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NÎMES « Être prêt », la devise des légionnaires nîmois qui partent au feu

Le colonel Arnaud Guerry commandant du 2e REI basé à Nîmes et composé de près de 1 300 légionnaires (Photo Anthony Maurin).

Aux commandes du 2e Régiment étranger d'infanterie de la Légion étrangère à Nîmes depuis l'été 2018, le mandat du colonel Arnaud Guerry touche bientôt à sa fin qui est prévue cet été au retour des projections nîmoises sur divers théâtres d'opérations extérieures engagées par l'Armée françaises, notamment en Afrique.

Cette année, après la traditionnelle phase de préparation, la Légion nîmoise s'apprête à partir en mission. La spécialité nîmoise, ses qualifications en matière de véhicule blindé de combat d'infanterie (dont la maintenance se fait dans une zone spécifique au Camp des garrigues). À Nîmes, depuis 1983, la force de ce régiment n'est autre que ses légionnaires.

Le colonel Arnaud Guerry (Photo Anthony Maurin).

Un effectif complet de 1 300 militaires et civils, 96 nationalités, 380 Français dont 207 naturalisés. En moyenne, le régiment est jeune - 32 ans - et issu des efforts de recrutement fait sous la présidence de François Hollande en 2015. La compagnie de Réservistes est quant à elle composée de 155 effectifs résidents dans le Gard ou l'Hérault.

Le plus ancien régiment de la Légion

Une autre spécificité du 2e REI, pionnier de la numérisation de l’espace de bataille (NEB), est aussi le système fantassin à équipement et liaisons intégrées (FELIN) qui vise à améliorer sa capacité tactique au combat débarqué. Pour le colonel Guerry : "Nous sommes le régiment le plus ancien de la Légion étrangère car il a été créé en 1841. Le régiment va avoir du nouveau matériel comme le HK416 (NDLR fusil d'assaut qui remplace le FAMAS), de nouveaux véhicules qui remplacent les P4 qui ont fait leur temps, un nouveau treillis qui résiste mieux au feu et de nouvelles jumelles à vision nocturnes dotées d'une meilleure définition et d'un champ de vision élargi. "

Les drapeaux de gauche représentent les compagnies nîmoises. Une fois parties de Nîmes, les drapeaux seront abaissés. Idem pour le fanion de droite qui signifie la présence du commandant dans la caserne (Photo Anthony Maurin).

Connaissant parfaitement la cité des Antonin pour y avoir passé plus de dix ans (2000-2007, 2013-2015 et 2018-2020), le colonel Guerry est aussi très apprécié des têtes pensantes parisiennes. Sa famille demeure nîmoise, sa femme est d'ailleurs prof de français.

Une préparation optimale

"Les activités 2019 se sont résumées à une grosse préparation en camp d'entraînement au premier semestre avec le déploiement de 1 100 hommes pendant six semaines. Un compagnie est allée aux Émirats Arabes Unis, une autre en Estonie. Toutes nos unités ont été évaluées et sont d'un excellent niveau. Cet été, nous étions engagés à Paris pour l'opération Sentinelle, puis nous nous sommes préparés à la phase de projection avec des manœuvres spécifiques en lien avec les attentes de l'opération Barkhane", assure le colonel Guerry.

L'entrée de la caserne Colonel Chabrières Légion étrangère (Photo Anthony Maurin).

Le but ? S'armer au mieux pour être opérationnels sur ces théâtres extérieurs. 60 % de l'effectif actuel (750 légionnaires) sera déployé (dont 605 pour la seule opération Barkhane, mais le 2e REI sera aussi présent aux Émirats Arabes Unis, en Guyane et à Mayotte).

Dragon d'Annam, plus qu'un symbole

"Pour l'opération Barkhane, je prendrai la tête de l'État major du groupement tactique Dragon qui représente 800 personnes. Il sera composé d'une compagnie logistique et de quatre compagnies de combat. Au Sénégal, une compagnie et quelques instructeurs formeront les armées d'Afrique de l'ouest", note le colonel Guerry. "Nous avons choisi le nom de Dragon en référence au premier nom donné et à l'insigne de notre régiment. Il est en lien avec le dragon d'Annam et a été repris par le général Durieux en Afghanistan".

Une salle solennelle pour le 2e REI (Photo Anthony Maurin).

Durant cette période, les 400 familles nîmoises ne seront pas oubliées car des cellules de soutien leurs seront dédiées. L'opération Barkhane s'étale sur cinq pays et le mandat des légionnaires nîmois sera d'environ quatre mois sur place. Certains y sont déjà, d'autres partent d'ici la mi-février et les derniers un peu plus tard. Tous seront de retour en juillet si tout se passe comme prévu. "À leur retour, les engagés seront en permission puis prépareront à nouveau un autre cycle ou seront appelés pour l'opération Sentinelle. le cycle est très régulier, la prochaine projection est pour 2022", souligne le colonel qui devrait quitter son poste nîmois à son retour cet été car son mandat était de deux ans à la tête du régiment.

Les derniers commandants du 2e REI (Photo Anthony Maurin).

Nîmes, ville de garnison, a de nombreux atouts pour les militaires français. On pense en tout premier lieu au Camp des garrigues. Avec ses 4 800 hectares et ses 18 champs de tir, c'est un espace très recherché car les infrastructures y sont très intéressantes. "70 unités viennent chaque années s'entraîner ici ! Son taux d'activité augmente et paradoxalement il permet une meilleure préservation des milieux naturels."

Un futur amorcé

Autre nouveauté à mettre au rayon des Nîmois, le fameux Oasis 2.0. Précurseur dans les années 1990 avec son plan Oasis, le 2e REI poursuit sur sa lancée. D'ici la fin de l'année, un bazar, un foyer ainsi que trois salles de sport avec des équipements flambants neufs seront accessibles pour tous les engagés. Avant Noël 2019 étaient déjà installés le bureau du vaguemestre, des casiers pour la perception de colis VPC (accessibles 24h/24), le bureau solde, l'atelier du maître tailleur ainsi que des cabines d'essayage.

Le fameux dragon d'Annam qui enlace la grenade flamboyante du 2e REI (Photo Anthony Maurin).

Malgré le départ de leurs frères d'armes, certains vont rester à Nîmes. Les blessés de dernières minutes, les fins de contrat... Cela représente 500 personnes environ dont la formation se poursuivra pour quelques uns.

Bref historique du 2e REI : Créé en 1841, engagé dans l’ensemble des opérations majeures de l’armée française depuis sa création, le régiment s’est notamment illustré le 2 septembre 1903 lors du combat d’El-Moungar au Maroc, au cours duquel 113 légionnaires résistent contre plus de 1 000 berbères. Par la suite, le 2e REI a été engagé sur de nombreux théâtres, en Indochine et en Algérie. Plus récemment, il a été engagé durant la guerre du Golfe, puis a pris part aux opérations actuelles de Barkhane ou Chammal, mais aussi aux missions en Estonie ou au Burkina-Faso.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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