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FAIT DU JOUR Aux Sénatoriales, la Droite met en échec le président du Département

À l'annonce du résultat, Vivette Lopez embrasse Laurent Burgoa. Les deux candidats ont été élus sénateurs du Gard. Le troisième siège étant attribué à Denis Bouad (Photo : Coralie Mollaret)

Dans le Gard, trois sièges de sénateur étaient à pourvoir, ce dimanche. La liste Les Républicains conduite par la sortante Vivette Lopez est parvenue à conserver deux sièges. Au grand dam du président du Conseil départemental, Denis Bouad. 

Des larmes de joie, ce dimanche, en préfecture. Il aura fallu attendre 20 heures pour que les résultats des Sénatoriales du Gard soient proclamés. Dehors, sur le parking, un parterre d’élus connaissaient déjà le verdict. La liste « Ensemble, faisons rayonner le Gard, terre de caractères » de Vivette Lopez, est arrivée en première position avec 671 voix sur les 1 896 votants (*). Seule femme tête de liste, la sénatrice Les Républicains permet ainsi à son colistier, l’adjoint et élu départemental nîmois Laurent Burgoa, de décrocher son ticket pour le Sénat.

Les clefs de la victoire de la Droite

L’enjeu du scrutin était bien là : qui de la Droite ou de la Gauche décrocherait un deuxième siège ? Sur ce même parking, le président du Conseil départemental fait grise mine. Tête de liste « Le Gard passionnément », Denis Bouad a certes été élu sénateur mais lui aussi souhaitait obtenir ce deuxième siège au Palais du Luxembourg pour y envoyer sa colistère et vice-présidente au Département, Carole Bergeri. Seulement avec ses 672 voix, les neufs petites voix qui le séparent de Vivette Lopez sont impitoyables.

Le 4 septembre, lors de la conférence de presse de Gérard Larcher  (Photo : Coralie Mollaret)

« Je suis très heureuse et très fière. Je me suis beaucoup battue. J’ai quand même gardé les deux sièges et j’ai surtout battu le président du Conseil départemental », se réjouit Vivette Lopez. La sénatrice a bénéficié des voix des grands électeurs des villes d’Alès et de Nîmes ainsi que de ceux de Villeneuve-lez-Avignon ou de Saint-Gilles, gérées par des équipes de Droite.

Sa campagne de proximité a certainement joué en sa faveur : « Depuis juin j’ai fait 6 000 km. J’ai rencontré 230 maires », souligne-t-elle. La visite du président du Sénat, Gérard Larcher, aura sans doute aussi aidé. La Droite a été la seule à organiser une réunion publique abordant des thèmes de fonds comme la sécurité des élus ou la future loi de décentralisation, dont l’examen débute en novembre.

L’échec de la Gauche

 Son alliance avec l’adjoint nîmois Laurent Burgoa a été dans certains cas un plus. Lui l’homme de dossiers, elle l’élue spontanée et de proximité. Le tandem a séduit. « Il faut dire merci à toute notre liste, à l’ensemble des colistiers et nos collaborateurs ainsi qu'à cette union de la Droite et du Centre qui nous fait gagner ce soir », martèle Laurent Burgoa.

L’union ? Enfin presque... Entre 2014 et 2020, la liste de Droite a quand même perdu une cinquantaine de voix. Ces grands électeurs se sont certainement tournés vers Stéphane Cardenes. Le sénateur sortant, élu en 2014 sur la liste de Jean-Paul Fournier, a récolté à lui seul 170 voix. Un score honorable pour le directeur de l’habitat de la ville d’Avignon. 

Le président du Conseil départemental, Denis Bouad a été élu sénateur du Gard avec 663 voix (Photo : Coralie Mollaret)

La victoire de Vivette Lopez, c’est aussi l’échec du président du Conseil Départemental. Sur le papier, Denis Bouad avait des chances de rafler deux sièges. Cela fait depuis 1988 et Alain Journey qu’un président du conseil départemental n’avait pas été candidat aux Sénatoriales. « Ces élections sont des élections taillées pour le président du Département qui, dans le cadre de ses fonctions, est en relation avec les maires », commentait à la sortie du bureau de vote, le secrétaire départemental du Parti communiste français, Vincent Bouget. La candidature de Denis Bouad était d’autant plus prometteuse, qu’elle présentait l’union avec les communistes et les écologistes. 

« On avait une belle liste d’union. On est peut-être parti un petit peu tard… », a commenté Denis Bouad. Ce retard, il le doit à l’imbroglio autour du choix de la candidature PS. Investi par les militants, son vice-président du Conseil départemental, Alexandre Pissas, a vu son investiture retirée. L’édile a toutefois maintenu sa candidature, rassemblant - comme Stéphane Cardenes - plus d’une centaine de suffrages (118 voix). Ces voix ont incontestablement manqué à la Gauche. « On perd de neuf voix le deuxième siège, ce n’est pas énorme », relève Denis Bouad. 

Quelles conséquences au Département ? 

Alexandre Pissas, le caillou dans la chaussure de Denis Bouad ? En 2015, le maire de Tresques et président des pompiers du Gard lui avait déjà donné du fil à retordre… Le résultat du scrutin de dimanche risque de bousculer les équilibres du Conseil départemental. Dans les six listes en lice pour le Sénat, quatre candidats sont élu au Département. Élu au Sénat, Denis Bouad doit démissionner le 27 octobre. Qui lui succédera au Département ?« À chaque jour suffit sa peine. Mon souci aujourd’hui, c’est de préparer les modifications du budget du 22 octobre. Après, on se préoccupera de ma succession » , botte en touche Denis Bouad. 

