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LE 7H50 de Dominique Seau, PDG d’Éminence : « une vision de ce qui se passe sur tous les continents… »

Ce lundi 22 janvier, c'est le dernier jour du Salon international de la lingerie à Paris. L'occasion d'interviewer Dominique Seau, sur les ambitions d’Éminence, qui reste un des fleurons économiques gardois avec 900 employés dont 500 en France.

 

Dominique Seau, le président du groupe Eminence dont le siège social est basé à Aimargues. Photo DR/

Quelle importance revêt ce Salon international de la lingerie pour vous et pour Éminence ?

C'est LE salon de référence de la profession, un moment-clé dans l'année où 500 marques du monde entier sont présentes. C'est un peu un porte-avion pour toute la flottille de PME du secteur. C'est important aussi d'affirmer la protection des fournisseurs, car on a connu ces dernières années tant de délocalisations et de difficultés que ce moment de valorisation du savoir-faire est nécessaire. Concernant Éminence, nous avons un stand de 20 m2, mais on reçoit en trois jours la plupart de nos importateurs du monde entier et ce rendez-vous nous permet toujours de trouver de nouveaux clients. C'est aussi important pour le relationnel, avec un timing très serré et faits d'échanges assez stratégiques. On a ainsi une vision de ce qui se passe dans nos secteurs sur tous les continents. On vérifie ainsi si une tendance nous aurait échappé. C'est un melting-pot.

Avez-vous toujours des problèmes pour recruter des salariés qualifiés dans le Gard ?

On a un déficit de formation dans le secteur du textile. Les CAP ou les BEP n'existent plus ou sont très éloignés. Pas forcément sur des postes à haut-niveau. Avec Pôle emploi, pour les opérateurs de confection débutants, on a mis au point des simulations et des tests de dextérité. Tous nos produits sont cousus à la main. On recrute ainsi 20 personnes annuellement pour combler nos départs à la retraite, car notre personnel vieillit, avec un âge moyen de 51 ans dont 21 d'ancienneté. C'est un travail difficile et répétitif, qui requiert beaucoup d'attention. La personne la moins bien payée chez nous reçoit un salaire de 15% supérieur au SMIC, sans parler des primes. L'accord avec Pôle emploi nous permet d'assurer une formation/reconversion à plusieurs personnes domiciliées à proximité de nos unités de production de Sauve et d'Aimargues. Soucieux de notre bilan carbone et  des méthodes de production, on n'encourage pas non plus les longs déplacements. On permet à des assistantes maternelles d'avoir un travail à temps plein. On a même recruté un ancien charcutier, devenu bonnetier ! Plusieurs salariés de notre usine de Roumanie, formés en mécanique, sont venus s'installer ici puisqu'ils ont une qualification qui n'existe plus en France et qu'ils pourront diffuser.

DR Éminence

La mise en lumière de nouvelles petites marques comme le Slip français via les réseaux sociaux ou le Made in France ne vous démode pas un peu ?

Vous savez, moi je crois beaucoup à la co-compétition.Son dynamisme nous a incité à plus investir sur nos e-shop et nous ne pouvons que nous en féliciter vu le succès des commandes en ligne. Nous sommes des partenaires de la marque de Guillaume Gibault. Côté production : 40% de sa production est fabriquée chez nous. Il a su donner un formidable coup de jeune à la profession en tablant sur internet et la communication. Et a mis en valeur le Made in France. Ce n'est pas une mode, c'est un vrai enjeu. Ce sont des phénomènes bien installés depuis des décennies aux USA et en Allemagne, cette nécessité de valoriser la production nationale. En France nous étions en retard.

Quelles sont les priorités 2018 pour le groupe Éminence ?

Nous travaillons sur des sous-vêtements endurance 24 heures, anti-odeurs pour Athena, qui reste notre plus grande marque en volume. Nous sommes aussi soucieux de garder notre première place pour les T-shirt en coton bio, cultivé sans OGM, ni engrais. Côté maille fine, nous travaillons en partenariat sur les tenues de travail du futur, anti-feu, anti-froid. Nous sommes aussi attentifs aux sous-vêtements connectés, avec des capteurs. Ce sont des projets collaboratifs, innovants et passionnants.

Propos recueillis par Florence Genestier

 

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Florence Genestier

Arrivée à Objectif Gard depuis juillet 2017, ma première carte de presse date de 1991 (si, si !). Née en Bourgogne, des études lyonnaises, quinze ans de PHR dans une région de montagnes, puis un détour par une mairie, la vie web d'associations et de projets sur Paris, Dijon, le sud Bourgogne, quelques chroniques judiciaires. Me voilà chargée de l'actu de la Petite Camargue :) de l'Espiguette jusqu'à Vauvert et au-delà. C'est sportif mais passionnant !

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