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ASSISES Meurtre de la joggeuse de Courbessac : 30 ans de prison pour Robert Plant

La présidente du tribunal Geneviève Perrin entourée de l'avocat général Stéphane Bertrand et des avocats des parties civiles, Maître Lobier-Tupin et de la défense, Maître Boursican. Photo Tony Duret / Objectif Gard
La présidente du tribunal Geneviève Perrin entourée de l'avocat général Stéphane Bertrand et des avocats des parties civiles, Maître Lobier-Tupin et de la défense, Maître Boursican. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Après un peu plus de trois heures de délibéré, la cour d’assises du Gard a condamné Robert Plant à 30 ans de prison avec une peine de sûreté de 20 ans. L’homme était accusé du meurtre d’une joggeuse, dans le quartier de Courbessac à Nîmes, le 24 janvier 2013.

Le verdict approche, la tension monte, mais Robert Plant, lui, ne change pas. Lointain, le visage toujours aussi pâle, l’accusé ne manifeste aucune émotion en ce deuxième jour d’audience. Même debout, même quand il prend la parole ce vendredi matin, il est égal à lui-même, parlant sur un ton monotone, d’une voix quasi-incompréhensible. Et quand on entend ses mots, c’est le sens que l’on ne comprend plus. Sa version des faits est totalement illogique, irrationnelle et ne permet à personne de comprendre le drame qui s’est noué le 24 janvier 2013.

La présidente : « Un peu de décence »

Depuis son box, légèrement tourné vers la présidente Geneviève Perrin, les poings fermés, Robert Plant évoque les images qui lui reviennent :

-      Je reconnais l’avoir croisée. J’ai pris un coup derrière la tête. Je suis tombé. Elle a ri et je l’ai poussée dans les ronces. Je lui ai dit : « ça vous amuse de faire ça aux gens ?»

Puis, alors qu'il est interrogé sur les faits, il passe du coq à l'âne et se met à parler de sa chienne qui se serait échappée le jour des faits. Il l’aurait cherchée aux alentours du cimetière. Surréaliste... La présidente le coupe :

-      Monsieur, je voudrais vous ramener devant la cour d’assises du Gard où vous êtes jugé pour meurtre. Je voudrais vous ramener devant la gravité des faits. Nous avons des parties civiles qui se demandent depuis quatre ans comment leur sœur, leur femme est morte. Un peu de décence.

Robert Plant, comme toujours, ne réagit pas outre mesure. Il poursuit de manière confuse et nonchalante :

-      Je me suis relevé. J’ai réalisé qu’elle avait des cutters à la main. J’ai secoué son bras pour qu’elle le lâche. Je lui ai fait une entaille sur son visage puis j’ai pris ses deux pieds dans la cage thoracique.

Ensuite, à le croire, il serait rentré à son domicile et un autre que lui, une troisième personne, aurait tué la pauvre joggeuse. Interrogé par Maître Béatrice Lobier-Tupin, l’avocate des seize parties civiles, sur ce qu’il pense de cette troisième personne, il répond comme s’il parlait d’un autre :

-      Elle mérite la peine de mort.

Maître Boursican et sa collaboratrice Maître Masetty. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Maître Boursican et sa collaboratrice Maître Masetty. Photo Tony Duret / Objectif Gard

L’avocat général : « de la graine de tueur en série… »

Cette peine, abolie en 1981, n’est pas à l’ordre du jour pour l’avocat général Stéphane Bertrand. Méthodiquement, dans son réquisitoire de près d’une heure, il développe une théorie selon laquelle Robert Plant aurait « prémédité son agression sexuelle » et qu’il n’aurait jamais eu son discernement altéré, ce qui vient contredire les rapports des experts.

-      Il est vu quelques secondes après son crime en train de courir avec les mains dans les poches. Il pense à cacher ses mains. Il est en plein dans la réalité. Il pense déjà à l’après. Il pense à se défendre. Et pour penser à se défendre, il faut savoir ce qu’on a fait, assure-t-il.

Après sa démonstration, Stéphane Bertrand demande à l’encontre de l’accusé, qui est « de la graine de violeur et de tueur en série », la peine criminelle à perpétuité. Sur le banc d’en face, l’avocat de l’accusé, Maître Jérôme Boursican est scandalisé par la vision des faits de l’avocat général. Pour l’avocat parisien, son client est tout simplement « malade », "schizophrène". Au moment des faits, « il n’était plus maître de rien » :

-      On vous demande une peine œil pour œil, dent pour dent ! (…) Mais on ne se débarrasse pas d’un être humain en l’envoyant en prison à vie. (…) Si vous allez au-delà d’une peine de dix ans de prison, vous rentrez dans la zone des meurtres en pleine conscience.

La cour d'assises semble avoir davantage retenu la thèse de l'avocat général en condamnant Robert Plant à 30 ans de prison et une peine de sûreté de 20 ans.

Rappel des faits à relire ici.

Première journée d'audience à relire ici. 

Tony Duret

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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