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FAIT DU JOUR Un Nîmois et le petit-fils de Charlie Chaplin font leur cinéma

De retour du Festival de Cannes où il présentait un de ses courts-métrages, le réalisateur nîmois Gabriel Targues s'apprête à débuter le tournage d'un format long à Nîmes, entre le 2 et le 12 août prochains. Il recherche des figurants...

Gabriel Targues (à droite) se lance dans le long métrage avec un tournage à Nîmes (Photo : DR)

Réalisateur de films indépendant depuis cinq ans, mais aussi acteur et scénariste, Gabriel Targues a longtemps oscillé entre musique et cinéma avant de donner la priorité au 7e art. Après plusieurs courts-métrages, l'employé de la ville de Nîmes passe au format supérieur. Rencontre.

Il est le rejeton d'un ancien novillero qui a bien failli devenir torero mais qui a choisi une autre voie (*). Quant à lui, si cela fait dix ans qu'il est employé à la mairie de Nîmes, il a longtemps hésité à abandonner la carrière musicale à laquelle il souhaitait se consacrer pour choisir finalement de se tourner vers la réalisation cinématographique, son deuxième métier.

Car si choisir c'est renoncer, à 37 ans, Gabriel Targues a quand même de la suite dans les idées et la pugnacité qui va avec. Même s'il compte un peu sur sa bonne étoile pour lui éclairer le chemin... Après avoir réalisé quatre albums avec son groupe Zap - "On a même gagné quelques tremplins musicaux, mais on ne gagnait pas notre vie !", souligne le...toujours guitariste du groupe de reprises Cheeky's -, il se lance dans la vidéo. Par hasard... "J'étais à fond dans la musique mais j'ai toujours eu envie de faire un film", raconte l'éclectique gardien du gymnase Kaufmann. "J'ai eu cette occasion le jour où le copain qui filmait nos concerts a oublié sa caméra chez moi. Je me suis dit  : pourquoi pas ? Plus tard, pour mes premières bandes montages, j'ai emprunté celle mon oncle qui était vidéaste et photographe dans la police."

Silence, on tourne ! Au fond, Julien Ronet (Photo : DR)

Attiré par une carrière artistique, "histoire de sensibilité, sûrement", analyse-t-il, l'apprenti réalisateur se lance en 2006 dans la réalisation d'un premier court-métrage de 20 minutes au scénario improbable : "C'était l'histoire d'un mec qui braque un kebab ! En fait, on n'avait pas d'idées ! C'était un peu n'importe quoi... Une idée en poussait une autre." Mais cette fois, le vers est dans le fruit (de la passion !) et cette première tentative est rapidement suivie d'une autre. Un peu plus construite, cette fois... "Cinéphile avertie, Rebecca, la mère de mon fils, avait eu une bonne idée. C'était l'histoire d'un type qui entend la voix d'une femme qui appelle à l'aide à travers une bouche d'aération..."

Il persiste et signe !

La diffusion de Voice, c'est le nom de ce 2e opus, n'ira pas plus loin qu'un succès d'estime récolté dans le cercle familial et amical. Idem pour le 3e, intitulé Hold-up, tout aussi confidentiel. Et pour cause : "je ne l'ai pas diffusé. Il est resté dans mon ordinateur...", confesse Gabriel. Pour autant, têtu comme une mule cévenole, le gaillard ne lâche pas l'affaire. Il remet le couvert avec Stalking (harcèlement, en Anglais). Et cette fois, son ange gardien place sur son chemin un producteur de Béziers, Antoine Ros. "Je lui ai demandé de m'aider. On a tourné avec une dizaine de personnages et une quarantaine de figurants ce qui était un scénario post-apocalyptique. On l'a présenté dans des festivals locaux, hors compétition."

Julien Ronet, le fils de Maurice Ronet et de Joséphine Chaplin, et petit-fils de Charlie Chaplin (Photo : DR)

Rencontre avec Julien Ronet, le fils de Maurice Ronet, de Joséphine Chaplin et petit-fils de Charlot

Et comme le hasard fait parfois bien les choses, c'est à cette occasion qu'il fait la connaissance de Julien Ronet. Producteur mais aussi acteur et scénariste, le fils de l'actrice Joséphine Chaplin (Poulet au vinaigre, Jack l’éventreur, Docteur Françoise Gailland...) et de l'ancien partenaire d'Alain Delon, Maurice Ronet (Plein soleil, La Piscine, Ascenseur pour l'échafaud...) joue dans Stalking. "Par la suite on s'est revu sur des tournages et ça a bien accroché entre nous. De manière informelle, on a décidé de s'associer. On est complémentaires", relate le Nîmois. Et le duo de s'essayer à un long métrage. Catharina, c'est son nom, ne verra jamais le jour. "On ne l'a jamais terminé..."

