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CHANSON DE L’ANNÉE « Ave Nikos, ceux que tu vas distraire te saluent « 

Nikos Aliagas aux arènes
Répétition de l'entrée de Nikos sur la musique de "César", ambiance Peplum au second degré (Photo : Véronique Palomar=

Depuis l'ouverture ce matin, ce sont d'interminables files d'attente à la billetterie des arènes. Pas seulement parce que c'est gratuit mais surtout parce que le plateau est plus qu'alléchant. C'est le cadeau de TF1 à ses téléspectateurs et aux Nîmois qui seront dans les arènes, pour la fête de la musique : un grand direct en forme de concert géant et de concours qui couronnera la "Chanson de l'année" . L'occasion d'une rencontre avec le Monsieur Loyal de la soirée : Nikos Aliagas.

Un direct de cette ampleur, ça ne s'improvise pas. Dès qu'il met un pied dans les arènes, Nikos Aliagas est sollicité par tous : répétition de l'entrée, essais micro, passage en revue des danseuses… Nikos s'acquitte de son repérage sous les objectifs de la presse, et des autres… À  l'écoute, consciencieux, plein d'humour… La pression est là mais elle n'est pas palpable. Il a calé un rendez-vous avec nous. Il y est disponible et souriant.

Objectif Gard. Vous êtes tellement éclectique, journaliste, chroniqueur, animateur, présentateur, photographe, Grec… Que l'on ne sait pas de quoi vous parler ?

Nikos Aliagas. Moi non plus (rires). C'est vrai, je n'arrête jamais. Je fais des choses très différentes. L'important c'est de vivre !  Et de réfuter toute peur. C'est ce qu'on m'a appris et ce que je crois. Il faut essayer. Essayer c'est gagner. Bien sûr on peut se planter. Mais le véritable échec, c'est de ne pas essayer. J'entreprends tout ce que je fais avec humilité. Ce qui m’excite le plus c'est d'y aller comme un débutant. On ne peux pas arriver avec des codes tout faits. Ou plutôt si, on doit maîtriser les codes pour s'en libérer.

Aujourd'hui, c'est un gros direct, une machine énorme dans un lieu qui n'est pas neutre. Comment ça va ? 

Ça va bien. Mais c'est vrai que rien n'est anodin. Les arènes sont puissantes. C'est un lieu chargé d'Histoire. La grande Histoire et aussi des milliers d'autres. Ici des gens sont morts, ont souffert, d'autres se sont rencontrés, se sont aimés… Deux mille ans d'histoires de gens, ce n'est pas rien. À chaque fois que je viens, (c'est la troisième année), j'y pense. Je ne suis qu'une poussière à l'échelle de cet endroit. Il faut rester humble et respecter ce lieu pour qu'il te respecte.

Quelqu'un qui peut être chroniqueur littéraire ou photographe et présenter un émission de "grosse cavalerie" comme La Chanson de l'année, ou un magazine people comme "50 minutes inside", c'est faire un grand écart, prêter le flanc à la critique, comment vous le vivez ?

Parfaitement bien. J'ai besoin d'être multiple pour me sentir vivant. J'ai toujours fait beaucoup de choses. Des études, mais pas seulement. Je peux être le type du comptoir ou celui du salon… J'aime aller d'un univers à l'autre, discuter avec le paysan de mon village et me replonger dans la vie parisienne le jour d'après. L'important c'est de ne pas se forcer, de trouver le ton juste. Et puis distraire des milliers de gens, ce n'est ni anodin ni méprisable. C'est apporter de la joie.

Vous vivez avec un appareil photo autour du cou … 

C'est vrai, j'ai toujours mon appareil avec moi… Même ici, je demande aux artistes de poser pour moi dans ce décor, c'est génial. Ils sont sympas, ils prennent le temps. Je fais beaucoup d'expos. Des grands formats. Il y a des gens qui aiment sans savoir que c'est de moi… Après, ils sont tout étonnés. J'ai pleins d'expos prévues cette année. C'est une passion encore…

Nikos Aliagas aux arènes
Pendant les répétitions, comme presque en toutes occasions, Nikos, ne se sépare jamais de son appareil photo (Photo : Véronique Palomar)

Vous avez un succès populaire énorme, ça se vit comment ?

Le succès ça passe toujours, c'est pour ça qu'il faut faire des choses différentes. Faire attention aussi de ne pas devenir une caricature de soi-même. Ce que je fais là c'est mon travail. On parle de vie professionnelle. Il faut savoir garder de la distance. Ça évite de de plonger après… Parce qu'il y a toujours un après… Le succès ça permet de pousser des portes et c'est bien. On peut essayer d'autres choses, vivre d'autre aventures. Mais attention, il faut le faire si on a quelque chose à dire. Sinon ça ne sert à rien.

Cette "boulimie de vie ", elle vient d'où ?

(Rires). Je suis un fils d'immigré, j'ai vécu dans un 22 m2, jusqu'à l'âge de 18 ans. Il y avait juste la place pour mettre la machine  à coudre de mon père. J'étais heureux d'être là, de pouvoir faire des études comme un Français de souche, d'avoir accès à tout… Je suis reconnaissant. Aujourd'hui , je vais souvent dans mon village où je suis accueilli comme un Grec, alors que je n'y suis même pas né. La famille, les traditions, c'est un autre rythme. Une autre vie encore… Et puis dès qu'on naît, on est programmé pour mourir, alors il faut vivre…

Dans la vie, vous ne devez pas être très facile à suivre … 

Je suis chiant. Je dors très peu. Je me lève à 6h, j'emmène le grand à l'école (7ans) et je me couche tard. Aujourd'hui, je commence à me calmer un peu. Je me suis marié à 40 ans, j'ai eu mes deux enfants très tard. C'est vrai qu'en mode famille, on bouge tout le temps, on fait des randos…  Mais attention en mode sympa ! Je demande d'abord :  "Qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ? (grand sourire). C'est vrai on a tous un côté sympa et un côté bad boy, non ?

 

Propos recueillis par Véronique Palomar

 

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Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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