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AU PALAIS La vie mouvementée de « Jeannot de Marguerittes »

Palais de justice de Nîmes. DR
Palais de justice de Nîmes. DR

A Marguerittes, Francis est tellement connu qu’on lui a donné un surnom : Jeannot. Un sobriquet parfois suivi d’un qualificatif pas forcément flatteur comme « Jeannot le voleur » ou « Jeannot l’alcoolique ». Devant la justice - où il est tout aussi connu avec ses 25 condamnations - la présidente Christine Ruellan s’en tient à Francis. L’audience commence à peine que le quadragénaire baragouine quelque chose dans le micro :

- Faites un effort pour articuler, demande la juge.

- Oui mais j’ai plus de dents, répond le Jeannot en montrant ses gencives.

La juge fera avec et présente le personnage qui ne sait ni lire, ni écrire, qui a arrêté sa scolarité en CP et qui est décrit par les experts comme quelqu’un de « déficient », d’« immature », à la limite de la « psychopathie ».

- On ne sait plus quoi faire de vous, commente la présidente.

- Y a de quoi ! Je suis au courant, répond-il. Mais moi ce que je demande, c’est un transfert à la légion ou à l’armée. Ça devrait être possible pour quelqu’un de vaillant et de jeune comme moi.

- Ce n’est pas gagné d’avance, refroidit la juge qui en vient aux faits.

Le 10 novembre dernier, Jeannot, qui a pourtant l’interdiction de se rendre à Marguerittes et qui n'a pas un cheveu sur la tête, entre dans un salon de coiffure de la commune. Il s'y sent tellement bien qu’il fait comme chez lui et s’empare de la quinzaine d’euros qui traînent dans l’assiette à pourboires de la coiffeuse.

- Les coiffeurs sont braves, ils me connaissent bien. Mais je sais que ce n’est pas bien, pas aimable. Je ne fais pas attention.

Quatre jours après, Jeannot la terreur est de retour à Marguerittes. Cette fois, il entre au domicile d’Henri, une vague connaissance, et le menace de mort :

- J’avais rien fait de la journée donc je m’étais soûlé la gueule, reconnaît le Jeannot.

En sortant de chez Henri, ce lundi 14 novembre, Jeannot tente d’ouvrir plusieurs véhicules stationnés à proximité. Un voisin le signalera aux gendarmes qui l’interpelleront.

- Monsieur, vous êtes perdu, lance le procureur. Vous ne changerez pas, vous serez toujours un délinquant.

Dans son box, Jeannot acquiesce avec de grands signes de tête. Il ne dira pas grand-chose de plus quand il apprendra le contenu de sa 26ème condamnation : deux mois de prison avec maintien en détention pour les premiers faits et quatre mois avec mandat de dépôt pour les seconds.

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

3 réactions sur “AU PALAIS La vie mouvementée de « Jeannot de Marguerittes »”

  1. Perso, quand je sort du boulot et que je le croise dans la rue, je flippe, alors qu’il soit le plus loin possible, en prison ou ailleurs c’est pareil pour lui, après plus de 10 ans ce gars est toujours pareil. faut prendre des mesures plus radicales et adaptés je pense, on voit bien la prison fait rien.

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