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FAIT DU JOUR Le casse-tête de la distribution des masques

Photo d'illustration d'un masque en tissu (Droits réservés)

Anticipant le déconfinement, plusieurs mairies et communautés de communes ont commandé des masques. Seul problème : la distribution, qui ne doit pas mettre en danger la santé des administrés.

C’est un petit objet que tout le monde s’arrache. Un masque dit « alternatif », en tissu, lavable plusieurs fois à 60°. Il se distingue des fameux FFP2 et autres masques chirurgicaux, réservés aux soignants. Si un temps le ministère de la Santé avait jugé qu’il n’était pas indispensable, l’Académie de médecine, elle, a assuré le 3 avril que le port du bout de tissu était impératif à la sortie du confinement. 

Commandes tous azimuts

« Il est vrai que les messages ont été un peu contradictoires… Je ne suis pas scientifique mais j’écoute, je lis. Je retiens que ces masques empêchent de distribuer vos postillons aux autres. Ça peut donc protéger », explique le maire de Vauvert, Jean Denat. Par le biais de la communauté de communes de Petite Camargue, 28 000 masques (*) - à raison de 3 euros l'unité - ont été commandés à la société Éminence. 

La Petite Camargue n’a pas été la seule à vouloir s'équiper. Sur le front, les élus ont commandé tous azimuts : 270 000 demandés par Nîmes métropole à la société Éminence, 700 000 par la ville de Nîmes, commandés à une entreprise de Haute-Savoie, 20 000 pour la commune de Bagnols, 20 000 pour celle de Beaucaire ou encore 10 000 pour le Grau-du-Roi…

Médecin de métier, le maire du Grau-du-Roi, Robert Crauste, estime que le masque et un élément  « utile » et surtout, qu'en cas de non-commande «  on pourrait nous en faire le reproche. » Pour l’heure, aucune municipalité n'a reçu de masques. Du coup, les élus locaux font jouer leurs réseaux, espérant trouver plus rapidement du matériel. « C’est compliqué, on nous dit début mai », informe le maire de Vauvert quand son homologue de Saint-Gilles, Eddy Valadier, table sur une livraison «mi-mai», soit après la levée du confinement.

Que fait l'État ?

Lundi soir dans son allocution, le président de la République, Emmanuel Macron, a indiqué que le port du masque ne serait pas obligatoire. Toutefois, « pour les professions les plus exposées ou dans certaines situations comme dans les transports en commun, son usage pourrait devenir systématique. » En parallèle, le chef de l'État a promis d'aider les maires pour « permettre à chaque Français, à partir du 11 mai, de se procurer un masque grand public. » 

Interrogée, la préfecture du Gard n'a encore reçu aucune consigne du Gouvernement. « Nous ne savons pas si une aide financière est possible ni ne connaissons les modalités de distribution des masques », rapporte Yoann Gillet, directeur de cabinet de Beaucaire. Dans l'expectative, les collectivités ont sorti leur carnet de chèque. La ville de Bagnols a payé 30 000€ à une société de Haute-Loire, à l’entreprise du territoire Habicap ainsi qu’au réseau créateur de masque Gard rhodanien. Idem pour Beaucaire qui a déboursé 60 000€ pour ses 20 000 masques.

Certaines communes, plus petites, s'organisent avec leur intercommunalité : « À Moussac, le Pays d’Uzès a commandé pour nous 1 800 masques à 2 euros l'unité (hors taxe) », témoigne le maire Frédéric Salle-Lagarde. En tout, 35 000 masques lavables seront cédés aux communes contre 50 % du prix. Des achats pas toujours faciles souligne Jean-Luc Chapon, président du Pays d’Uzès : « La perception veut qu’on paye uniquement lorsqu’on a reçu la marchandise. Or, les fournisseurs demandent de régler 50 % à la commande. » Il a donc fallu trouver des fournisseurs qui acceptent les conditions imposées à la collectivité. « Ça n’a pas été facile », souffle l'élu, gardant une dent contre les services fiscaux, « qui ne nous facilitent pas la tâche. »

Comment les distribuer ? 

Les élus espèrent que leur commande arrivera au plus vite : « Après le déconfinement, ça sera plus difficile de les distribuer, les gens retournant travailler et n'étant pas forcément chez eux », pointe Jean Denat. Reste à savoir comment distribuer ces équipements ? Le Président Emmanuel Macron a indiqué que « les détails de l’organisation de la vie quotidienne » seraient connus d’ici 15 jours et ce, notamment via un plan de l’après 11 mai présenté par le Gouvernement.

L’enjeu de la distribution est double : équiper les citoyens en évitant de grands rassemblements. Sur le terrain, les maires sont déjà dans l’anticipation. « Un groupe d’élus turbine pour savoir comment les distribuer », confie Jérôme Talon, directeur de cabinet de Bagnols. Dans les Alpes-Maritimes, Cannes a débuté la distribution aux commerçants sur rendez-vous en mairie et en les envoyant, par La Poste, aux personnes fragiles.

« Plusieurs scénarios sont possibles, comme faire venir les gens à la mairie avec leurs papiers d'identité », expose le directeur de cabinet de Beaucaire. « Personnellement, je préconiserai que les gens puissent venir avec une quittance d’électricité pour les retirer », conclut Jean-Luc Chapon, maire d'Uzès. Des solutions disparates avec un même objectif : protéger notre santé.

 Coralie Mollaret avec Thierry Allard

coralie.mollaret@objectifgard.com

* 28 000 masques pour l’ensemble des cinq communes de la communauté de communes Petite Camargue. 

Et aussi : 

La société Eminence fait savoir que 170 000 masques textiles lavables ont été livrés depuis le premier jour de production à Aimargues. Il reste, pour l'heure, 2,5 millions de masques commandés à livrer jusqu'à fin juin.

La Ville de Nîmes recevra les masques « par séquence » à partir de mai. Actuellement, un groupe de travail rassemblant plusieurs directions œuvre pour définir l'organisation la plus opérationnelle pour la distribution de masques dans cette situation totalement « inédite.»   

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

1 commentaire sur “FAIT DU JOUR Le casse-tête de la distribution des masques”

  1. Ah bizarre, quand on a une longue expérience du contact avec le trésor public, chacun sait que les avances et les factures pro forma ne sont pas acceptées par les trésoreries, donc rien d’exceptionnel par rapport à cette réglementation inhérente à la direction générale des finances publiques.

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