Retour au "court" en 2015 avec Violence, tourné dans un bar de Nîmes dont Gabriel connaît le proprio. "On avait réussi à convaincre Antoine Coesens qui s'est fait connaître avec les séries télévisées policières Central nuit, PJ et Sous le soleil." Violence sera présenté en Ardèche, au Festival du film artisanal et audacieux présidé par l'iconoclaste Jean-Pierre Mocky. En 2016, à l'occasion de la feria de pentecôte, ça repart pour un tour ! "On a décidé de tourner Smell the funk, une comédie sur un groupe de rock - un sujet que je connais bien et pour lequel j'ai puisé dans mon vécu ! -, qui est suivi par une équipe de télé. Au départ, c'était un court-métrage. Au final, il faisait 1h30."

L'affiche de Smell the fuck, désormais distribué au USA et au Canada (Photo : DR)

Au short film corner du festival de Cannes et à Los Angeles

En parallèle, la même année, Violence est présenté au festival de Cannes, à l'espace Short film corner, au beau milieu d'une sélection d'un millier de courts-métrages du monde entier. "On y était allé pour vendre Smell the funk. Là, avec Julien, on a vu comment  ça se passait. " Et fort de l'expérience acquise, en 2018 bis repetita placent. On prend les mêmes et on recommence : "cette année, on a présenté un autre court métrage à Cannes et au Los Angeles film festival, Short lived suicide, tourné pour partie à Paloma et dans des bars de Nîmes, avec Julien Ronet, Xavier Christian et moi-même dans les rôles principaux."

Projeté au Sémaphore de Nîmes et dans des salles parisiennes, le film recevra un bon accueil du public. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, les compères décrochent un contrat pour Smell the funk avec un petit distributeur américain, Adler entertainment, spécialisé dans les vidéos à la demande pour les USA et le Canada. "À Los Angeles, on y est allé au culot ! Heureusement Julien est parfaitement bilingue. Moi, je ne comprenais rien..."

Tournage de LNA à Nîmes en août prochain

Le prochain challenge s'annonce ardu pour le cinéaste nîmois. Entre le 2 et le 12 août, il tournera son premier véritable long métrage, LNA. On retrouvera au générique Julien Ronet, Antoine Coesens, Xavier Christian, Manon Dubois et...devinez qui ! Pour tourner ce film, "un drame sociétal", selon le vocable choisi, qui raconte l'histoire des membres d'une petite entreprise familiale qui décident de braquer - encore ! - le PDG d'un laboratoire pharmaceutique grâce à la complicité d'une femme de ménage, le réalisateur-acteur a besoin de figurants bénévoles, âgés entre 18 et 78 ans. Des volontaires qui ne seront pas payés mais qui, à défaut, auront l'occasion de partager une belle expérience et, qui sait, d'entamer une carrière... "Nous avons un budget qui frise le...zéro ! Ça va même nous coûter toutes nos économies... Nous avons besoin d'enfants avec leurs parents pour tourner une scène de sortie d'école, et d'autres figurants pour une scène dans un cimetière", termine Gabriel. Si le coeur vous en dit...

Philippe GAVILLET de PENEY

philippe@objectifgard.com

Contact pour la figuration : rizolin@hotmail.com

* Le père de Gabriel est Olivier Pervenchon. Un nom qui évoquera quelque chose aux aficionados les plus avertis. Bien connu lui aussi, son grand-père, Fernand Pervenchon, était photographe dans la cité des Antonin. 

Etiquette

Philippe Gavillet de Peney

Après avoir traîné ma plume et ma carcasse un peu partout dans les rédactions des quotidiens régionaux de l'Hexagone, j'ai posé mes valises à Objectif Gard en mars 2016. Couteau suisse de la rédaction, j'interviens dans plusieurs rubriques avec une inclination plus marquée pour le sport, les portraits et les sujets de société... Au sein du journal, j'assure par ailleurs le Secrétariat de rédaction.

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