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FAIT DU JOUR PS : la primaire, un sujet loin d’être secondaire

Les débats sont loin d'être finis mais cette première réunion indique l'intérêt suscité par la primaire du PS au sein du parti (Photo Anthony Maurin : ObjectifGard)
Les débats sont loin d'être finis mais cette première réunion indique l'intérêt suscité par la primaire du PS au sein du parti (Photo Anthony Maurin : ObjectifGard)

Le Président PS François Hollande doit-il se frotter à une primaire pour la Présidentielle de 2017 ? C’est ce qu’ont réclamé plusieurs personnalités de gauche à travers une pétition signée en janvier dans le quotidien Libération. Une proposition à laquelle Solférino n’a (stratégiquement) pas fermé la porte… À l’instar de François Hollande qui assure, lui, que « le moment n’est pas venu » de s’exprimer sur le sujet. Dans le Gard, les socialistes organisaient mardi soir à Aimargues une réunion concernant la possible primaire au sein du Parti Socialiste.

La jeune garde montante était aux commandes de la soirée à côté d’autres militants, plus anciens et expérimentés. Une bonne quarantaine de sympathisants et encartés s’est rassemblée à la Maison des Traditions d’Aimargues pour cette première avec en prime dans l’assemblée, une paire de socialistes des MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), peut-être un signe de renouveau au sein du parti.

"C’est un baromètre"

Les règles du jeu sont établies dès le début et sont claires. "Être bref, ne pas monopoliser la parole, nous discutons entre nous…Demandez la parole, vous l’aurez. Nous souhaitons relouer cette salle alors s’il vous plaît, on ne se bat pas!" lance à la cantonade le modérateur des débats qui s'annonçaient aussi intéressants qu'houleux.

L’idée est venue de la section de Vauvert. Elle voulait créer un petit événement pour que le PS apparaisse dans le paysage local et qu’il discute un peu de ses inquiétudes. Essayer de dégager de cet échange le sentiment des militants présents est le but avoué de la démarche mais faire remonter aux instances dirigeantes ce sentiment est d'autant plus important pour qu’elles sachent ce que les militants pensent sur le terrain. "Nous invitons toutes les composantes qui sont intéressées par notre primaire. Le PRG n’a pas répondu, comme l’ensemble des autres composantes de gauche ou du centre d’ailleurs" évoquent les organisateurs.

Autour du modérateur, deux jeunes débattent. Romaric et Anthony. Après les idées lancées, le public devait les rattraper au vol et les renvoyer avec ce petit plus qui impose la réflexion.

"Je suis opposé à la Primaire ouverte à tous les partis de gauche car nous n'avons pas la garantie que tous les partis suivront le candidat désigné ou que le Parti suivra un candidat comme Cécile Duflot qui n’est pas PS. Je suis aussi contre une primaire si François Hollande se présente, dans la 5ème République, le Président sortant est au-dessus des partis et je vois mal le Président concilier sa candidature avec son poste actuel. Je ne suis pas contre une primaire au PS ouverte au PRG pour les autres, les communistes ou les verts suivront-ils notre candidat?" expose Romaric avant d'entendre dans l'assemblée une volée de "mais bien sûr que non!".

Quelques anecdotes sur l'histoire française mais aussi des exemples des primaires états-uniennes relancent le débat qu'Anthony prend au vol. "Que disent nos statuts? Article 5.3.1, le Président doit être désigné par une Primaire et ce depuis 2012. C’est un baromètre, on prend la température des idées qu’on avance, c’est une phase qualificative à l’élection présidentielle et après 5 élections consécutives, on en a besoin. Le candidat qui doit nous représenter doit se confronter à des rivaux, défendre son point de vue et argumenter ses choix. C’est aussi le moyen de sortir d’une double crise, celle des idées et celle du leadership de la gauche française avec notamment la question des alliances. Enfin, c’est un moteur de rassemblement, c’est que nous apprennent les primaires états-uniennes. Il nous faut faire adhérer aux idées du PS bien au-delà de notre parti".

"Ne jetons pas Hollande en pâture"

Si cette première réunion s'est déroulée dans une sérénité rare dans un parti politique, la question est loin d'être tranchée. Pour Katy Guyot par exemple, le choix n'est pas définitif... "Je n’ai pas encore pris une décision mais je vois que le sujet intéresse. Qui veut se rassembler avec nous? Personne, nous sommes isolés et le fait d’être socialiste aujourd’hui est irréconciliable pour les autres partis de la gauche".

