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FAIT DU JOUR Aloïs Chabassut, le dernier des Mohicans

Portrait d'un joueur aussi attachant qu'attaché à ses racines.

Alois Chabassut OAC
Aloïs Chabassut à l'entraînement au stade Pibarot, trois jours avant le déplacement à Blagnac. (Photo Corentin Migoule)

À 31 ans, ce pur cévenol entame sa vingt-et-unième saison avec l’Olympique d’Alès en Cévennes. Fidèle et bon camarade, le latéral droit est le dernier rescapé d’un renouvellement des générations qui a entraîné le départ des figures emblématiques du club.

Après un match nul à Balma et une défaite dans le derby face à Beaucaire, l’OAC n’a pas entamé  son opération montée de la meilleure des manières. La réserve du Toulouse Football Club, qui occupait le fauteuil de leader au moment de sa venue à Pibarot, avait tout de l’adversaire idéal pour sombrer, ou se relever ! Emmenés par un Aloïs Chabassut intenable, les Cévenols ont décroché leur première victoire de la saison (4-3), au terme d’un match épique durant lequel cinq buts ont été marqués en six minutes.

Brassard épinglé au bras, Chabassut sera-t-il le capitaine d’un soir ? Si l’on ne devait se fier qu’à sa fidélité, celui qui entame sa vingt-et-unième saison sous le maillot bleu et blanc mériterait de ne plus le céder. Mais l’humilité de l’intéressé plaide pour que son capitanat ait été une exception : « Le capitaine habituel, c’est Aïssam Fadil. Je ne suis pas quelqu’un qui aime avoir des responsabilités, mais quand on te donne le brassard c’est une fierté. »

Reconverti latéral droit depuis plusieurs saisons, Chabassut se verrait bien finir sa carrière à Alès, à moins qu’il n’opte pour une dernière pige sous le maillot Rouge et Noir de Saint-Hilaire-de-Brethmas où il réside. Ce plombier de formation, qui travaille désormais au service patrimoine de la mairie d’Alès, a tout fait pour ne pas s’éloigner de ses Cévennes natales. La tentation d’une signature au Nîmes Olympique est forcément arrivée comme pour la plupart des adolescents talentueux du bassin alésien, mais le Saint-Hilairois l’a balayée d’un revers de main : « J’ai commencé à travailler jeune, à 16 ans, et c’était compliqué pour les trajets. »

« Plus que des ex-coéquipiers, des amis »

Aurait-on pu le voir évoluer à l’échelon supérieur ? Peut-être bien, car celui qui a commencé sa carrière au poste d’ailier possède de vraies qualités d’endurance et de vitesse que l’avancée en âge n’a pas trop altérées. Au terme de la saison 2018/2019, le droitier de 31 ans a bien failli goûter au championnat de National 2 (ex-CFA), mais l’équipe, solidement installée en tête du classement à mi-course, a fini par craquer.

Si l’on en croit le discours ambitieux des dirigeants alésiens qui visent un retour en National (3e division) d’ici cinq ans, Aloïs Chabassut pourrait réaliser une performance qu’il n’a pas su accomplir avec sa bande "d’irréductibles cévenols" dont il est le dernier représentant. Car la génération Favier, Ferreira, Evesque et Ritas n’est plus là, mais la simple évocation de ces noms émeut le trentenaire : « Ce sont plus que des ex-coéquipiers, ce sont des amis. On s’appelle tous les week-ends. Ça m’a fait mal de les voir partir mais je suis fier d’avoir fait partie de cette équipe. »

« Niveau dancefloor, c’est eux les meilleurs »

Une fierté partagée par son ami Julien Ritas, désormais retraité après de longues années à solidifier la charnière centrale alésienne : « Aloïs c’est un mec de club, généreux, toujours de bonne humeur et serviable. Quand on a besoin de quelque chose, il est là. » Car l’intéressé accorde beaucoup d’importance à "l’état d’esprit" : « À notre niveau, on a tous plus ou moins les mêmes qualités footballistiques. Ce qui fait la différence c’est la tête, la cohésion du groupe. » Juliano Ramos Silva et Hamed Ismaili sont là pour y veiller : « Niveau dancefloor, c’est eux les meilleurs », balance Chabassut, rieur.

Appréciant le renfort du staff médical traduit par l’inédite mise à disposition de deux kinés, le latéral droit partage l’ambition de ses dirigeants : « Que ce soit en quantité ou en qualité, on a un super groupe, y compris dans l’état d’esprit. On le voit à chaque entraînement, tout le monde arrive avec le sourire. C’est ce qui va nous permettre de faire un beau parcours en Coupe de France et peut-être d’accrocher la montée. » Remporter le premier succès à l’extérieur de la saison en battant Blagnac cet après-midi (18 heures) serait un bon moyen de joindre les actes à la parole.

Corentin Migoule

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