En majorité relative, chaque vote des 46 conseillers départementaux est délicat. Alexandre Pissas, déçu de ne pas être élu sénateur, pourrait-il se venger ? Serait-il capable de rejoindre les rangs de la Droite pour faire basculer le Conseil départemental, lors de la désignation du successeur de Denis Bouad ? « Moi je n’y crois pas, commente le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier. En 2015, on avait bien essayé de le récupérer, mais ça n’a pas marché… » Enfin, si les Sénatoriales ne préjugent en rien du score des Départementales de mars prochain - au suffrage direct -, leur résultat ne serviront pas vraiment de dynamique à la Gauche de Denis Bouad.

Coralie Mollaret 

coralie.mollaret@objectifgard.com

* Sur les 1 912 grands électeurs inscrits ; 1 896 votants ; (dont 16 blancs ; 23 nuls).

Et aussi :

Laurent Burgoa va démissionner. Adjoint à la Ville de Nîmes à la Rénovation urbaine et la tauromachie, Laurent Burgoa abandonnera, d’ici un mois, son mandat municipal. Élu sénateur, l’élu Les Républicains ne peut cumuler deux mandats exécutifs. C’est le numéro 43 de la liste de Jean-Paul Fournier, Emmanuel Carrière, qui prendra sa place au conseil municipal. Laurent Burgoa sera de nouveau candidat sur son canton de Nîmes 3 pour les Départementales de mars 2020. 

Laurent Burgoa, le Sénat, rien que le Sénat. L'élu nîmois a ajouté sur son avenir politique : « J’ai voulu être sénateur, c’est un très bon mandat. Si je peux en faire un second et un troisième, ça sera avec plaisir. Il ne faut pas courir divers chevaux à la fois. » Autrement dit : Laurent Burgoa ne sera pas candidat à Nîmes aux municipales de 2026. 

Gard : le clivage Droite-Gauche reste de mise. Les Sénatoriales 2020 ont aussi marqué la réaffirmation du clivage entre la Droite et la Gauche. Aux dernières municipales, le parti présidentiel LREM a échoué à faire élire des maires et conseillers municipaux. Cet échec se retrouve naturellement dans les élections Sénatoriales, les élus des communes constituant principalement le corps électoral gardois.

Légère progression du Rassemblement national. Le maire RN de Beaucaire, Julien Sanchez, était candidat pour la deuxième fois aux Sénatoriales. Entre 2014 et 2020, sa liste « Pour le rééquilibrage territorial » a progressé d'une vingtaine de voix, atteignant le score de 203 voix. « Nous n’avons que 72 grands électeurs sur 1 900. Nous avons triplé notre corps électoral », souligne le candidat, ajoutant : « Il y a un problème démocratique dans notre pays. Le Rassemblement national fait 40% des voix. Sans proportionnelle, les règles électorales sont injustes et ne représentent pas le vote des citoyens de ce territoire. » 

36 voix pour Zakaria Moukite. Inconnu des grands électeurs, la tête de liste « Écologistes libres, ni de droite, ni de gauche », Zakaria Moukite, a récolté 31 voix. Des suffrages précieux dans un scrutin où chaque voix a compté. 

Etiquette

Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

3 réactions sur “FAIT DU JOUR Aux Sénatoriales, la Droite met en échec le président du Département”

  1. Election de BURGOA = élection de l’impuissance, du rien faire, de l’incompétence et de l attentisme, pauvre république qui chaque jour s enfonce de plus en plus avec un personnel politique de plus en plus médiocre
    .Ne rions pas du Liban nous en sommes très proche il manque juste la corruption.
    Qu’a réalisé BURGOA dans sa vie? espérons que….

  2. Seulement 9 voix séparent la liste de droite et du centre face à celle socialo-communiste. La marge est étroite et appelle réflexion. Certes le tandem Lopez/Burgoa avait des atouts grâce à la forte personnalité de ces 2 candidats bien établis. Mais l’on peut s’interroger sur ce qu’aurait été le résultat si cette liste droite/centre n’avait pas reçu l’appui d’une grande part de l’électorat centriste, même si ce dernier a figuré aussi de façon honorable sur l’autre liste centriste de Mr Cardènes (ex-Président du MoDem du Gard). La preuve, au travers de cette élection, est établie que la droite ne peut gagner que si elle a l’appui de l’électorat centriste. Ceci est incontestable. Or, curieusement, la Ville de Nîmes a cette spécificité que sa municipalité s’évertue à chasser les centristes de ses rangs avec ténacité. Le duel Fournier/Lachaud n’était qu’un épisode épique entre ces deux personnalités, mais ce duel se poursuit aujourd’hui de la même façon entre les élus LR et les représentants des courants centristes. Nul ne peur nier l’existence de ces derniers. Il faudra bien qu’un jour raison revienne à ces combats d’un autre âge qui, s’ils devaient perdurer, mènerait à la chute de la droite au profit des extrêmismes aux aguets. Évidemment, cela demandera à certains combattants attardés d’avaler péniblement leur manche à balai. Mais ce sera la seule condition s’ils ne veulent pas être balayés eux-mêmes par les courants qui tourbillonnent dans les travées du pouvoir. Cette élection tendue en est la démonstration.

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