Pour d'autres militants, un sentiment semble se détacher. "Les conditions pour que le Président sortant soit candidat ne sont pas réunies. Il devait inverser la courbe du chômage, je pense que c’est un échec pour lui et s’il est logique avec lui-même il ne sera pas candidat. Ensuite, cette primaire a l’avantage d’unir la gauche. La dernière fois, nous étions beaucoup plus nombreux et mieux organisés…Il ne faut pas le faire plus tard!".

A l'image des USA où sans les primaires les Barack Obama et autre Bill Clinton n'auraient pas été connus, une partie du parti veut faire émerger des jeunes inédits en se disant que si le PS perd des militants, les autres partis de la gauche sont dans ce même cas de figure. Le changement vers une 6ème République a été abordé, tout comme les conclusions du rapport Bartolone-Winock qui suggèrent de revenir au septennat (pour un unique mandat).

Pour Pierre "Je suis contre cette primaire, ne jetons pas Hollande en pâture. Il ne faut pas personnaliser le problème, c’est notre faute à tous ! Les primaires acteraient l’échec de Hollande mais aussi l’échec de la gauche. Les primaires ont le gout du sang et, même si je ne suis pas un adorateur de Hollande, au bout de 4 ans, imposer au président sortant une primaire, c’est montrer la faille".

Dans ce contexte, nous avons demandé leur avis aux militants PS du Gard :

Tom Roussel (Nîmes) : « Une primaire est indispensable pour que le PS ne s'effondre pas en 2017 ». « Je pense qu'à l'heure actuelle, il n'est plus possible d'imposer un candidat sans une légitimité imposée par les militants. Et cela même, pour les présidents sortants. À gauche, il y a une véritable crise d'identité. Une primaire est indispensable pour que le PS ne s'effondre pas en 2017, et pour que celui-ci reparte sur de bonnes bases. Dans le cas contraire, la gauche va se fragmenter et se morceler dans diverses partis».

Felix Meysen, (Nîmes) : « Un grand bol d'air démocratique est toujours souhaitable ! ». « En tant que militant je suis très attaché aux statuts du Parti socialiste qui précisent que le candidat à la Présidentielle est désigné par une primaire citoyenne ouverte. Son organisation en 2012 nous avait permis de débattre librement et de faire émerger un consensus autour du candidat Hollande et de son projet. Un grand bol d'air démocratique est toujours souhaitable ! Je suis personnellement favorable à la primaire qui pourrait relégitimer le Président de la République et qui lui permettrait d'expliquer son bilan et ses choix. Mais la question centrale reste celle de son périmètre. Certaines différences programmatiques me semblent irréconciliables et la candidature unilatérale et caporaliste de Mélenchon empêche la tenue d'une consultation de toute la Gauche. »

Jérome Puech (Nîmes) : « Sans cela, la gauche laisserait à la droite l'initiative de ce débat ». «  Je suis favorable à l'organisation de primaires à gauche pour désigner le candidat de gauche en 2017. Le risque de voir Marine le Pen atteindre le second tour de l'élection est si grand que la gauche ne peut pas être divisée au premier tour. Ensuite, c'est le Parti Socialiste qui a innové en organisant les premières primaires de la gauche en 2011 (…) Sans cela, la gauche laisserait à la droite l'initiative de ce débat en monopolisant le débat médiatique. Il n'est pas question d'organiser des primaires en se laissant imposer la volonté, par exemple de la gauche de la gauche, de ne pas avoir François Hollande candidat à la primaire (...) C'est l'occasion d'avoir un projet de vrai changement de société ! Le PS devra alors faire le bilan de son action et sans doute son mea culpa pour dépasser les erreurs du mandat Hollande ».

Rémy Salgues (Bagnols) : « Des primaires de l'ensemble de la gauche pour redonner un élan ». « J'étais déjà favorable aux primaires en 2011. Aujourd'hui, quelque soit le candidat, je suis assez favorable à des primaires ouvertes à l'ensemble de la gauche, pour redonner un élan et dire que cette fois, la gauche c'est cette personne. Après, en tant que responsable PS (secrétaire de la section PS de Bagnols-centre, ndlr) je suis encore un peu en attente d'y voir un peu plus clair au niveau du national. Et il y a une deuxième chose : la primaire à droite, dont le résultat influera à gauche. »

Nabil Kadri (Bagnols) : « le PS ne peut pas s'asseoir sur le principe des primaires ». « Si François Hollande est candidat en 2017 (car sa candidature est conditionnée par l'inversion de la courbe du chômage), le PS ne peut pas s'asseoir sur le principe des primaires qu'il a lui même inscrit dans ses statuts. De surcroît il faut le rassemblement de toute la gauche pour une candidature unique au premier tour si on veut espérer gagner. Pour les législatives et encore plus au niveau Gardois je suis pour des primaires ».

Anthony Maurin, Coralie Mollaret et Thierry Allard

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Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis plus de dix ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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