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NÎMES Réforme de la fonction publique : vers une grève générale du bac ?

Sept syndicats réunis pour protester ensemble contre la réforme de la fonction publique (Photo Corentin Corger)

Alors que ce mardi l'assemblée nationale vote le projet de loi sur la réforme de la fonction publique, les représentants locaux de sept syndicats étaient réunis pour exprimer ensemble leur désaccord face à ce projet. Un des moyens d'action pourrait être une grève générale lors du baccalauréat. 

C'est une des grandes réformes du gouvernement d'Emmanuel Macron, celle de la fonction publique qui devrait entrer en vigueur en janvier 2020 et qui concerne près de 5,5 millions d'agents. Voté, ce mardi, à l'assemblée nationale, ce projet est loin de faire l'unanimité notamment dans le Gard. Sept représentants de différents syndicats (CFTC, CFE-CGC, CGT, FA, FSU, Solidaires, Unsa) se sont réunis pour lutter ensemble face à une loi qu'il considère comme la "destruction du statut de fonctionnaire et la précarisation des agents."

C'est la vision globale du projet qu'ils dénoncent. "Le service rendu va se dégrader. On lance un appel aux citoyens pour prendre en main ce qui va leur être volé. Le lien social s'appauvrit et les agents sont dépossédés de leur outil de travail", explique Boris Thubert de FSU. Au-delà de la baisse de qualité des services publics, c'est le renforcement des emplois précaires que craignent les syndicats. D'après eux, 20% des emplois publics sont précaires et la réforme prévoit la suppression de 120 000 postes.

"Il est envisageable de faire grève le jour du bac"

Ce projet de loi porté par Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, prévoit la transformation du statut de fonctionnaires que les syndicalistes qualifient de "démantèlement". Ils dénoncent de plus en plus le passage au privé pour de nombreux services notamment dans les soins et l'utilisation de contrats précaires. "Le recours de contractuels va même à l'encontre de la fonction du fonctionnaire", alerte Jean-Marc Séverac de l'Unsa. Plus de contractuels c'est moins de représentants du personnel et donc une réduction du dialogue social. Et moins de moyens pour défendre les conditions de travail ?

"Lors des dernières élections professionnelles en décembre dernier, des contractuels ont accepté de représenter des syndicats et d'être élus. À peine quelques mois après certains ont vu leur poste supprimé notamment à Nîmes métropole. Elle est où la sécurité de l'emploi ? Le système est vicié", s'insurge Jean-Luc Pena (FA-FPT). Une dénonciation pour éveiller les consciences et mobiliser les citoyens. Mais les syndicalistes avouent qu'il est déjà difficile de mobiliser leurs collègues à cause de l'aspect financier d'un jour de grève et de la pression mise par la hiérarchie.

En attendant de décider quelles actions mener lors des prochaines assemblées générales, une mobilisation de grande ampleur pourrait avoir lieu afin de marquer les esprits. "Il est envisageable de faire grève le jour du bac. Ce n'est pas encore décidé mais en tout cas ça a été évoqué", confie Boris Thubert, professeur. En tout cas, les syndicats devraient bouger rapidement car la réforme sera examinée au Sénat le 12 juin.

 

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