comptent pour des prunes !

Elodie BOSCHET

elodie.boschet@objectifgard.com

 

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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