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BAGNOLS Le conseil municipal débat (longuement) des orientations budgétaires (et d’autres choses)

Ce matin, lors du conseil municipal de Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Ce matin, lors du conseil municipal de Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Ce matin, lors du conseil municipal de Bagnols (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Passage obligé avant le vote du budget, le débat d’orientations budgétaires s’est tenu ce matin lors de la réunion du conseil municipal de Bagnols.

Il a été long, près de deux heures, et bavard, pollué par des considérations de politique nationale et de multiples digressions.

« Un budget 2016 rigoureux sans beaucoup de marges de manœuvre »

Comme le veut la coutume, c’est au premier adjoint Jean-Yves Chapelet qu’est revenue la tâche de présenter le contexte et les orientations choisies par la majorité. Ainsi, après un rappel du contexte européen et national, l’élu en est venu à l’échelon communal. L’occasion pour lui de présenter la ville comme une bonne élève, avec des charges de fonctionnement en baisse et des taux d’imposition stables « pour ne pas reporter sur les ménages le recul du financement de nos partenaires ainsi que l’inflation cumulée sur cette même période. »

Concernant la dette, entre 2012 et 2014 « elle n’a évolué que de -0,5% à comparer au +0,16% au niveau national, a noté Jean-Yves Chapelet. La volonté pour le budget primitif 2016 est de poursuivre l’action de désendettement entreprise en 2015. » Pour autant, pas de quoi crier victoire, avec une dette « élevée, de 1 694 euros par habitant par rapport à 958 euros par habitant au niveau national », une dette « héritée en grande partie de la période allant de 2005 à 2008 » a rappelé le premier adjoint.

Question perspectives pour 2016, la majorité compte « continuer le plan d’économies », en touchant notamment à la gestion de l’informatique, au parc automobile ou à la politique d’achats internes, ainsi qu’avec une « maîtrise des charges de personnel. » Elle compte également sur une montée en puissance du dispositif de rénovation urbaine ANRU et davantage de mutualisation avec l’agglo du Gard Rhodanien.

Question investissements, Jean-Yves Chapelet a rappelé que « les dépenses ont diminué depuis 2012 et sont en retrait de 10,86 % tandis qu’au niveau national, elles sont en progression de 2,73% » et ce « pour s’adapter à un environnement économique contraint. » Pour autant, un montant d’investissement « aux alentours d’1,5 million d’euros » est prévu pour 2016 avec au programme la réalisation de la troisième tranche du chemin Lagaraud ou la mise aux normes des bâtiments de l’Îlot Saint-Gilles.

Au niveau des recettes, la ville compte emprunter pour un montant « certainement inférieur à un million d’euros ». En résumé, « un budget 2016 rigoureux sans beaucoup de marges de manœuvre (…) dans un contexte instable où aucune dotation et aucune recette n’ont été signifiées à ce jour » a conclu le premier adjoint avant de préciser que ces dotations constituaient « 25 % des recettes de la commune. »

« On peut toujours rêver »

Voilà pour le préambule, place au débat. Premier à s’exprimer, le conseiller d’opposition Christian Roux reviendra sur une dette « qui reste importante » avant d’insister sur « le déséquilibre flagrant entre fonctionnement et investissement, avec 84 % pour le fonctionnement. Dans ce cadre, comment comptez-vous faire pour redonner de l’attractivité à cette commune ? » Le maire Jean-Christian Rey lui répondra que « oui, la dette est importante, même si nous en avons hérité, et nous avons désendetté, certes pas beaucoup, mais nous avons désendetté et les investissements ont continué. » Sur les investissements faibles, « oui c’est exact, mais nous faisons un travail d’investissements en partenariat » affirmera le maire, citant le projet urbain partenarial voté lors du dernier conseil municipal, le développement de la fibre optique par Orange ou encore le projet de l’Ancyse.

Le conseiller apparenté FN Jean-Pierre Navarro fera sa première intervention du conseil pour estimer que « d’année en année, l’horizon s’obscurcit », digressant sur la question des migrants, remettant en cause la reprise de la croissance évoquée par Jean-Yves Chapelet (« on peut toujours rêver ») ou l’ANRU (« il ne faudra pas trop en attendre ») avant de prévenir concernant l’emprunt (« faites-moi confiance, je tiendrai les comptes ! ») et une éventuelle augmentation d’impôt, pas évoquée par la majorité d’ailleurs, (« louchez tant que vous voulez, mais n’y touchez pas, ça brûle. ») Sur les impôts, le maire lui répondra que « sur les villes de 10 à 20 000 habitants, nous sommes les plus bas, et de loin ! A Saint-Gilles, la taxe d’habitation, c’est deux fois plus », et sur les chiffres remis en cause par le conseiller d’opposition, « c’est pas nous qui les éditons. » Imparable.

