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CRIMES ET DÉLITS Le violeur du cimetière enlève une fillette de 8 ans

Photo d'archive, juin 2020, le vice-procureur Patrick Bottero au centre de la photo

Des drames, des crimes, des dossiers non résolus, mais aussi des affaires insolites. Tous les jeudis de l'été, à 11h30, Objectif Gard vous propose de pénétrer dans l'univers judiciaire, avec des enquêteurs, des experts, des juges qui racontent ces crimes qui ont marqué leur existence.

C'est un dossier qui est resté dans les mémoires gardoises. Pour la première fois dans notre département, le plan Alerte enlèvement avait été demandé par les instances judiciaires gardoises. La chancellerie allait donner son aval... Mais c'est à ce moment-là, en ce début du mois de mars 2010, et à quelques minutes d'une publication nationale de l'enlèvement, qu'un habitant de la Grand-Combe qui participait depuis plusieurs heures aux recherches, a retrouvé l'enfant. La gamine de 8 ans sortait du cimetière de cette commune du nord d'Alès en compagnie de son ravisseur qui est parvenu lui à fuir dans la nuit noire.

Ce dossier a été suivi du début à la fin - c'est à dire jusqu'aux Assises - par le vice-procureur Patrick Bottero, à l'époque des faits substitut au parquet d'Alès. Pour Objectif Gard, il raconte cette enquête qui a imprégné fortement son quotidien de magistrat. "J'ai été profondément marqué par la personnalité du mis en cause et sa véritable dimension de prédateur. C'était également ma première nuit de vie de jeune magistrat que je passais avec les enquêteurs", se souvient Patrick Bottero aujourd'hui au parquet de Nîmes.

Un voisin connu pour des agressions sexuelles...

Sa soirée criminelle début vers 19h30 lorsque le magistrat reçoit un appel des gendarmes de la Grand'Combe. "Une mère de famille venait de trouver les enquêteurs en expliquant que sa fille de 8 ans avait disparu après être partie jouer à l'ordinateur avec le nouveau voisin en-dessous de chez elle. La maman avait donné un horaire à la fillette pour remonter et, ne la voyant pas revenir en fin d'après-midi, elle était descendu chez ce voisin. La porte n'était pas verrouillée et l'occupant et sa fille étaient introuvables", résume le magistrat qui se rend cette nuit-là sur place pour superviser les investigations avec le procureur d'Alès de l'époque Thierry Lescouarch'e.

Mais la tension monte rapidement d'un cran lorsque le juge "passe" le nom du suspect, un certain Gérard Larzillière, dans le logiciel judiciaire répertoriant toutes les personnes condamnées. Le voisin est connu pour des agressions sexuelles commises dans les Bouches-du-Rhône. Il vient de sortir de détention après avoir purgé 7 ans de prison pour avoir abusé d'une fillette de 4 ans... Une information qui augmente fortement la crainte des magistrats et enquêteurs présents.

30 ans de prison

Entre-temps dans la maison du mis en cause, les enquêteurs s'aperçoivent qu'un DVD est en marche bien que l'écran télé reste noir. En regardant la télé, la vidéo diffuse un film pédopornographique. "Il était impératif de mobiliser un maximum de personnes en plus des militaires de tout le groupement du Gard qui étaient présents. Toute la soirée et une partie de la nuit la priorité était de retrouver cette petite fille", poursuit Patrick Bottero. Une fillette qui sera découverte sortant du cimetière en pleine nuit avec son agresseur. C'est un habitant de la commune, un repris de justice, qui récupérera la petite fille pour l'emmener aux gendarmes. L'agresseur est en fuite et sera arrêté quelques heures plus tard. Ce que les personnes parties à la recherche de la fillette ignoraient, c'est que la fillette était à quelques dizaines de mètres à peine de chez elle. Le ravisseur avait trouvé refuge avec sa proie dans le cimetière de la Grand-Combe où il a abusé de l'enfant à quelques mètres seulement de la tombe de son père décédé.

Une jeune victime fragile et innocente sauvée, et un agresseur que le procureur Bottero retrouvera deux ans plus tard aux Assises du Gard. "Au cours de ce procès une autre surprise de taille m'attend. L'accusé est un vrai pervers : il a essayé d'expliquer qu'il se sacrifiait pour la petite victime et que cette dernière aurait un pactole pour débuter dans la vie, grâce au fond de garantie des victimes d'infraction. Des propos insoutenables à entendre", se rappelle le magistrat du parquet qui réclamera et obtiendra des jurés gardois une très haute peine. Gérard Larzillière écopera de 30 ans de réclusion assortis de 20 années de peine de sûreté et d'un placement en rétention de sûreté à sa sortie. Une sanction rare et réservée aux criminels les plus dangereux.

Boris de la Cruz

Boris De la Cruz

Journaliste, je suis passionné par les faits divers, la justice et la politique. Je collabore à Objectif Gard et à des médias nationaux.

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