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SÉNATORIALES Ce qui se cache derrière l’investiture socialiste de Denis Bouad…

Le président du Conseil départemental, Denis Bouad (Photo : Coralie Mollaret)

C’est officiel : le président du Conseil départemental, Denis Bouad, a été choisi pour défendre le Parti socialiste aux Sénatoriales de septembre. Une investiture qui n’est pas sans condition… 

Il aura fallu plus d’une semaine au parti à la rose pour se dégager de toutes ses épines. Investi en juillet par les militants, le maire de Tresques et vice-président du Conseil départemental, Alexandre Pissas, a finalement vu son investiture retirée ! Un coup de théâtre de la direction nationale, rendu officielle ce mardi. Pour l’élu du canton de Bagnols/ Cèze, c'est un deuxième coup de couteau, après le retrait du soutien du Parti socialiste aux Départementales de 2015. 

La position de l’état-major socialiste

Le choix de l’état-major socialiste s’explique par plusieurs raisons. Difficile d’abord de se mettre à dos le président du Département. Depuis la déroute de 2017, le parti en reconstruction ne peut se permettre de perdre un exécutif local qui plus est, courtisé par La République en marche. En effet, le parti présidentiel - et son représentant dans le Gard Rhodanien, Jérôme Talon - regarde avec gourmandise les bisbilles socialistes, espérant récupérer dans ses filets le président gardois. 

Autre volonté du PS national : conserver un sénateur dans le Gard, voire deux, par le biais d’une liste d’union. C’est pourquoi, samedi soir, le Parti communiste du Gard s’est fendu d’un communiqué annonçant son ralliement à Denis Bouad. Et ce, avant même que le PS n’ait officiellement annoncé son choix. L’élu PCF de la Grand’Combe, Patrick Malavieille, occupera donc la troisième place de la liste. Le secrétaire départemental, Vincent Bouget, a revu sa copie. Lui qui ne souhaitent pas que les communistes soient des « porteurs d’eau » a finalement laissé la deuxième place à l'élue départementale (sans étiquette), Carole Bergeri.

Les Départementales dans le viseur

En échange, le PS, PCF et Europe écologie-les verts partiront unis aux Départementales de mars 2021. Au sein de la collectivité, les communistes disposent de six élus sortants, sachant qu’une liste d’union pourrait grossir l’effectif. Dans la même veine, les écologistes ont aussi rejoint Denis Bouad, espérant, quant à eux, obtenir quatre conseillers départementaux contre deux actuellement. « Cette union, c’est aussi le signe de la reconstitution du clivage Droite-Gauche car jusqu’à preuve du contraire, Denis Bouad conduit bien une politique de Gauche au Département », souligne un observateur avisé.  

Qu’en est-il du président de Denis Bouad qui s’est émancipé des règles de son parti en ne participant pas au processus de désignation des candidats ? L’élu a d’abord été rattrapé par ses camarades du PS dont l’ancien ministre et aujourd’hui président du groupe PS au Sénat, Patrick Kanner. De quoi faire réfléchir le Blauzacois qui a bâti ses 30 ans de carrière politique sous les couleurs du PS. 

Une candidature dissidente ferait désordre auprès des grands électeurs. Car n’oublions pas que dans six mois se joue les élections départementales. Et pour Denis Bouad, président sortant, ça compte aussi. L’édile - certainement plus à l’aise en terres gardoises qu’au Palais du Luxembourg - aimerait sans doute revenir à la présidence du Département en mars 2021. Et quoi de mieux que l’union et le soutien de son propre parti pour y parvenir ?

Les attentes de la fédération PS 

Dans ce jeu de négociation entre la direction nationale et les élus Gardois, la fédération entend aussi défendre ses intérêts. Le premier fédéral, Jean Denat, a posé un certain nombre de conditions pour faire comprendre que dans un parti, il y a des règles à respecter. Le maire de Vauvert tient d’abord à ce que son camarade s’acquitte des quelques milliers d’euros de cotisations d’élus qu'il doit à la maison Jaurès.

La fédération et ses militants - qui ne sont pas tous au cinquième étage du Département - veulent aussi compter aux prochaines élections Départementales, en ayant l’assurance d’être autour de la table et même d’avoir le droit de choisir quelques candidats. Enfin, le premier fédéral et sa direction nationale se rejoignent sur un dernier point : avoir l’assurance qu’en cas de victoire le 27 septembre, la colistière du président Bouad, Carole Bergeri, siégera bien dans le groupe "socialistes et apparentés" au Sénat. L’avenir dira si cet accord entre les partis sera respecté. 

Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com 

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Coralie Mollaret

Journaliste Reporter d'Images pendant un an à Marseille, j'ai traversé le Rhône voilà quelques années pour vous informer en temps réel sur l'actualité Gardoise…

1 commentaire sur “SÉNATORIALES Ce qui se cache derrière l’investiture socialiste de Denis Bouad…”

  1. Voilà une preuve s’il en fallait une que le PS national et gardois n’a pas changé : il n’y a à manger que pour les mêmes ! La « clique » sévit encore.
    Les militants? Ils s’en foutent !
    Payer leurs cotisations ? Ils s’en foutent !
    Le socialisme ? ils s’en tamponnent le coquillard !
    L’essentiel, c’est la gamelle !
    Et les cocos ?
    Grands discours sur l’estrade, lutte des places en coulisse. Çà vaut pas mieux. C’est pas grave, ils vous diront que -promis, juré- ils se battront pour « un budget de résistance », même s’il est aussi rigoureux qu’un budget de droite. Et tant pis pour la classe ouvrière.
    Pitoyables ! Pauvre Gard ! Pauvre France ! Pauvres de nous !

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