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NÎMES École Bruguier : des parents « inquiets » et « impuissants »

Photo : Coralie Mollaret.
Photo : Coralie Mollaret.

Après les tirs sur l’école primaire ce samedi, le quotidien semble avoir repris ses droits dans le quartier du Chemin-Bas à Nîmes. Même si les parents confient leurs inquiétudes et impuissance. 

Il est un peu plus de onze heures, lorsque les mamans convergent vers l’école Georges Bruguier. La plupart sont coiffées d’un foulard coloré : bleu électrique, vert foncé et même rose bonbon… De l’accessoire dépendrait presque le reste de la tenue. Dressées devant l’imposant portail blanc, leurs yeux fixent le mot du directeur. Écrit au feutre noir, celui-ci est épinglé sur le tableau d’information : « l’école sera ouverte ce mardi 2 février. La direction. Merci de votre soutien ». Ce « soutien » a été formulé hier par les parents d’élèves, après la découverte de onze impacts dans les vitres de l’établissement. Excédés par ses « incidents » réguliers, les enseignants ont fait jouer leur droit de retrait. Cela a permis d’alerter les pouvoirs publics et de déclencher l’organisation de deux réunions de crise.

L’éducation, seule arme des parents 

Sa fille dans les bras, Lydia* attend ses deux enfants inscrits en CE2 et CM1. Face à cette situation, son silence résigné en dit long. Semblable à celui de beaucoup de parents, il traduit « notre peur », « notre impuissance », mais aussi « notre ras-le-bol », concède-t-elle. Locataire d’un logement social, elle n’a ni le privilège de pouvoir déménager, ni celui d’obtenir une dérogation pour envoyer ses enfants étudier dans un autre établissement. Alors, Lydia utilise sa seule et unique arme : l’éducation. « Les enfants nous ont posé plein de questions : Qui a fait ça ? et pourquoi ? (…) Je leur ai dit que c’étaient des voyous et que ce n’était pas bien de faire ça ». Chaque jour, elle récupère ses enfants à 11h30 pour manger puis à 16h. « Ils ne sortent pas dehors. les trajets sont simples : école, maison et soutien scolaire au centre André Malraux ». Les week-ends ? « On change d’air, on retourne dans le village où j’ai grandi ».

Hier, les deux réunions de crise ont permis de prendre des « mesures d’urgence », confirme le directeur de cabinet du préfet Carl Accettone : « la présence policière sera renforcée, le matin avec la police municipale et le soir avec la police nationale ». La ville de Nîmes s’est engagée à revoir l’éclairage public et a également installé deux caméras de surveillance : l’une, sur le mur de l’école pour remplacer celle qui avait été détruite début janvier et l’autre, sur la façade d’un immeuble. Leurs champs donnent sur l’avenue de Lattre de Tassigny et notamment, sur les guetteurs postés près de la borne jaune poussin de La poste.

Photo : CM.
Photo : CM.

Situé à l’entrée Est de Nîmes, le Chemin-Bas (7000 habitants) fait l’objet d’une ZSP (Zone de sécurité prioritaire) depuis 2013. Composé à 80 % de logements sociaux, il a fait l’objet du premier plan de rénovation urbaine, dont la plupart des responsables politiques s’accordent à constater la réussite. Une réussite toutefois en demi-teinte. Si les façades ont été changé, le manque de mixité sociale, la concentration de précarité et de chômage sur ce territoire, comme celui du Mas de Mingue, de Valdegour ou de Pissevin sont, eux, toujours bien présents. Les « incidents » de samedi n’en sont que l’amer témoignage.

Coralie Mollaret

* Le nom a été changé.

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

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