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FAIT DU JOUR Vin : le discret cru de Lirac fête ses 70 ans

Les Jaugeurs de Lirac intronisant dans la confrérie le président d'Inter Rhône Michel Chapoutier, le 28 janvier dernier (Photo : DR)
Les Jaugeurs de Lirac intronisant dans la confrérie le président d'Inter Rhône Michel Chapoutier, le 28 janvier dernier (Photo : DR)

Des seize crus de l’appellation des Côtes du Rhône, ce n’est pas le plus connu, presqu’un secret bien gardé.

Pourtant c’est un des plus anciens de la vallée du Rhône, avec 70 ans d’existence.

Petite superficie, et petit rendement

C’est ici, juste à côté du second cru de l’appellation Côtes du Rhône du département, Tavel, et en face de Châteauneuf-du-Pape, que se trouve Lirac, 900 habitants. Elle doit son passage en cru au Comte Henri de Régis de Gatimel : en 1904, il hérite du château de Ségriès, à Lirac. Place forte de la viticulture locale à l’époque romaine, le domaine ne produit plus alors qu’un peu de vin, et vit principalement des céréales et du vers à soie. En 1925, le comte se met en tête de replanter le vignoble tel qu’il existait à l’époque des Romains, puis dans les années 1930 il ambitionne de faire classer le terroir de Lirac en AOC. Son combat portera ses fruits, puisque le 14 octobre 1947 l’AOC Lirac est définie par décret.

Etendue sur quatre communes, Lirac, Saint-Laurent-des-Arbres, Roquemaure et Saint-Géniès-de-Comolas, elle reste une petite appellation, avec seulement 750 hectares, que se partagent une centaine de producteurs, en comptant les coopérateurs. A titre de comparaison, Châteauneuf-du-Pape compte plus de 3 000 hectares… Petite superficie, et petit rendement : « on est à 33 hectolitres par hectare en moyenne, sachant qu’on peut aller jusqu’à 41 hectolitres par hectare », explique la chargée de communication du cru Lirac Anaïs Rebouleau. De quoi produire 24 000 hectolitres par an en moyenne. Une production en trois couleurs, une première pour un cru de la vallée du Rhône, mais qui produit, comme toute la Côte du Rhône gardoise, majoritairement en rouge : « c’est 85 % de la production, précise Anaïs Rebouleau. Nous faisons environ 10 % en blanc, avec une production en hausse car nos blancs ont une jolie fraîcheur appréciée, et le reste en rosé. Le rosé, on le laisse aux Tavellois ! » A raison, Tavel étant la première appellation de rosé en France.

L'écusson des 70 ans du cru Lirac (DR)
L'écusson des 70 ans du cru Lirac (DR)

Un succès à l’export

Mais revenons à Lirac et à sa spécificité, le cru venant la reconnaître. Une spécificité de son terroir d’abord : « des terrasses d’alluvions du Rhône, le même type de sol qu’à Châteauneuf-du-Pape, avec du sable et des galets roulés », explique le maître de chais de la Cave des vins de cru de Lirac Alain de Vaugelade. Plus généralement, l’appellation bénéficie du climat venteux et sec durant l’été de la vallée du Rhône, qui donne son caractère au raisin, mais Lirac compte un petit plus, « un microclimat plus sec en été », affirme le maître de chais.

A partir des cépages les plus adaptés au terroir, grenache, syrah, mourvèdre et carignan pour les rouges, grenache, bourboulenc et clairette pour les blancs, les vins de Lirac sont « assez généreux », dixit Alain de Vaugelade. Une générosité que le cru doit faire perdurer via « un cahier des charges plus restrictif sur la façon de conduire la vigne, sur les volumes ou les normales analytiques », précise le maître de chais, dont la cave est contrôlée « cinq à six fois par an, sans compter les contrôles aléatoires en rayon. » De quoi garantir une qualité optimale conforme au statut de cru.

Un cru qui reste relativement méconnu, en tout cas en France, puisque « nous sommes le cru de la vallée du Rhône qui exporte le plus, avec plus de 50 % de la production », explique Anaïs Rebouleau. Ainsi, l’Europe du nord, et notamment les pays du Bénélux, mais aussi les Etats-Unis sont parmi les amateurs étrangers du Lirac. Reste que la discrétion du cru Lirac en fait un vin au prix compétitif, d’excellentes bouteilles s’échangeant pour moins de dix euros. Un atout de plus dans la manche de ce cru septuagénaire qui ne fait pas son âge.

Et aussi :

L’appellation a démarré les festivités des 70 ans le 28 janvier, lors d’un soirée qui a rassemblé plus d’une vingtaine d’entreprises locales et 150 importateurs. Prochaine étape le 10 avril prochain au cloître Saint-Louis d’Avignon pour un événement plus intimiste à visée d’un public principalement professionnel. Pour l’événement grand public de ce premier semestre, il faudra attendre le 20 mai, avec la célébration des 20 ans de la confrérie bachique des Jaugeurs de Lirac. La traditionnelle balade des Jaugeurs sera suivie d’un repas de gala.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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