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DÉCONFINEMENT Les gares de Nîmes et d’Alès désertes

La gare d'Alès déserte, ce matin à 8 heures. Photo Tony Duret/Objectif Gard
La gare d'Alès, déserte, ce matin à 8 heures. Photo Tony Duret/Objectif Gard

En ce premier jour de déconfinement, les gares de Nîmes et d'Alès ont repris du service ce lundi 11 mai. Mais ce matin, elles étaient très peu fréquentées... Reportage.

La distanciation n’était pas compliquée à faire respecter ce matin en gare de Nîmes, car seule une poignée de voyageurs attendait son train. Rarement le lieu n'est apparu si vide. Entre les agents de la SNCF, les clients et les Nîmois qui ne faisaient que traverser le bâtiment, il y avait tout au plus une trentaine de personnes.

Masques en tissus offerts

À l'intérieur, les agents de sécurité conseillent, à ceux qui n’en sont pas encore munis, de mettre un masque. En cas de besoin, le "point information" en fournit gratuitement. Pourtant, cette consigne n’est pas totalement respectée. Au sol, le personnel de la Société nationale des chemins de fer français a disposé des adhésifs pour matérialiser la distance à respecter entre chaque personne.

Il y avait peu de monde ce matin en gare de Nîmes (photo Norman Jardin)

Les commerces fermés

Quand ils arrivent en gare, les voyageurs sont déçus de voir qu'à l'intérieur du bâtiment les commerces sont fermés. Pas de café de dernière minute, ni de magazine. Alors les utilisateurs se plongent dans leur smartphone ou dans un livre. Sur les bancs, une place sur deux est interdite, là encore pour faire respecter la distanciation, mais ce matin, il y plus de bancs disponibles que de visiteurs.

Une voyageuse devant le Relay fermé (photo Norman Jardin)

Parcours fléché devant l’escalator

Pour les accompagnants, il n’y a pas d’au revoir sur le quai, car il était interdit d’accès sans billet de train. En bas de l’escalator, un parcours fléché est collé au sol afin de permettre d’éviter tous croisements de voyageurs entre ceux qui partent et ceux qui arrivent. Le déconfinement, qui débute ce lundi, n’est pas encore visible en gare de Nîmes.

Un fléchage au sol donne le sens de circulation aux usagers (Photo : Norman Jardin)

8h ce lundi matin à Alès. La gare vient d’ouvrir ses portes et personne n’est là pour vivre cette première après plusieurs semaines de fermeture. Il n’y a pas un chat. Et pas plus de voyageurs... La seule à donner un peu de vie à l’endroit est Michèle Legrand, la gérante du « Hubiz », le relay de la gare qui est ouvert du lundi au vendredi de 7h à 14h.

La buraliste a repris l’activité depuis le 28 avril en adaptant sa boutique pour répondre aux nouvelles normes de sécurité. Au sol, une signalétique rouge indique le sens de déplacement dans le magasin. À la caisse, toujours au sol, on peut lire sur un rond rouge : « Prenez soin de vous ! Patientez ici ». Un gel hydroalcoolique est mis à disposition des clients, ainsi qu’un rappel sur la distance de sécurité d’un mètre à respecter.

Enfin, puisque l’enseigne est située à l’intérieur de la gare, le port du masque est obligatoire dans ce commerce. « J’avais peur que les gens ne respectent pas les consignes mais je les trouve très prudents », remarque Michèle Legrand. Quant à son activité, au vu du manque d’affluence dans la gare, la patronne se contente d’une légère reprise : « La gare a rouvert ce matin et ça reprend petit à petit, tout doucement. »

Michèle Legrand, gérante du Hubiz. Photo Tony Duret/Objectif Gard
Michèle Legrand, gérante du Hubiz. Photo Tony Duret/Objectif Gard

Dans le hall, alors que le train de 8h28 en direction de Nîmes est affiché, une petite poignée de sept-huit voyageurs s’est formée. Parmi eux, Sylvain se rend dans la cité des Antonin pour un rendez-vous médical. Masqué, il se dit « serein » et « ravi » que la gare ait ouvert ses portes. Plus loin, un autre voyageur, un certain Michel, ne partage pas cet enthousiasme : « Ça fait deux mois qu’on est au courant de rien, qu’on ne trouve rien sur Internet. On ne peut même pas réserver un billet en ligne, c’est pour ça que je suis venu ce matin. C’est la débandade. Dans le journal, il est dit que la gare ouvre à 8 heures et il n’y a aucun guichet d’ouvert ! », regrette le retraité.

Et quand on lui demande pourquoi il ne porte pas de masque, il ne décolère pas : « Beh parce qu’il n’y en a pas ! La ville d’Alès ne les distribue que dans une semaine » (à partir du samedi 16 mai, Ndlr). Il est 8h28. Un train fantôme part à l’heure en direction de Nîmes. Dans le hall de la gare, il reste un employé de la SNCF qui applique la signalétique au sol dans un silence inhabituel.

Ce lundi 11 mai, l'heure était encore à la pose de la signalétique pour sécuriser le parcours des voyageurs. Photo Tony Duret/Objectif Gard
Ce lundi 11 mai, l'heure était encore à la pose de la signalétique pour sécuriser le parcours des voyageurs. Photo Tony Duret/Objectif Gard

Tony Duret (à Alès) & Norman Jardin (à Nîmes)

Etiquette

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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