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PLAN DE RELANCE Une économie plus vertueuse en 33 propositions

Le député de la 3e circonscription du Gard a animé un groupe de travail composé de 30 parlementaires. Plusieurs préconisations formulées font écho à des réalités du Gard rhodanien.

Anthony Cellier était à la tête d'un des trois groupes de travail créés pour l'élaboration du plan de relance économique du Gouvernement après la crise du covid-19. (Marie Meunier / Objectif Gard)

"Compétitivité et décarbonation de l'économie". C'est le thème sous-jacent au plan de relance économique national sur lequel a travaillé pendant un mois et demi Anthony Cellier. Et il n'est pas incompatible avec les objectifs climatiques ! Le député de la 3e circonscription du Gard était à la tête d'un groupe de travail composé d'une trentaine de parlementaires de la majorité.

Pas moins de 200 propositions ont été rendues par le groupe. Il a fallu en sélectionner 33 qui ont été présentées le mardi 21 juillet au ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. Et parmi elles, plusieurs "entrent en résonance" avec des réalités du Gard rhodanien.

Un gros volet de ce travail porte sur la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés. La préconisation nationale étant d'augmenter le budget et améliorer le système d'accompagnement bancaire. À échelle locale, cela fait écho avec "un projet mené avec l'agglomération du Gard rhodanien pour faire une carte thermographique aérienne de l'ensemble du territoire, mise à la disposition des communes pour que chacune sache où sont enregistrées des déperditions d'énergie", explique le député.

Cette carte couvrirait donc une zone de 632 km². "On veut que le territoire soit expérimental pour mettre en place cette consultation partagée", poursuit Anthony Cellier. Et le dispositif irait plus loin puisque les personnes qui souhaiteraient rénover leur bâtiment seraient accompagnées lors du montage du dossier (subventions, diagnostic de performance énergétique appropriée...).

Autre pan de la thématique : le transport. Anthony Cellier a proposé de soutenir le plus possible la filière automobile et la mobilité propre. Le Gouvernement avait déjà annoncé que 100 000 bornes de recharge pour voitures électriques seraient installées en France d'ici la fin 2021. Le député est allé plus loin dans cette réflexion en parlant du V2G (vehicle to grid) considérant que les batteries de voitures sont une source de stockage d'énergie.

Le fret sur de bon rails ?

L'idée est que les véhicules communiqueraient avec le réseau et l'énergie d'une batterie excédante pourrait être réinjectée ailleurs à la demande pour alimenter un bâtiment, un système électrique... Là encore, le Gard s'amorce comme un département pilote. Dans le cadre du projet "Flexitanie", développé par la Clean tech vallée avec la Région et EDF, une flotte de 100 voitures électriques devrait être déployée à l'automne dans le département, suivant ce système de V2G.

Dans le rapport présenté par les parlementaires, plusieurs préconisations ont été faites aussi sur le fret. Là encore, Anthony Cellier dessine un lien avec l'Ardoise éco fret, amenant davantage d'intermodalité avec un transport sur rail. Il avait présidé une réunion en novembre avec tous les acteurs économiques et institutionnels concernés par le projet. Un comité de pilotage devra se pencher sur sa face plus technique et acter ou non l'avenir du chantier.

Concernant l'hydrogène, le groupe de travail a planché pour lui donner une "existence légale" et pour déterminer comment il est produit. "Au niveau local, il y a un gros sujet sur la gestion des déchets ici", entame Anthony Cellier. Que faire de ceux qui restent et qu'on ne peut pas recycler ? Les enfouir paraît inconcevable pour le député qui ne tient pas à faire de "cadeau" aux générations suivantes.

Valoriser les filières du nucléaire

Il a plutôt réfléchi sur le fait de les brûler via une UVE (Unité de valorisation énergétique) : "On brûlerait les déchets dans des conditions optimisées pour générer de l'énergie et de la chaleur qui trouveraient une seconde vie. Il serait ainsi possible de produire de l'hydrogène à réutiliser dans la mobilité qualifiée de lourde comme les bennes à ordures", déroule le député. Une solution qui apparaît comme la plus vertueuse même si ça n'enlève pas l'empreinte carbone du transport des déchets jusqu'au centre de brûlage. En tout cas, au niveau national et communautaire, "c'est ce vers quoi on tend", indique-t-il.

Acteur incontournable au niveau national et du Gard rhodanien : le nucléaire. Dans les préconisations des parlementaires, il est mentionné de faciliter la formation et de monter en compétence dans la filière que ce soit en production ou en démantèlement. Le lycée Albert-Einstein à Bagnols s'oriente déjà dans cette direction en proposant plusieurs parcours dans ce domaine, qui peinent encore à trouver leur public.

Les jeunes perçoivent souvent le nucléaire comme une voie à l'encontre "de leurs préoccupations écologiques" et "sans avenir", analyse le député. Il y a pourtant un vrai enjeu environnemental derrière le démantèlement et la dépollution à 100% des déchets nucléaires. Il semble donc primordial de bien vendre ces formations alors que le Gouvernement vise un mix énergétique 50% nucléaire, 50% électrique d'ici 2035.

Marie Meunier

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