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GARD Les conseils d’une diététicienne pour faire le pique-nique parfait pour la rentrée scolaire

Nathalie Thiéblemont est diététicienne, psycho-nutritionniste et cuisinière, et intervenante pour la mairie de Bagnols-sur-Cèze et l'Agglomération du Gard rhodanien sur l'équilibre alimentaire. (DR)

Ce jeudi et depuis le début de la semaine, plusieurs écoles ont rouvert dans le département. Mais pour les cantines, il faudra attendre encore un peu par endroits. Beaucoup d'enfants devront manger un pique-nique préparé par leurs parents dans un premier temps. Nathalie Thiéblemont, diététicienne, psycho-nutritionniste et cuisinière, intervenante pour la mairie de Bagnols-sur-Cèze et l'Agglomération du Gard rhodanien sur l'équilibre alimentaire, a décidé pour l'occasion de proposer des idées de menus pique-nique équilibrés et sains. 

Objectif Gard : Pourquoi proposez-vous ces idées de menus pique-nique ?

Nathalie Thiéblemont : J'ai vu l'urgence tout de suite. Si les enfants se nourrissent de sandwichs, de sodas et de choses toutes prêtes, tout le travail fait avant sur l'équilibre alimentaire va être détruit. Alors, je me suis dit : autant aider les parents en leur facilitant le travail en proposant des idées de pique-niques équilibrés.

Quelles sont les règles élémentaires pour réussir un pique-nique équilibré et sain ?

Du fait-maison, du frais, de saison et de la gourmandise bien sûr. Le but n'est pas de mettre les enfants au régime ou de leur interdire des aliments. Dans les goûters que les parents donnent, il y a en moyenne entre 80 et 100 grammes de sucre. Alors si en plus des goûters, il y a le pique-nique avec des biscuits apéritifs, des sodas et des sandwiches emballés, on risque d'avoir des problèmes. Notamment au niveau de la concentration. Un sandwich industriel ne tient pas à l'estomac et ne le remplit pas. Il n'y a pas de fibres. Donc les enfants risquent de ne pas écouter en classe, de tomber plus facilement malades...

Que préconisez-vous ?

L'idée c'est de réaliser des recettes simples. Des pâtes et un fruit, cela suffit, et c'est mieux que de l'industriel. Cela repose sur le même principe que les gamelles que l'on se prépare quand on va au travail. Ça peut être gourmand aussi. C'est largement faisable de manger de la pizza faite maison en prenant une part. On pense faire plaisir aux enfants en leur donnant des choses déjà emballées mais lorsque j'organise mes ateliers, la plupart disent préférer quand leurs parents leur cuisinent des choses maison. On peut prendre le temps de faire les repas avec les enfants, ils peuvent être acteurs. Et ils mangeront que plus facilement s'ils participent aussi à l'élaboration des repas.

Et quelles sont les choses à éviter absolument ?

Il faut éviter les produits ultra-transformés, c'est-à-dire tous les produits riches en sucre, en sel, en gras et qui ne contiennent plus d'éléments de base. On peut faire du riz avec des légumes et une protéine si on veut. Ce sont les trois principaux nutriments dont on a besoin. Mais il ne faut pas mettre que des féculents non plus.

"Même si on mange sain avec des produits frais, on peut grossir..."

Il y a aussi une bonne manière de manger ?

Oui, pour les compotes par exemple, il faut privilégier les pots plutôt que les gourdes. Les enfants ont tendance à gober les gourdes et à en redemander. S'ils la mangent en pot, ça prolongera le temps du repas, augmentera le temps de mastication et apportera de la satiété. Il faut avoir des éléments diversifiés dans l'assiette avec des textures, des couleurs différentes pour faire travailler les cinq sens.

Plus généralement, quels effets a eu le confinement sur l'alimentation des enfants et des parents ?

Il y a eu des effets opposés. Il y avait les parents qui ne travaillaient pas et qui ont pris le temps de cuisiner, qui sont allés chercher des produits frais et ceux qui n'avaient pas envie de sortir et qui ont laisser la malbouffe s'installer. Quand je me rendais dans les supermarchés, même si je privilégie les boutiques bio, je voyais que les rayons dévalisés étaient ceux des plats tout prêts. Quand j'allais directement à la ferme chercher des légumes, il n'y avait pas grand monde.

Mais il ne faut pas blâmer non plus. Pendant le confinement, on avait nos aliments "doudou" et ils sont encore là. Quand on est angoissé, triste et enfermé, on a tendance à se ruer sur la nourriture. On attend de voir ce qu'il se passe plutôt que de trouver une solution. C'est pour cela que pendant le confinement, je donnais des conseils nutritionnels et je n'abandonnais pas les groupes avec qui je travaillais.

Un sondage Ifop relatait, qu'en moyenne, les Français ont pris 2,5 kg pendant le confinement. À quoi cela est-il dû selon vous ?

Le grignotage et le poids des émotions aussi. Le côté psychologique joue beaucoup. Même si on mange sain avec des produits frais, on peut grossir car le corps n'assimile pas de la même façon selon nos émotions. Quand on mange l'estomac noué, on ne va pas assimiler de la même manière que quand on est heureux. On aura tendance à stocker sous forme de réserves.

Pour ceux qui auraient pris un peu de poids pendant le confinement que conseillez-vous ?

De rétablir un équilibre émotionnel et reprendre une activité physique et un rythme de vie normal. Cela va redynamiser tout le corps et permettre de mieux assimiler les aliments. Après, il ne faut pas stresser et laisser le corps s'exprimer ; être à l'écoute. Je ne suis pas alarmiste pour ceux qui ont pris du poids pendant ces deux mois.

Propos recueillis par Marie Meunier

Plus d'informations au 06 38 01 18 13 ou sur le site internet. Toutes les recettes sont à retrouver sur Facebook.

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