L'opposition au complet pour le débat d'orientation budgétaire (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
L’opposition au complet pour le débat d’orientation budgétaire (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« C’est un peu facile de balancer des trucs comme ça sans aucun exemple »

Le conseiller Les Républicains Serge Rouquairol prendra ensuite la parole pour faire part de ses inquiétudes : « j’ai beau être un optimiste forcené, je ne vois pas des raisons absolues de l’être. D’ailleurs, les dispositions extrêmement prudentes arrêtées lors du conseil communautaire le confirment. » Et si Serge Rouquairol se dit inquiet, ce n’est pas du fait de la baisse des dotations de l’Etat (« je ne me suis jamais plaint de ce que l’Etat amène à plus de modestie budgétaire »), mais « de la façon dont les dispositions budgétaires vont s’appliquer dans les faits. » Dénonçant pêle-mêle « les incivilités », « le laisser-faire dans les quartiers », « la désinformation qui consiste à annoncer sans cesse des ouvertures de commerces alors que les commerces ferment » ou encore la multiplication « de panneaux à vendre, les bagnolais, pourtant attachés à leur ville, la quittent », l’élu de droite avertira que « nous resterons vigilants sur les choix futurs » avant de quitter la salle, attendu ailleurs. Il n’aura pas entendu la réponse du maire : « c’est un peu facile de balancer des trucs comme ça sans aucun exemple. » Pour les commerces, « c’est tout simplement faux. Et si Bagnols était une ville à vendre, vous pensez que des entreprises privées y investiraient des millions d’euros pour des projets immobiliers ? »

Reprenant le flambeau, Claudine Prat donnera les fameux exemples demandés par le maire, évoquant dans une digression éloignant peu à peu le débat des orientations budgétaires pour les amener vers des rivages incertains, « les malheureux policiers municipaux qui se font caillasser », « la salle des Escanaux monopolisée par des jeunes qui n’acceptent pas les filles » ou encore les sempiternelles « crottes de chien », sorte de Point Godwin des conseils municipaux bagnolais. Le maire répondra que la salle municipale des Escanaux n’était « pas phagocytée par un petit groupe » avant que l’adjoint à la sécurité Michel Cégielski ne rappelle que s’il y a eu « quelques hausses des incivilités, elles ne touchent pratiquement que les vols. Par contre, les vols à main armée et les vols avec violences ont baissé. »

« Ce débat, c’est un moment que vous avez raté. On fera avec »

Il faudra attendre l’intervention de l’élu UDI Claude Roux pour reparler budget. Enfin, après un laïus sur la situation économique mondiale, européenne et nationale… « Les dépenses à caractère général ont baissé depuis 2012, c’est bien » a noté l’élu d’opposition, avant de qualifier de « normale » la baisse des dépenses de personnel, « puisqu’il y a moins de personnel. » CQFD. Sur les investissements, Claude Roux estimera qu’« il ne faudrait pas que leur baisse impacte l’entretien des structures existantes ou empêcher d’en construire de nouvelles » avant de proposer de réaménager les ateliers de l’Euze, mis en vente par la ville, « en une salle supplémentaire pour la commune. »

Une proposition saluée par Jean-Yves Chapelet : « je n’ai entendu qu’une seule proposition durant ce débat, merci Claude. » Le premier adjoint conclura le débat, qui ne se vote pas, par une vive critique envers l’opposition : « je suis un peu déçu, on n’a pas parlé fiscalité, ni répartition des économies, ni autofinancement. Franchement, parler des cacas de chien au moment du débat d’orientations budgétaires… Ce débat, c’est un moment que vous avez raté. On fera avec. »

Prochain rendez-vous le 9 avril pour le vote du budget primitif 2016.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Thierry Allard

34 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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3 commentaires

  1. Chapelet qui joue les maîtres d’école distribuant les bons points et mauvais points, risible ou pathétique c’est selon !!! une majorité fidèle à elle même imbue et arrogante et un conseil digne d’une parodie de la comedia dell’arte. vivement 2020!

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