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GARD Le retour à l’emploi comme porte de sortie de la prostitution

De gauche à droite : Frédérique Thomas, présidente de l'Arap Rubis, Christelle Gomez, chargée des relations partenariales Pôle emploi Gard, Frank Martin, chargé de mission Arap Rubis, Philippe Blachère, directeur territorial Pôle emploi Gard et Coline Dhaussy, chargée de mission délégation départementale aux Droits des femmes et à l'égalité. (Photo : Stéphanie Marin / Objectif Gard)

L'association Arap Rubis et Pôle emploi Gard ont signé ce jeudi 20 février, une convention dont l'objectif est de faciliter l’accès ou le retour à l’emploi des bénéficiaires du parcours de sortie de la prostitution (*) présentant des difficultés socio-professionnelles.

Depuis la loi du 13 avril 2016, une personne qui se prostitue, femme, homme ou transgenre, n'est plus considérée comme délinquante mais comme victime. Deux ans plus tard, des commissions départementales de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle, fleurissent un peu partout en France.

Dans le Gard, il aura fallu attendre le 21 juin 2019. Placée sous l'autorité du préfet, Didier Lauga, elle constitue un levier de coordination entre les différents acteurs concernés et favorisent la mise en œuvre au niveau local d'une politique d'accompagnement des victimes vers un parcours de sortie de prostitution.

Parmi ces acteurs, Arap Rubis, association médico-sociale agréée à destination des prostituées, qui siège à la commission sans avoir de pouvoir décisionnel. L'association qui oeuvre depuis 25 ans, accompagne actuellement 385 personnes dans le Gard (80% de femmes, 10% d'hommes et 10% de transgenres) et ce dans plusieurs domaines : la prévention sur les infections sexuellement transmissibles, l’accès aux droits fondamentaux, la formation, l’hébergement, le soutien, etc. Ce jeudi 20 février 2020, un nouveau pas a été franchi dans la démarche bienfaisante d'Arap Rubis, par la signature d'une convention avec le Pôle emploi du Gard.

Pôle emploi Gard et Arap Rubis ont signé une convention pour faciliter le retour à l'emploi des personnes bénéficiaires du parcours de sortie de la prostitution. (Photo : Stéphanie Marin / Objectif Gard)

Les deux partenaires avaient déjà signé une première convention qui comportait alors deux axes : faciliter leur relation et échanger sur leurs offres respectives. Aujourd'hui, avec cette convention, l'Arap Rubis et Pôle emploi s'engagent dans un accompagnement global pour aider les personnes qui souhaitent sortir de la prostitution, à se construire un projet professionnel. "Il s'agit pour nous de faciliter ensemble l'intégration des personnes dans le droit commun grâce à la mise en place d'une prise en charge spécifique et d'un accompagnement global", se satisfait Frédérique Thomas, présidente de l'association.

Au mois d'octobre 2019, l'Arap Rubis a présenté neuf dossiers de personnes prêtes à s'engager dans "le parcours de sortie de prostitution" à la commission gardoise, sept ont été retenus. "Les personnes doivent présenter leur parcours de vie et un projet d'insertion cohérent, explique Frank Martin, chargé de mission au sein de l'association. La validation du dossier dépend également de la motivation de la personne, des efforts qu'elle a pu faire, ou pas, pour son insertion sociale, des opportunités qu'elle a pu saisir ou non."

"On personnalise le service avec le bon partenaire"

Reste désormais à ces sept personnes qui seront reçues et guidées par les deux entités, de décrocher un emploi ou une formation qualifiante dans les douze mois à venir, la durée du dispositif de l'accompagnement global. "Une course contre la montre" selon la présidente de l'association. Un objectif tout à fait réalisable pour Philippe Blachère, directeur territorial de Pôle emploi Gard accompagné de Christelle Gomez, chargée des relations partenariales.

En un an, 50% des personnes qui ont bénéficié de l'accompagnement global - tous publics confondus puisque le dispositif partenarial créé dans le cadre de la mise en oeuvre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, est ouvert à l'ensemble des travailleurs sociaux - ont trouvé un emploi. "Soyons clairs, on ne va pas faire tomber le chômage avec ça mais on personnalise le service avec le bon partenaire. On n'est pas sur du quantitatif mais sur du qualitatif", précise Philippe Blachère.

Stéphanie Marin 

* Le dispositif du "parcours de sortie de la prostitution" instauré par la loi du 13 avril 2016, permet aux personnes, en tant que victimes de prostitution ou de proxénétisme, de bénéficier pendant deux ans d'une aide financière 330 euros par mois, d'un titre de séjour temporaire et d'un accompagnement pour accéder à l'autonomie financière et à l'emploi. Leur dossier est réexaminé par la commission tous les six mois. 

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