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FESTIVAL ITINÉRANCES Pierre Jolivet : « J’essaie de faire des films qui ont du sens »

Pierre Jolivet, réalisateur de "Jamais de la vie". Photo Elodie Boschet/Objectif Gard
Pierre Jolivet, réalisateur de "Jamais de la vie". Photo Elodie Boschet/Objectif Gard

Invité du festival Itinérances hier soir, le réalisateur Pierre Jolivet a présenté en avant-première son nouveau thriller, "Jamais de la vie". Un film sous haute tension où Olivier Gourmet et Valérie Bonneton se donnent la réplique. Rencontre.

Objectif Gard : "Jamais de la vie" raconte l'histoire de Franck, gardien de nuit dans un centre commercial, spectateur de sa propre vie. Le film est sombre, grave. Avez-vous souhaité refléter une certaine réalité ?

Pierre Jolivet : Oui le film est sombre, mais l'époque aussi. C'est donc un bon prétexte à l'héroïsme. Et Franck est un héros potentiel, il en a la carrure, la force. Mais comme beaucoup de gens modestes aujourd'hui, il se demande comment il va faire demain, comment il va s'en sortir. J'ai eu envie d'attraper cette réalité sociale et d'en faire du cinéma.

O. G. : Comment ce personnage, qui est aussi un ancien ouvrier et délégué syndical, est venu à vous ?

P. J. : Je l'ai tout simplement vu, sur le parking d'un centre commercial, et je me suis dit que c'était un bon point de départ pour un film. Il y a tellement de gens inemployés, au milieu d'un espace, ne sachant pas pourquoi ils sont là. C'est un constat qui m'a excité. D'autant que j'ai grandi en banlieue et que je connais cette ambiance. Je me suis un peu inspiré de mon histoire personnelle. Et j'essaie toujours de faire des films qui ont du sens.

O.G. : Après plusieurs années d'errance, qu'est-ce qui va pousser Franck à reprendre - en quelque sorte - sa vie en main ?

P. J. : C'est l'ennui. Il est en attente, il aimerait qu'il se passe quelque chose. C'est quelqu'un qui aime bien aider et sauver les autres. Il n'est pas misanthrope. Intervenir autour de ce mystérieux 4x4 qui rôde sur son parking, c'est pour lui un moyen d'exister.

O.G. : Pour quelles raisons avez-vous pensé à Olivier Gourmet pour jouer ce rôle ?

P. J. : Parce-qu'il a cette vérité physique, que j'ai découvert il y a presque 20 ans, dans "La Promesse". Olivier Gourmet n'incarne pas un veilleur de nuit, il l'est. C'est un fils de paysan qui dégage une grande force. Le rôle lui colle à la peau.

O.G. : Et pour Valérie Bonneton et Bénabar ?

P. J. : C'est un puzzle d'acteurs que j'aime bien. Je ne suis pas sectaire. Valérie Bonneton est sympathique et elle avait tout pour représenter le personnage le plus positif du film. Quant à Bénabar, c'est un pote ! Au delà de ses talents de chanteur, c'est aussi un très bon acteur. Il a mis toute son âme dans cette aventure. C'est pas évident de tomber sur des personnes qui ont en eux cette capacité d'être, et pas de jouer. Du coup, le film a été incroyablement facile à tourner.

Propos recueillis par Elodie Boschet

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Elodie Boschet

Elodie Boschet, journaliste à Objectif Gard depuis septembre 2013.

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