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ALÈS Plus que jamais mobilisée, l’association La Clède se refait une beauté

De gauche à droite, Brigitte Agullo, agent de développement de La Clède, Vincent Meynier, Matthieu Cieplinski et Maïlys Migoule, travailleurs sociaux, aux côtés des membres du collectif Soroptimist. (Photo Corentin Migoule)

À l'ouvrage depuis près de quarante ans pour venir en aide aux victimes de violences conjugales et intrafamiliales notamment, l’organisme dirigé par Michel Bouquet s’est doté d’un nouveau dispositif.

Ainsi, à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes ce mercredi, l’équipe en charge de l’accueil de jour a présenté ses nouveaux locaux, parfaitement adaptés à la prise en charge des victimes.

Ils auraient volontiers opté pour une inauguration en bonne et due forme, mettant davantage en relief l’aspect chaleureux d’un lieu qui l’est tout de même mais, restrictions sanitaires obligent, c’est en petit comité que les membres de l’équipe en charge de l’accueil de jour et de l’hébergement de l’association La Clède ont reçu la presse locale ce mercredi. En l’absence du directeur de l’établissement, Michel Bouquet, excusé pour « une urgence administrative désobligeante », Vincent Meynier, directeur adjoint, a mené les débats. Avec une fierté non dissimulée, il a présenté le réagencement total du local de jour dédié aux victimes de violences conjugales.

Si les travailleurs sociaux de la Clède ont été à pied d’œuvre pendant une bonne partie du mois d’octobre pour livrer le chantier dans les meilleurs délais, ils ont aussi pu compter sur le soutien des membres des ateliers de réinsertion de la structure, qui ont confectionné le mobilier. Le résultat : un espace cosy, épuré, au ton doux et au sein duquel la présence de plantes donne à l'ensemble une tonalité rassurante.

« La chaleur du lieu n’a rien d’anecdotique. Elle participe à la qualité de l’accueil et met dans les meilleures dispositions les victimes qui arrivent souvent avec un plan psychologique très dégradé », expose Vincent Meynier. Et de poursuivre : « Ça contribue au fait que les victimes puissent se rencontrer et échanger entre elles, car c’est une ressource de pouvoir croiser des personnes qui ont le même vécu que soi et de pouvoir le partager sous les yeux attentifs et bienveillants de nos équipes. »

Un bureau adapté aux échanges confidentiels

À cet espace public, où les victimes de violences peuvent venir se reposer, échanger et bénéficier d’un accès à Internet, a été associé un espace bureau attenant, dédié à un temps d’échanges confidentiels entre le professionnel et la victime dans la poursuite d'un but ultime : enclencher chez cette dernière un processus de reconstruction identitaire. Cette rénovation d’envergure a été initiée de façon concomitante avec la création, au premier octobre, d’une équipe d’intervention mobile destinée à la prise en charge d’urgence des femmes victimes de violences sur le bassin alésien.

Présenté à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, ce double dispositif doit son existence en partie grâce aux dons (environ 2 000 euros) d’un partenaire : l’association Soroptimist, qui depuis près d’un siècle défend les droits des femmes et promeut l’égalité femmes-hommes. « C’est important de mettre en avant cette collaboration, qui dure depuis longtemps (près de 10 ans), et qui nous permet de répondre à des besoins très basiques, comme payer parfois des consultations chez le médecin aux victimes », resitue le directeur adjoint de La Clède.

Tandis que Nicole Sinagra, ex-présidente du club Soroptimist d’Alès soulignait la qualité de l’action menée par les équipes de La Clède, Vincent Meynier mettait en évidence les bienfaits du Grenelle des violences conjugales un an après sa création, responsable d’une « mobilisation de tous les acteurs. » Car la tendance nationale, qui fait état d’une recrudescence des cas de violences conjugales et intrafamiliales en plein confinement, ne semble pas s’appliquer à l’échelle locale. « En ce moment, on est sur une activité à peu près similaire à celle des années précédentes. En revanche, lors du premier confinement, on a hébergé 35 femmes en urgence. Ce qui signifie que sur deux mois on a accueilli la moitié du volume de personnes que nous accueillons normalement sur une année. »

« Mon rêve ultime c’est d’accueillir les victimes 24 heures sur 24 »

Cette augmentation du nombre d’actes de violences conjugales et intrafamiliales est à mettre en parallèle avec une libération de la parole enclenchée depuis plusieurs années, qui porte davantage les faits à la connaissance des autorités. Matthieu Cieplinski, travailleur social de La Clède, abondait en ce sens : « Oui il y a eu une évolution. Avant c’était le monde du silence. Maintenant les victimes parlent plus facilement même s’il y a encore du travail. »

D’autant que la nature des interventions relatives aux violences faites aux femmes a muté : « Pendant longtemps on parlait uniquement de femmes battues. Ce qui était visible, qui était repéré et accompagné, c’était la violence qui se voyait. Heureusement aujourd’hui on reconnaît d’autres formes de violences telles que la violence psychologique, la violence économique ou administrative et pour lesquelles la victime a le droit de porter plainte », dépeint Matthieu Cieplinski.

L’occasion pour le directeur adjoint de rappeler la récente adhésion de l’association à la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), porteuse du 3919, le numéro national de référence d'écoute téléphonique et d'orientation à destination des femmes victimes de violences et qui, pour la première fois, va occasionner dès demain une permanence téléphonique assurée par une employée de La Clède.

Opérationnelle en présentiel chaque jour du lundi au vendredi, de 9 heures à 19 heures, l’association alésienne, en plus de ses permanences à La Grand-Combe et à Anduze une fois par mois, maintient sa prise en charge téléphonique au 06 45 26 99 14. « Mon rêve ultime c’est d’être en mesure d’accueillir les victimes 24 heures sur 24, mais pour l’instant nous n’en n’avons pas les moyens », regrettait Vincent Meynier. Avant de conclure : « On dispose également d’un service qui mène un travail de sensibilisation auprès des auteurs de violences avec la poursuite d’un but majeur : réduire le risque pour les victimes. »

Corentin Migoule

Plus d'informations sur le site de La Clède. Accueil de jour pour femmes victimes de violences avec ou sans rendez-vous au 8, rue Romain-Rolland, à Alès.

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