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AUTOMOBILE Loris Cabirou, prodige en quête de la bonne formule

Loris Cabirou regoûte volontiers à quelques tours de pistes en karting lors de ses séjours alésiens. (Photo Corentin Migoule)

À 15 ans, après une carrière tonitruante en karting, le jeune alésien a fait ses débuts en Formule 4, un pôle espoir où se côtoient les meilleurs pilotes adolescents qui aspirent à atteindre le Graal : un baquet dans une monoplace en F1. 

« Je crois que l’on apprend et que l’on progresse sans arrêt. Nous sommes sans cesse mis à l’épreuve », clamait Ayrton Senna, triple champion du monde Formule 1. Mis à l’épreuve, Loris Cabirou, qui adule la légende brésilienne, l’est à chacune de ses sorties en monoplace. Car le jeune alésien de 15 ans, qui a brillé en karting en gagnant presque tout ce qu’il était possible de gagner, a franchi un nouveau pallier en faisant ses premiers pas en Formule 4 au mois d’août dernier.

Raccourcie et condensée avec sept meetings comprenant chacun trois courses, la saison avait bien commencé pour le prodige cévenol qui décrochait une prometteuse 5e place en qualifications à Nogaro. Mais des faits de course défavorables « et des erreurs de ma part », dixit l’intéressé, lui ont rappelé que comme l’indiquait son idole, son apprentissage et sa progression sont en cours dans une catégorie exigeante, véritable pôle espoir, où l’on ne reste en général pas plus de deux ans, destiné à détecter les futurs Charles Leclerc ou Max Verstappen.

Loris Cabirou au volant de son bolide. (Photo DR)

Le meeting suivant, sur le circuit de Magny-Cours, transformait les promesses en palmarès puisque Loris Cabirou décrochait son premier podium avec une deuxième place obtenue en course 2. Après un passage du karting, qu’il pratique depuis ses 4 ans, à la monoplace avec un temps d’adaptation éclair, l’Alésien marque un peu le pas.

Champion de France en Caterham en 2002 et propriétaire de l’une des plus belles pistes de karting d’Europe située au Pôle Mécanique de Saint-Martin-de-Valgalgues, Sébastien Cabirou, analyse d’un œil expert les performances de son fils : « Il a des qualités d’attaque avec des prises de risques très tôt dans la course. Il s’est adapté rapidement à son nouvel environnement mais là il plafonne un peu. Son point faible c’est le mental. Quand il va être dans la difficulté avec beaucoup d’informations qui lui parviennent au même moment, il ne va pas forcément faire les bons choix et se retrouver par conséquent au mauvais endroit au mauvais moment. » Une expertise que cautionne volontiers Loris, aussi fier qu’admiratif de la carrière de son paternel : « J’en apprends tous les jours avec lui. Je sais qu’il croit en moi, sinon il n’aurait pas fait tous les sacrifices qu’il a fait. »

Des courbes à 200 km/h

Le passé victorieux de son papa et les attentes qui pèsent sur ses frêles épaules d’adolescent ne sont-ils pas trop lourds à porter ? Marina, la maman, résume ainsi : « On ne lui met aucune pression directe mais on sait qu’on lui en met inconsciemment. Quoi qu’il arrive, on est déjà fiers de son parcours, de son implication à 200 %. Il est très exigeant avec lui-même et quand il sort avec des amis, c’est toujours pour pratiquer une activité autour du sport. »

Et du sport, le jeune pilote s'en inflige près de trois heures par jour dans le cadre du cursus sport-étude qu’il suit depuis la rentrée dernière. Une filière qui le contraint à l’exil quatre jours par semaine puisque cette école implantée au Mans (Sathe) est réservée à une quinzaine d’adolescents aspirant à une carrière dans le sport automobile.

Chaque jeudi soir, Loris Cabirou monte dans un train qui le mène à Alès où il se ressource auprès de sa famille et d’amis qu’il ne quitte que le dimanche soir venu, après un passage entre les mains de son kiné et avec la conviction que la Sarthe est le meilleur endroit pour réaliser son rêve : celui de vivre de sa passion.

« On a tout pour réussir là-bas. On a un coach sportif à disposition pour le renforcement musculaire avec un programme personnalisé. C'est indispensable pour muscler le cou qui subit beaucoup de chocs, mais aussi les bras et les épaules pour maintenir le cap à 200km/h dans les courbes. » Et d’ajouter : « En course il ne faut pas perdre la concentration du début à la fin. Or un déficit physique serait préjudiciable car on va penser à la douleur au lieu de penser à ce qu’on doit faire avec la voiture. »

Ses récentes performances ne lui permettront sans doute pas de décrocher la prime de 100 000 euros délivrée par la Fédération française du sport automobile au premier d’un classement actuellement dominé par deux Japonais, mais le pilote alésien s’est rassuré en trustant régulièrement les six premières places. Actuellement 9e au général (un classement établi par un système de points obtenus en course identique à celui de la F1, NDLR), le pensionnaire de l’association sportive automobile d’Alès lorgne un podium qui lui échappe depuis Magny-Cours. Deux opportunités restent à saisir d’ici la fin du championnat 2020 : le meeting de Lédenon d'abord, à une cinquantaine de kilomètres de sa terre natale, du 6 au 8 novembre prochain, ou au Mans, sa terre d’adoption, le week-end suivant, lors du baisser de drapeau de la saison.

Corentin Migoule

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