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NÎMES Le marché du Jean-Jaurès fait des déçus

(Photo Anthony Maurin).

Le marché des producteurs du vendredi sur l'avenue Jean-Jaurès est une véritable institution. Avec la crise sanitaire actuelle, il a subi quelques modifications pour la venue des visiteurs mais aussi pour le choix des étaliers.

" C'est bien. Je n'ai pas l'habitude de venir mais avec le déconfinement j'en ai eu marre d'aller au supermarché alors je suis venue ici. L'ambiance est bonne, la distanciation n'est pas mal, on s'y sent en sécurité. Je vois qu'il y a un peu de tout donc je suis contente, je vais consommer local et ça, c'est bien ! " entame Marie, la trentaine.

Retour à la case départ pour ce bon monsieur qui s'est trompé de sortie (Photo Anthony Maurin).

Tous les vendredis de 7h à 13h, les producteurs agricoles et les brocanteurs s'installent et déballent leur marchandise. Mais avant de s'installer, il faut être choisi. Covid-19 oblige, la donne a changé et le tri est fait. Certains le comprennent, d'autres non. " Je ne suis pas venu depuis deux semaines alors on va dire que c'était mon tour ", revendique timidement un étalier qui se dit un peu chanceux de ne pas être passé à la trappe.

Les allées sont clairsemées et les gens sont suffisamment éloignés (Photo Anthony Maurin).

En chiffres, le 8 mai dernier, dix étaliers étaient présents sur le marché. La semaine passée, le double (soit 20 si vous comptez bien) dont deux poissonniers. " Chacun doit travailler ! Nous nous sommes fait refouler ce matin... Nous n'avons eu ni courrier, ni mail. On nous invite par téléphone. Nous devons mener des bêtes à l'abattoir et tout cela se prépare ! On aimerait être prévenu un peu à l'avance. On doit nous respecter car nous ne sommes pas là uniquement pour payer l'emplacement ", relate un producteur camarguais.

(Photo Anthony Maurin).

" Qu'est devenu le marché des producteurs du Jean-Jaurès ? ", s'interroge un autre déçu. " Il y avait près de 200 étaliers avant. Nous ? Ça fait 21 ans qu'on vient et nous sommes de vrais producteurs-vendeurs... On pourrait faire comme à Marguerittes où il y a 30 exposants. C'est à dire plus qu'à Nîmes et où tout se passe pour le mieux, lâche un habitué des lieux. Les producteurs sont en colère. Ça met la zizanie et ce n'est pas juste. Nous avions des commandes pour aujourd’hui et nous n'avons pas pu les honorer. Les clients ont dû venir chez nous. Ça les fait circuler et ça va à l'encontre de l'idée qu'on se fait d'un marché où l'on peut tout acheter en un seul et même endroit. "

Derniers entrés sur les marchés alimentaires de producteurs : les poissonniers. Sont-ils producteurs d'ailleurs ? Pas toujours et pas forcément mais le poisson est une denrée appréciée donc ils ont une place ou deux chaque semaine. Pour la mairie de Nîmes, le jeu est simple : " Nous ne prenons que de l'alimentaire et en priorité des producteurs gardois. Nous avons une vingtaines d'étals par semaine et ils tournent une semaine sur deux afin que tout le monde puisse un peu travailler, évoque le service communication. On peut actuellement en prendre un peu plus à la marge pour proposer une offre plus large. Habituellement, une quarantaine de Gardois se mêle à d'autres pour atteindre un peu plus de 70 étaliers. "

(Photo Anthony Maurin).

" Vous comprenez, plus il y a de producteurs, moins il y a de queue à faire pour les clients ! C'est logique... Moins il y a de producteurs, plus il y a la file d'attente et les distanciations peu respectées. Les gens râlent. Le marché va être plombé. Le sens de circulation est trop rigide et mal conçu. Certaines personnes âgées ou handicapées doivent remonter de longues distances pour sortir de l'enceinte close par des barrières ", conclut un autre producteur.

Etiquette

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 35 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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