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FAIT DU JOUR Christophe Cavard : “Je suis critique, mais je ne vais jamais à la rupture”

Christophe Cavard, député Écologiste !

Revigoré par son séjour au Brésil à l'occasion des Jeux Olympiques, le député Écologistes! reprend son travail à l'Assemblée. La dernière ligne droite avant la campagne pour les Législatives 2017.

Objectifgard : C'est la rentrée. Quel est votre programme pour cette dernière année parlementaire ?

Christophe Cavard : Je vais poursuivre mon travail autour de la lutte contre la radicalisation. Le 25 août, une réunion interministérielle à Matignon nous a permis de jeter les bases de la mise en place des dispositifs concernant la prévention de la radicalisation. Tenez, un exemple : chaque département est voué à avoir une structure référente pour prendre en charge des jeunes endoctrinés. Dans le Gard, la Maison des ados a remporté l'appel à projet lancé par la préfecture.

Cette association est-elle compétente pour gérer ce type de problématique ?

Ce sont des gens volontaires avec une expérience certaine. Actuellement, la Prévention spécialisée travaille sur des contenues de formation. On débute, mais la structuration devrait se faire rapidement.

La campagne des Législatives n'est donc pas dans votre viseur ?

Pour l’instant, non. Je souhaite aller jusqu'au bout de mon mandat. Une campagne électorale n'a de sens que lorsque les citoyens sont prêts à en discuter. Or, je ne pense pas qu'en septembre ça soit le sujet principal… On y verra plus clair après les fêtes de Noël : la primaire de la droite sera passée, celle de la Belle Alliance Populaire (Parti Socialiste, NDLR) débutera. D'ailleurs pour ce scrutin interne, je soutiens le candidat écolo, François de Rugy.

Pourquoi ne pas participer à la Primaire EELV ?

Une Présidentielle ne peut pas se passer dans le débat écolo. Dans le contexte politique actuel avec la montée du FN, l'émiettement des candidatures à gauche est une catastrophe annoncée. On l'a vu en 2002 avec la candidature de Christiane Taubira et l'élimination au premier tour de Lionel Jospin !

Vous n’êtes pas en campagne, mais vous discutez avec le PS pour décrocher son soutien en 2017, n'est-ce pas ?

Ce n'est pas un secret. Je parle avec le Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis et le Premier fédéral du Gard Jean Denat. Les investitures nationales seront validées en décembre. J'aimerais savoir si la Belle Alliance Populaire existe aussi dans le Gard... (Il sourit). 

Votre candidature fait tousser certains socialistes qui aimeraient se présenter sur la 6ème circonscription... 

En 2012, j'ai vécu la même chose et j'ai gagné face à 13 candidats dont 5 de gauche... Je ne suis pas inquiet. Seulement, soyons sur des logiques de projets et non d'ambitions personnelles. Que considèrent-ils ? Ont-ils un projet tellement différent du mien que leur candidature est justifiée. Ou alors, ils sont animés par une promotion personnelle ... Ce qui, en politique, est toujours discutable.

Justement, beaucoup vous reprochent vos changements de parti politique qui serait le moteur d'une ambition personnelle…

Oh, je sais ! Je compte écrire un livre dans lequel j'aborderai cette question. Je défie quiconque de me démontrer que j'ai dévié de mes convictions. Seulement aujourd'hui, j'estime qu'il faut passer par une logique réformiste et non révolutionnaire (Christophe Cavard est un ancien adhérent du PCF, NDLR) pour changer de société. Je combats le système libéral : la loi en faveur de l'économie sociale et solidaire et mon opposition à la loi Macron en témoignent. Il y a également la Loi de finances 2015 que je n'ai pas votée...

…C’est plus aisé de le faire en 2014 qu'en 2016, à quelques mois des Législatives et des sacro-saintes investitures, non ?

En 2014, je considère qu'on est à mi-mandat et que je peux me permettre de poser une alerte. Je suis critique, mais je ne vais jamais à la rupture. Faire cela l'année de la Présidentielle et des Législatives irait à l'encontre des intérêts de la gauche. N’oublions pas que la droite reste notre véritable adversaire…

Du coup, que pensez-vous de la démission de Patrice Prat du PS ?

Je pense que c'est une erreur. Ce n'était pas le moment. Alimenter les arguments contre son camp n'a jamais fait gagner. Je n'ai pas de leçon à donner au PS, mais je pense que malgré la rupture, il vaut mieux ne pas présenter de candidat contre lui. Dans le contexte actuel, ça n'aurait aucun intérêt. Et puis malgré sa démission, Patrice n'est pas devenu un mec de droite !

Un livre bilan en préparation 

Vous dites vouloir écrire un livre : que voulez-vous dire à vos concitoyens ?

Je souhaite faire un bilan écrit de ces quatre années passées à l’Assemblée avec un regard local sur le département. J'ai eu la chance de travailler sur des gros dossiers comme le terrorisme ou la loi Hamon, sur l’économie sociale et solidaire dont j'étais le rapporteur. D'ailleurs, ce texte a permis des avancées... 

...Par exemple ?

La fin de la mise en concurrence du secteur associatif pour les marchés publics et le développement des sociétés coopératives d'intérêt collectif. Désormais, les collectivités peuvent prendre 50 % de parts contre 20 % avant la loi. Par ailleurs, que tu es 10 000 € ou 100 € de parts, dans la gestion de la SCIC, un homme = une voix. C'est une alternative concrète au libéralisme. Ce sont des exemples dont je parlerai dans mon livre. 

