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FAIT DU JOUR Rencontre Darmanin/Fournier : quelles sont les demandes en matière de sécurité ?

Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur et Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes (Montage Romain Cura)

Ce mercredi, quatre élus nîmois se rendent au ministère de l'Intérieur rencontrer Gérald Darmanin pour réclamer plus de moyens en matière de sécurité. Richard Schieven, adjoint au maire dans ce domaine, explique en détails les requêtes de la ville de Nîmes. 

Ce mercredi, à 15 heures, Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, Richard Schieven, son adjoint à la Sécurité, Françoise Dumas, députée du Gard, et Franck Proust, président de Nîmes métropole se rendront en délégation place Beauvau rencontrer Gérald Darminin, ministre de l'Intérieur et ses équipes. Une délégation nîmoise de quatre personnes et pas une de plus, car les collaborateurs des élus ont été priés de rester à quai. Un rendez-vous très attendu par le maire pour évoquer les enjeux sécuritaires "extrêmement importants" de la ville qu'il dirige depuis 2001.

"Nîmes a toujours été une ville violente. Mais, depuis fin février, le phénomène s'est accéléré", résume Richard Schieven, nouvel adjoint à la Sécurité et qui a passé 18 ans dans la police nationale à la tête de l'unité d'investigation de Nîmes. Une violence exacerbée pendant et après le confinement ; notamment dans les quartiers sensibles. On recense 17 faits de violence avec arme, 12 fusillades et trois meurtres depuis janvier 2020 mais aussi une augmentation des violences faites aux femmes et de la violence subie dans les transports.

Encore plus de police municipale et de caméras

Des attaques à l'arme de guerre (tirs de kalachnikov) et des règlements de compte essentiellement liés au trafic de drogue où les points de deals se sont multipliés. Une situation que n'est pas censée gérer la police municipale et à laquelle la police nationale n'est plus en mesure de faire face compte tenu de ses moyens. "La PM intervient tout autant et est même déviée de ses missions prioritaires à cause d'un manque d'effectif de la PN", explique Richard Schieven. Et c'est pour justement obtenir davantage de moyens que les élus locaux vont déballer devant le ministre tous les efforts fournis en moyens humains et matériel pour la police municipale depuis trois mandats.

Richard Schieven, adjoint à la sécurité de la ville de Nîmes (Photo Corentin Corger)

Avec 164 policiers municipaux contre 74 en 2001, Nîmes a le premier effectif de France pour les villes de moins de 200 000 habitants. "On espère atteindre les 190 d'ici 5 ans", annonce le nouveau Monsieur sécurité. Jean-Paul Fournier veut aussi mettre en avant le deuxième parc de vidéosurveillance du pays composé de 433 caméras qui ont permis 690 interpellations en 2019. Tous les appareils endommagés, notamment dans le quartier Pissevin, vont être changés et installés en hauteur (sur pylône) pour éviter à nouveau une détérioration. Et puis les plus obsolètes doivent être remplacés.

Un travail déjà onéreux qui n'empêche pas la municipalité de vouloir étoffer encore sa gamme avec 30 rues judicieusement sélectionnées. "Ça m'étonnerait que l'État nous donne du budget pour les caméras", assure Richard Schieven. Mais ce n'est pas pour cela que les élus font l'aller-retour en TGV ce mercredi. Une plateforme commune de demandes et de propositions a été établie après concertation des présidents des groupes politiques du conseil municipal mais aussi auprès des acteurs associatifs. En premier sur la liste, un audit de la sécurité pour une cartographie de la délinquance afin d'adapter les forces en fonction des besoins.

Être classé "ville de type A"

La principale requête concerne l'affectation de moyens supplémentaires pour la police nationale. Disposer d'un effectif renforcé qui soit surtout remplacé en cas de départs à la retraite ou de mutations. Pour que cette condition soit systématique il faut que la ville soit classée de type A. Ce qui n'est pas le cas. Il va donc falloir convaincre Gérald Darmanin ce qui permettrait en plus à la municipalité d'obtenir un déplacement urgent de forces supplétives en cas d'événements graves.

"On a tous les arguments pour passer en type A en fonction du flux de population, du volume des événements organisés et du niveau de la délinquance", assure le Castrais d'origine, retraité après 33 ans de service à la police nationale. Des besoins humains mais aussi matériel : "Les véhicules sont vétustes et pas adaptés aux interventions modernes. Ils doivent être plus puissants", poursuit notre interlocuteur. Il ne dédouane pas la responsabilité du Président républicain Nicolas Sarkozy, qui avait diminué le nombre de fonctionnaire sous sa mandature : "On en paye un petit peu les pots cassés."

Le maire, Jean-Paul Fournier, lors d'une visite auprès de la police municipale (Photo DR ville de Nîmes)

Des renforts pour avoir "une présence quotidienne" dans ces quartiers sensibles afin d'obtenir de vrais résultats. Après la réalisation du projet ANRU, la Ville envisage d'installer un poste de police dans le quartier de Pissevin. Un autre devrait voir le jour, certainement avant, en centre-ville. Jean-Paul Fournier milite également pour la création d'un "Groupement d'intervention départemental" calqué sur le modèle qui existe déjà au niveau régional avec la collaboration d'agents sur le plan pénal, fiscal, douanier et administratif. "Ce serait utile pour lutter contre l'économie souterraine, on serait précurseur", précise Richard Schieven.

Violences faites aux femmes : subventions et hébergements

Ce dernier va aussi plaider pour sa nouvelle paroisse en demandant la signature d'une convention permettant aux agents de la municipale de pouvoir effectuer des contrôles d'identité et accéder à certains fichiers plus rapidement sans avoir à passer par différents intermédiaires. Les discussions vont aussi tourner sur la problématique des violences faites aux femmes. Le premier édile réclame des subventions pour les associations de lutte dans le cadre des dotations annoncées par Marlène Schiappa, Secrétaire d'État chargée à l'égalité entre les hommes et les femmes. "Qu'elles ne soient pas oubliées !", prévient l'adjoint à la sécurité.

Un souhait également d'obtenir des hébergements d'urgence supplémentaires pour les victimes et d'être ville pilote du "Plan Angela". Il s'agit de créer un réseau de commerces où une femme violentée peut s'adresser pour être aiguillée dans un centre adapté. De nombreuses revendications que le ministre va écouter mais sur lesquelles il ne devrait pas donner de réponses sur le champ. Pour son premier défi depuis qu'il a été nommé "dans une situation compliquée", Richard Schieven espère obtenir quelque chose. À l'instar du maire de Grenoble, Éric Piolle, qui s'est rendu lundi au même ministère : "Il est ressorti avec 14 policiers nationaux supplémentaires. Pour une ville plus grande on peut estimer en avoir autant, voire plus." On devrait très vite être au jus !

Corentin Corger

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