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FAIT DU JOUR Familles d’accueil pour personnes âgées : une alternative aux maisons de retraite ?

Ginette Valette vit en famille d'accueil depuis septembre. (Photo Boris Boutet)
Ginette Valette vit en famille d'accueil depuis septembre. (Photo Boris Boutet)

Près de 130 familles d'accueil pour personnes âgées sont agréées dans le Gard. Un concept méconnu qui a de quoi séduire face à la saturation des maisons de retraite. 

Elle a choisi d'exercer sa profession autrement. Après quinze ans en tant qu'aide médico-psychologique dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Véronique Azegagh s'occupe toujours des aînés en perte d'autonomie, mais depuis chez elle, à Bezouce.

" En réalité, la maison appartient à ma soeur, précise-t-elle. Elle a été elle aussi "famille d'accueil" pour personnes âgées pendant 10 ans et tout était parfaitement adapté pour que je reprenne le flambeau. En Ehpad, c'était l'usine. J'avais droit à dix minutes maximum par personne pour la toilette. On parle souvent de maltraitance envers les personnes âgées, mais la vérité, c'est qu'il y a un important manque de personnel. J'ai fini en burn-out et j'ai dû réfléchir à la manière dont je voulais travailler. "

Depuis six ans, Véronique Azegagh fait ainsi partie des 130 familles d'accueil présentes dans le Gard et possède un agrément l'autorisant à accueillir trois personnes âgées chez elle. " C'est le Département qui les délivre et les contrôle tous les 45 jours, complète-t-elle. Il y a pas mal d'exigences parmi lesquelles posséder des chambres d'au moins 9 m2. Celles que je propose font entre 12 et 18 m2. Les résidents peuvent aussi profiter des espaces communs, de la terrasse, du jardin et même, pour certains, de la piscine l'été. " 

Les chambres sont toutes équipées de lits médicalisés (photo Boris Boutet)

De quoi convaincre Liliane Valette d'y placer sa mère, Ginette, 94 ans au mois de septembre. " Elle a perdu la vue et vivre seule chez elle devenait trop difficile, explique-t-elle. Ici, ils ne sont que trois. C'est beaucoup moins qu'en maison de retraite et ça permet des soins plus personnalisés. Et même si c'est plus contraignant administrativement qu'un placement en Ehpad, je suis rassurée de la savoir ici plutôt qu'ailleurs. " Une solution satisfaisante pour la nonagénaire qui reconnaît avec philosophie : " C'est toujours difficile de quitter sa maison mais il faut savoir être raisonnable. Je me suis finalement adaptée assez vite. Je n'ai plus besoin de me faire à manger ni de m'occuper de mon linge. Ça me soulage. "

Accompagner la fin de vie

Il faut dire que pour faciliter l'acclimatation de ses pensionnaires, Véronique Azegagh ne ménage pas ses efforts. Des repas, préparés chaque jour avec des produits frais et partagés avec toute la famille, à l'entretien des espaces, la maîtresse des lieux doit répondre présent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. " On partage vraiment la vie des pensionnaires. Pendant plusieurs années, je m'occupais d'un couple qui avait derrière lui 74 ans de mariage. Observer leur amour persistant est une véritable leçon de vie ", appuie celle qui tient, dans le mesure du possible, à accompagner les personnes âgées jusqu'à leur dernier souffle.

" Quand c'est possible, je fais en sorte qu'ils finissent leur vie ici, aux côtés de leur famille. Il n'y a que lorsqu'une démence se manifeste et que je ne suis pas en mesure de faire face toute seule que je dois les confier à un autre établissement. Ce sont les moments les plus difficiles à vivre. " 

Boris Boutet

Et aussi :

  • Tarifs. Le placement d'une personne âgée dans la famille d'accueil de Véronique Azegagh coûte environ 2 200€ par mois, charges comprises. " C'est le prix d'une petite maison de retraite, indique l'intéressée. Les tarifs restent variables d'une famille d'accueil à l'autre, notamment en fonction des prestations proposées. "
  • Des places disponibles. " Quand une chambre se libère, elle met souvent plus d'un mois à trouver preneur alors même que les maisons de retraite sont pleines à craquer, déplore Véronique Azegagh. L'offre que les familles d'accueil propose est trop méconnue. " 

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