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LE 7h50 de Cédric Clémente, maire de Lirac : « Je pense qu’on n’est pas loin de 90% de vignes touchées par la grêle »

La crise liée à l'épidémie de coronavirus a offert un début de mandat parfois complexe aux nouveaux maires investis depuis fin mai. Le nouvel édile de Lirac, Cédric Clémente, a, lui, un autre problème à gérer. D'ordre météorologique cette fois. Un violent épisode de grêle venu frapper le village vendredi dernier au soir qui a eu de graves conséquences sur les vignes.

Objectif Gard : Que s'est-il passé exactement vendredi soir à Lirac ?

Cédric Clémente : On a eu un nuage stationnaire de grêle au-dessus de la commune. Il est resté bloqué 20 minutes. Il est arrivé de Montfaucon mais là-bas, il n'a pas été très violent. La commune de Saint-Laurent-de-Tavel était au-dessous des bords du nuage, nous en plein dessous. Il y a eu 3-4 cm de grêle dans la commune, mais à des endroits, c'était 15 cm. Il y a aussi eu des dégâts sur des maisons, des véhicules. Les gouttières en PVC ont été trouées, les carrosseries sont marquées.

Quelles conséquences a eu cet épisode violent sur les vignes ?

Cet orage a été très violent. Vous avez des vignes où il ne reste plus que les sarments, ça a été broyé. Je pense qu'on n'est pas loin de 90% de vignes touchées par la grêle sur la commune qui en compte plus de 200 hectares. Les feuilles, les fruits, tout est fini. C'est l'époque où les grappes commencent à se former. Les bourgeons de l'année prochaine qui commençaient à poindre sont touchés aussi. Donc non seulement, ça a entamé les récoltes de cette année mais aussi celles de l'année prochaine. Déjà avec le coronavirus, les vignerons n'ont pas pu vendre de bouteilles, après, il y a eu le gel et maintenant un épisode de grêle...

Déjà fragilisées par un épisode de gel en mars dernier, les vignes de la commune de Lirac ont subi ce vendredi un violent passage de grêle qui a duré 20 minutes. (DR)

Vous êtes en contact avec la préfecture ?

Depuis ce week-end, j'échange avec la préfecture. J'ai eu confirmation ce mardi soir que la grêle n'est pas éligible à un classement en catastrophe naturelle ou calamité agricole car elle est considérée comme assurable. Il faut faire marcher les assurances avec des franchises élevées... Au niveau des agriculteurs, personne n'est assuré car les coûts sont élevés. Un vigneron me disait que le montant pouvait monter à 10% du chiffre d'affaires. Donc là, c'est jouer à la roulette pour un épisode qui va survenir peut-être tous les cinq ans.

Est-ce que des solutions existent pour sauver les récoltes ?

Ils vont traiter avec du sulfate de cuivre pour ne pas que des champignons se mettent dessus. Mais ce traitement ne sert pas sauf à ce que les plants ne dépérissent pas plus. Les viticulteurs de l'appellation Lirac auront une année blanche. Il faut être présent pour éviter une propagation de la maladie.

Les grêlons ont aussi endommagé les voitures, les habitations... (DR)

En tant que maire, quel soutien pouvez-vous apporter ?

La commune va procéder à une exonération partielle pour le foncier non-bâti et a priori, l'État devrait faire pareil pour sa partie. Cela pourrait s'appliquer pour les vignes où les récoltes ont été touchées. On est en train de se renseigner pour mettre en route la procédure. À notre mesure, on peut aider à ça... Le syndicat de l'AOC Lirac se bat pour faire connaître l'appellation. Cette année ça ira car ils disposent du cru 2019 mais c'est l'année prochaine que ce sera compliqué.

Propos recueillis par Marie Meunier

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