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FAIT DU JOUR Un ambitieux projet de recherche pour mieux prévoir les épisodes cévenols

La convention de recherche "Méditerranée" a été signée ce mardi matin à la Grande-Motte en présence de la ministre de la Mer, Annick Girardin (au centre, au premier plan) (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Le récent épisode cévenol qui a frappé durement notre département il y a un peu plus de deux semaines le montre : il existe une marge de progression dans la prévision des phénomènes météorologiques.

Ce mardi matin, à l’occasion du Salon du littoral à la Grande-Motte (Hérault), un ambitieux projet de recherche, le projet "Méditerranée", qui implique notamment le lancement d’un satellite, a officiellement démarré à la faveur de la signature d’une convention. La convention lie l’université de Montpellier, la fondation Van Allen, qui dépend de l’université et qui est présidée par l’ancien ministre Jean-Claude Gayssot, l’école d’ingénieurs ENSTA Bretagne, l’IGN, Météo France et le port de Sète Sud de France, et elle a été signée en présence de la ministre de la Mer, Annick Girardin.

« La mer doit être un territoire de solutions », avance la ministre. Cela pourrait résumer la démarche entamée avec cette convention. L’idée est simple, en tout cas en théorie : dans le cadre de ses prévisions météorologiques, Météo France utilise une technique à l’aide du GPS. Concrètement, le temps de transmission de données GPS vers le sol permet de déterminer notamment la teneur en humidité de l’air.

La mer, cet angle mort

Or, « nous avons toutes les heures 10 000 à 15 000 observations sur la terre, mais rien sur la mer », pose le directeur scientifique de Météo France, Marc Pontaud. L’enjeu de ce nouveau projet et de bénéficier de relevés en mer, à l’aide de stations installées sur des bateaux croisant en Méditerranée que le port de Sète aura la charge de trouver. Ces stations enverront les données à un satellite conçu par le Centre spatial universitaire de Montpellier, sur lequel travaillent notamment des étudiants de l’IUT de Nîmes, pour en finir avec cet angle mort.

« Ce satellite est un facteur, explique le directeur du Centre spatial universitaire de Montpellier et de la fondation Van Allen, Laurent Dusseau. Le satellite va servir à faire la collecte de données directement depuis les bateaux. Il va récupérer les données à chaque fois qu’il passera au-dessus de la Méditerranée pour les transmettre à l’IGN qui va les traiter. » L’IGN travaille déjà avec Météo France sur la version terrestre de ce système, et est donc naturellement impliquée dans son volet maritime, tout comme l’ENSTA Bretagne.

« L’IGN met à disposition ses algorithmes de calcul pour faire des pointés précis de la position des balises », précise le directeur territorial sud-est de l’IGN, Pierre Laulier. Un projet qui en est encore au stade de la recherche. « C’est une démonstration. Nous voulons voir si nous sommes capables d’extraire une information pertinente des GPS en mer pour en sortir une information météo », note le directeur scientifique de Météo France. Car si ce principe est éprouvé sur terre avec des stations fixes, il faut l’éprouver en mer. « C’est un vrai challenge technique et scientifique », résume Marc Pontaud.

Le but est simple, « mieux anticiper les épisodes climatiques pour mieux protéger les personnes et les biens », rappelle la ministre de la Mer, Annick Girardin, qui salue l’ambition et le côté largement partenarial du projet. Un projet qui correspond aux axes de la recherche de l’Université de Montpellier, « nourrir, soigner, protéger, rappelle le président de l’université, Philippe Augé. Nous nous inscrivons dans ce troisième pilier, protéger. Nous le voyons sous l’angle de la protection de l’environnement, de la biodiversité, du cadre de vie, de la ressource et des populations. »

Les étudiants nîmois impliqués dans le projet

Reste maintenant à voir quand ce dispositif sera opérationnel à l’issue de la phase de recherche. Le satellite doit être lancé « théoriquement fin 2021, avance Laurent Dusseau. C’est sous réserve du covid car nous devions lancer deux satellites en juin dernier, et le lancement a été repoussé d’un an. » Le satellite du projet Méditerranée, qui ne fera que trente centimètres de long, sans compter les panneaux solaires déployables, sera quant à lui lancé « probablement depuis Soyouz (la base russe, ndlr) », précise le directeur du Centre spatial universitaire de Montpellier.

Le satellite sera réalisé notamment par des étudiants, en particulier ceux de l’IUT de Nîmes, qui travaillent aussi avec le Centre spatial universitaire. D’ailleurs, « nous ouvrons un diplôme bac+6 de développement de systèmes spatiaux à l’IUT de Nîmes, porté par l’école d’ingénieurs Polytech, en partenariat avec l’Université de Nîmes », précise Laurent Dusseau. Des étudiants qui auront, à terme, la satisfaction de travailler sur un projet qui pourra sauver des vies près de chez eux et pourquoi pas au-delà.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

Et aussi :

Météo France a plusieurs fers au feu : « Nous sommes en train de changer de paradigme », explique le directeur scientifique de Météo France, Marc Pontaud. Plus que de faire une prévision, il s’agit désormais « de décrire un univers des possibles puis de déterminer quelle prévision est la plus susceptible de se développer », poursuit-il. Avec l’aide de l’intelligence artificielle, l’enjeu est de jouer à plein le rôle d’aide à la décision pour les autorités. Par ailleurs, un nouveau satellite, qui n’aura rien à voir avec le projet "Méditerranée", doit être lancé en 2023.

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Thierry Allard

32 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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