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FAIT DU JOUR Explosion de l’Atria à Pont-Saint-Esprit, les jours d’après

L'immeuble partiellement détruit par l'explosion, qui a fait trois morts et un blessé grave jeudi dernier à Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
L'immeuble partiellement détruit par l'explosion, qui a fait trois morts et un blessé grave jeudi dernier à Pont-Saint-Esprit (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Il y a six jours, l’Atria était partiellement détruit par une très violente explosion qui laissait derrière elle trois morts, un blessé grave et des dizaines de sinistrés.

Depuis, la stupeur a laissé place à la solidarité, avec un appel aux dons lancé par les associations spiripontaines et la mairie.

« Je n’ai jamais vu ça en 23 ans de bénévolat »

Un appel à la solidarité qui n’est pas resté lettre morte : « on a reçu énormément de dons, certains même de Nîmes, de Loriol-du-Comtat, de Montélimar, explique Hélène Garcia, de la Croix Rouge. Je n’ai jamais vu ça en 23 ans de bénévolat. » Le modeste local de l’association s’est très vite retrouvé trop petit face à l’afflux de vêtements, vaisselle, nourriture « et même des chèques et du liquide », précise la bénévole, qui « sent une vraie mobilisation » et tient à « remercier les gens qui ont donné et la mairie. »

Les bénévoles de la Croix Rouge de Pont, hier matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Les bénévoles de la Croix Rouge de Pont, hier matin (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Entretemps, les bénévoles de la Croix Rouge ont vidé quelque peu leur permanence pour transférer les dons dans un local municipal. Comme Hélène Garcia, Jean-Pierre Freyssenet et Dominique Chauvet, eux aussi bénévoles à la Croix Rouge n’ont pas compté leurs heures depuis jeudi : « on s’est pas arrêtés, on est fatigués, mais c’est pour une bonne cause. »

Pour Hélène Garcia, à la fatigue s’ajoute l’émotion : elle connaissait les trois victimes, surtout Robert, le sexagénaire retiré des décombres samedi. « C’était mon premier client (du vestiaire de la Croix Rouge, ndlr). On se connaissait depuis 9 ans. » Les larmes aux yeux, elle pointe le portant sur lequel est accroché un blouson gris, celui de Robert : « il était venu mardi et devait passer le chercher jeudi. Je n’arrive pas à le donner. » Elle continuera à réceptionner les dons jusqu’à vendredi, avant de se reposer un petit peu.

« C’est tout mon quartier que j’ai perdu »

A quelques dizaines de mètres de là, dans le centre d’hébergement de la caserne Pépin, c’est l’heure du repas de midi. Une petite équipe de bénévoles, dont l’adjointe Catherine Chantry, s’affairent en cuisine. Au menu : macédoine, rôti de dinde, crêpes et haricots blancs. 43 personnes dont une vingtaine d’enfants logent ici depuis l’explosion.

En pleine préparation du repas au centre d'hébergement (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
En pleine préparation du repas au centre d'hébergement (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Parmi elles, Sana. La jeune femme habitait au rez-de-chaussée du bâtiment qui a explosé. Elle n’y était pas lors de la déflagration, mais sa mère et ses frères oui. Par chance, ils n’ont pas été blessés. Sur son smartphone, les photos de son appartement défilent : « on ne peut rien bouger, il y a des étais partout. » Elle y est retournée une fois, « avec les pompiers, vendredi ou samedi, pour aller récupérer des affaires, le strict minimum. »

« C’est dur », soupire-t-elle, même si « la mairie s’occupe bien de nous, on est bien entourés. Habitat du Gard (le bailleur de l’immeuble, ndlr) nous a déjà fait une proposition de relogement, mais ça ne convenait pas. Mais ils font tout, ils se bougent pour trouver des solutions. »

Sur les lieux de l'explosion (Photo : Gendarmerie)
Sur les lieux de l'explosion (Photo : Gendarmerie)

Pour Sana comme pour les autres, le retour à la normale s’annonce long. Quand on lui demande ce qu’elle souhaite, la réponse est immédiate : « revenir dans mon appartement, c’est tout ce que je souhaite. Ce n’est pas que pour mon appartement, c’est tout mon quartier que j’ai perdu, on est tous une famille. »

Et aussi :

L’enquête continue : les experts venus de Marseille hier « ont pu exclure la thèse d’une bombe ou d’un engin explosif », explique le commandant de la compagnie de gendarmerie de Bagnols Philippe Daziano-Leclercq. De quoi continuer à alimenter la thèse d’une explosion due au gaz, privilégiée par les enquêteurs depuis le début. « L’enquête continue mais pas sur place, on a restitué les lieux à Habitat du Gard après avoir pris tous les éléments dont on avait besoin, poursuit le commandant. On continue le recueil des témoignages, et on retrace l’entretien du bâtiment et des chaudières. » Une enquête qui, d’après le commandant, « va durer un petit peu. »

Le 7 juin prochain, l'équipe de la Croix Rouge de Pont participera au vide-grenier de l'amicale des sapeurs pompiers. L'intégralité du produit de leurs ventes sera remise aux sinistrés.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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