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MERCREDI CULTURE Les terres, miroirs du monde par Kôichi Kurita

Cet artiste japonais nous offre une bibliothèque poétique et émouvante des terres de Camargue.

Un tri minutieux avant le broyage et après un nettoyage soigneux ©ludovic Letot

La ville de Saint-Gilles a accepté de participer au projet "Les terres, miroirs du monde". Porté par le syndicat mixte de la Camargue gardoise, en collaboration entre Saint-Gilles, Aigues-Mortes, le Centre des monuments nationaux et Grand site de France, cet événement met en lumière le travail du Japonais Kôichi Kurita, artiste contemporain au style presque zen.

Depuis plus de vingt ans, l’artiste prélève, tous les jours sans exception, une simple poignée de terre, partout où il se trouve. Après avoir collecté trente-cinq mille échantillons au Japon, l’artiste contemporain Kôichi Kurita rassemble depuis 2004 les terres françaises. Poignée après poignée, il aura parcouru, de septembre à décembre 2018, plus de 5 000 km, prélevé 970 échantillons, dans 225 communes, et 17 départements. En résidence pendant trois mois à Saint-Gilles, il a inventorié la terre camarguaise. Prélèvements minutieux de l’ensemble des terres du Delta du Rhône qui ont été traitées numérotées, nettoyées, rangées et ensachées.

Il ne faut jamais dire que la terre est sale !

Un atelier qui tient du laboratoire  (photo Véronique Camplan)

Nous l'avions rencontré pendant sa résidence. À l'exception de la cuisine, les sols étaient recouverts de petits tas de terre de couleurs différentes. La Camargue gardoise était à nos pieds à l'état brut. Une démarche artistique simple et compréhensible au premier regard. Singulier travail de fourmi qui consiste à rassembler une "bibliothèque des terres".

"Un bref moment passé devant une œuvre suffit à percevoir d’un seul regard toute la durée écoulée depuis la création du globe", dira l'artiste. Un jour, il a ramassé une poignée de terre avec le sentiment de tenir là l'essence même de toute vie. Et la collecte a commencé. La terre est ramassée et chaque échantillon est d'abord débarrassé de ses impuretés, puis numéroté et rangé. Ensuite, elle est broyée pour arriver quasiment à l'apparence d'une poudre avant d’être installée sur des carrés de papier, dans des coupelles ou des flacons d’eau, au cœur d’installations éphémères et méditatives.

 "Quand j'étais petit, on avait coutume de dire, ne touche pas la terre, c'est sale ! La terre, ce n'est pas sale, c'est le fondement est le révélateur de tout", insiste l'homme d'une voix douce, penché sur son travail. Cette terre, que nous voulons tant protéger Kôichi Kurita, nous la propose, pure, et belle dans sa diversité. Comme une évidence.

Cinq installations originales, des remparts d'Aigues-Mortes au Pavillon de la culture et du patrimoine de Saint-Gilles 

La Camargue est là, à nos pieds, dans sa merveilleuse diversité  (photo Véronique Camplan)

Une œuvre qui au-delà de la poésie qu'elle dégage, dévoile la richesse et la diversité de nos territoires.  Chaque fragment prend  place dans cinq installations originales, épurées aux géométries variables, alignements de carrés, cônes et flacons de verre à même le sol. La forme de l'installation varie en fonction du cadre dans lequel elle est présentée.

De mai à fin août, seront exposées aux tours et aux remparts d’Aigues-Mortes, trois œuvres créées à partir des terres de Camargue et au-delà. Le Pavillon de la culture et du patrimoine de Saint-Gilles présentera une mosaïque des terres du Sud de la France. Enfin, la Maison du Grand site de France exposera un dernier aspect du travail de Kôichi Kurita : une collection de cartes postales contenant une pincée de terre ramassée quotidiennement par l’artiste.

Véronique Palomar Camplan

À Saint-Gilles : jusqu'au 31 août. Les mercredis, jeudis, vendredis et samedis après-midi de 14h à 18h. Ouvert le dimanche après-midi en juillet et août. Entrée libre. Aigues-Mortes organisera trois autres expos. Renseignements :Maison du Grand site de France de la Camargue gardoise, Route du Môle. 30220 Aigues-Mortes. Téléphone : 04 66 77 24 72.

Etiquette

Véronique Palomar

Après une longue carrière au service de l'information dans l'hémisphère sud, me voilà de retour dans l'hexagone. Heureuse de mettre, plume, regard neuf et expérience au service d'un journal indépendant et de continuer à informer.

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1 commentaire sur “MERCREDI CULTURE Les terres, miroirs du monde par Kôichi Kurita”

  1. Je ne vois pas en quoi rassembler des échantillons de terres, les mettre dans des godets pour les présenter au public est une oeuvre. Collectionner des boites de camembert ou des timbres serait aussi une création et une oeuvre artistique? Mesdames messieurs les journalistes cessaient de gavaulder les termes, les mots, c’est une raison pour lesquelles vous n ‘avez plus de crédibilités. ,Ce travail est fort intéressant, plaisant à l’oeuil ect… mais ce n’est pas une oeuvre qui plus d’art. C’est un travail de collationnement , présenté de manière plaisante. Rien à voir avec un tableau de Rembrandt, Picasso, Dali ou Van Gogh.

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