Pourquoi courir un deuxième mandat ? 

J'espère aller plus loin dans certains dossiers. Si je suis réélu dans la Majorité, j'aurai déjà l'expérience. On fera le bilan, mais nous n'avons pas été bien servis sur les enjeux écologiques, notamment les questions liées à l’énergie. Aujourd'hui, la société est prête, il faut accélérer. L'économie sociale ne doit plus être une niche, mais un vrai projet politique. Les textes doivent contraindre les collectivités à travailler avec les entreprises dans ces domaines. Un exemple : les crédits de la Région devraient être orientés sur ce type d'économie et non l'économie traditionnelle... 

Ce mandat serait-il votre dernier ? 

Oui. Je défends la question du non-cumul dans le temps : deux mandats au niveau national et trois au niveau local. C’est ce que j’ai fait au Département, en démissionnant après mon élection en 2012. Je tiens mes engagements. 

Lire aussi : GARD Djihadisme : 4 clefs pour comprendre l’action du député Cavard

Propos recueillis par Coralie Mollaret

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

10 réactions sur “FAIT DU JOUR Christophe Cavard : “Je suis critique, mais je ne vais jamais à la rupture””

    1. J’ai bien peur que l’an prochain les électeurs de la 6e soient très critiques et qu’ils aillent jusqu’à la rupture du mandat de Cavard.
      Cricri pourra retourner bosser un peu, feignasse!
      Sus à l’anguille!

  1. La question est de savoir quelle est l’efficacité de Christophe Cavard à l’assemblée nationale pour défendre l’intérêt de la France et des Français. Résolument ancré dans le camp du systéme au pouvoir, qu’il soutient, C.Cavard est en échec sur sa « délégation » majeure -> la lutte contre la radicalisation.
    Au moment où nous savons que des centaines de « francais » vont revenir des zones de conflits nous n’avons pas besoin d’un gestionnaire mais d’un politique qui affirme son combat contre l’islam radical à l’assemblée.
    Emploi, identité, sécurité seront les « dossiers » à traiter en urgence. C’est autour d’un projet global que porte Marine que la France sortira de l’ornière creusée par la gauche et la droite depuis des décennies.

  2. « Ou alors, ils sont animés par une promotion personnelle … Ce qui, en politique, est toujours discutable ».
    C’est tout Cavard il se décrit en parlant des autres. Je crois qu’il vaut mieux dire à son propos « député opportuniste qu’écologiste » , l’opportunisme est sa marque de fabrique.

  3. Il devrait réviser ses cours d’économie. Le libéralisme n’est déjà plus. Les patrons sont à la manœuvre et l’état leur permet de garantir les bénéfices avec les lois Rebsamen, le CICE…
    Ca va être difficile aux autres partis de faire mieux dans le pire : états d’urgence, racisme d’état, guerre au moyen orient, politique patronale… L’UMP et le FN devront aller plus loin dans la démagogie
    pour gagner. Il leur reste le mirage de la France éternelle et de l’identité, la course à la militarisation de société pour mieux diviser…

  4. Jamis à la rupture? Mémoire courte ou malhonnêteté intellectuelle. Parce que c’est sûr, il ne va jamais à la rupture avec ceux qui tiennent la louche, mais il est bien parti de son parti parce qu’il n’avait pas la place éligible qu’il demandait. En trahissant le mandat des électeurs qui ont voté POUR ce parti et surement pas pour l’inconnu qu’il était du grand public. Qu’il ne s’inquiéte pas, ce sont les électeurs qui vont pratiquer la rupture avec lui,ce grand courageux politique dont la conviction correspond à l’égibilité de sa position.

  5. Attendons le retour d’un président de la République UDR-UMP-LES RÉPUBLICAINS (je cite tout ça pour que les électeurs s’y retrouvent, de même je rappelle que  »Marine » nommée plus haut, est la fille de Monsieur Jean Marie Le Pen, députée européenne anti européenne, concubine de Monsieur Alliot, tante de Marion Maréchal-Le Pen, députée de Vaucluse, l’ensemble étant totalement dépourvu de programme électoral crédible et d’expérience exécutive : comme Monsieur Cavard, tout ce beau monde va à la soupe ou bien je n’y comprends plus rien !)
    La France aura besoin d’autres personnes pour se redresser !

    1. Certains sont députés mais contre la proportionnelle, contrairement au FrontNational…
      Comme quoi, la démocratie chez nos auto-proclamés républicains…n’est il pas ?
      Sans oublier les agences d’état -> conseil d’état, conseil constitutionnel…pour bien cadenasser le système.
      Avec Marine et son mouvement, les Français seront les décideurs, c’est bien pour cela que le système s’emballe et perd pied devant l’engouement des citoyens pour cette vraie démarche.
      La démocratie ?
      -essayons là !

  6. Au vu du déroulement des congrès du FN, on voit bien que le FN et la démocratie sont deux choses antynomique… pour le peu qu’on puisse voir dans la presse citique, on voit souvent les journalistes qui ne leur servent pas la soupe se faire chasser…
    Votre démocratique sera celle que les patrons vous dicteront.

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