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FAIT DU JOUR Le Gard, département de tous les risques

Samedi 19 septembre 2020, touché par un important épisode cévenol, le nord du Gard faisait la Une des journaux télévisés. Deux mois pile auparavant, les sapeurs-pompiers étaient mobilisés sur un feu de forêt non loin de là, à Générargues. Le répit est parfois de courte durée dans ce département qui est l’un des plus exposés aux risques majeurs en France.

Le bilan de la crue du samedi 19 septembre dernier est lourd. Deux morts. L’état de catastrophe naturelle pour inondations et coulées de boue est reconnu dans 23 communes. Des maisons et des commerces ravagés. Des ponts partiellement détruits. À Valleraugue, 560 mm de pluie sont tombés entre 8 et 11h, selon l’observatoire français des orages et des tornades, Keraunos. À titre de comparaison, 360 mm de précipitations ont été enregistrés à Paris depuis le 1er janvier 2020.

Tout le monde se rappelle bien sûr des terribles inondations de 2002, causant la mort de 23 personnes et se chiffrant à 830 millions d’euros de dégâts, 7 200 logements et 3 000 entreprises sinistrés. Pour éviter un tel drame, la préfecture procède depuis, grâce notamment via le fonds Barnier, à l’acquisition des biens des propriétaires habitant les zones les plus sensibles. Tous sont indemnisés et leurs maisons détruites pour écarter tout danger en cas de montée des eaux.

Il y a aussi eut 1958, 1988, 2003… Pas moins d’une trentaine d’événements diluviens (plus de 200mm/24h, NDLR) ont été recensés en 50 ans dans le département. La particularité étant que la totalité des communes est soumise au risque inondation. Entre 2008 et 2018, ce sont 200 plans de prévention des risques inondation (PPRI) qui ont été approuvés sur le territoire. Celui de Nîmes-Cadereaux inclut le dispositif Nîm’Alabri pour les personnes possédant un bien en zone submersible. Il s’agit d’un diagnostic et de conseils gratuits pour réaliser des travaux de mitigation ainsi qu’une assistance dans le montage des dossiers de demande de financement.

Des records de chaleur attisant les incendies

Si tout Gardois s’est déjà retrouvé les pieds dans l’eau, beaucoup ont déjà été confrontés aux incendies. Anduze, particulièrement touchée par la dernière crue du Gardon, a vu de près les flammes cet été. 20 hectares ont brûlé près de la Bambouseraie, à Générargues, juste à côté. L’année dernière, à une toute autre échelle, 800 hectares avaient été dévastés par les flammes à Générac et un pilote de la Sécurité civile avait perdu la vie dans le crash de son tracker alors qu’il essayait de circonscrire l’incendie.

Il faut resituer que l’été 2019 avait été particulièrement chaud, battant tous les records de température avec 45,9°C à Gallargues-le-Montueux le 28 juin. 60 départs de feu avaient réduit en cendres 620 hectares et mobilisé plus de 700 sapeurs-pompiers ce jour-là. Ces derniers incidents viennent nuancer le rapport de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) en date de 2013, où on constatait justement que les feux étaient en régression régulière depuis trente ans. « La surface brûlée moyenne annuelle était de 1 870 hectares entre 1980 et 1989, 576 hectares entre 1990 et 1999 et 311 hectares entre 2000 et 2004 », pouvait-on lire.

Mais les inondations et les feux ne sont pas les seuls événements majeurs dans le Gard. Sur les huit principaux risques naturels prévisibles en France, le département en compte quatre (lire ci-dessous). Assez surprenant, les littoraux du Grau-du-Roi et d’Aigues-Mortes sont exposés à l’éventualité d’un tsunami. Eh oui ! Même si aucun cas n’a été observé jusqu’ici. La submersion marine est directement liée au risque sismique. La terre aurait tremblé une centaine de fois dans le Gard et à proximité immédiate depuis 1980 sans que les habitants ne le ressentent. La magnitude enregistrée va généralement de 2 à 3 sur l’échelle de Richter. Néanmoins, une forte secousse survenue le 11 novembre 2019 au Teil (Ardèche) à proximité des deux centrales nucléaires de Tricastin et Cruas, avait été ressentie jusqu’à Nîmes, en passant par le Gard rhodanien.

Plusieurs établissements classés "Seveso" dans le Gard

D’ailleurs, le risque nucléaire fait aussi partie du lot gardois avec l’implantation du site de Marcoule, formé par quatre réacteurs à l’arrêt, des laboratoires et des usines (CEA, Melox, Centraco et Steris). Un plan particulier d’intervention (PPI) concerne toutes les communes dans un périmètre de 20 km autour du site. Dans le département, aucun accident majeur ayant un impact sur la population n’est survenu jusqu’alors. Mais le 12 septembre 2011, l’explosion d’un four servant à fondre les déchets radioactifs métalliques à l’usine Centraco avait fait un mort et quatre blessés, dont un gravement brûlé.

À l’inventaire du territoire, on compte également le risque industriel. Une quinzaine d’établissements sont classés "Seveso" (*) dans le Gard. Plusieurs PPR technologiques sont établis (plans de prévention des risques), organisant la cohabitation entre les sites et les zones riveraines et délimitant ainsi un périmètre d’exposition aux risques. La réglementation française les rend obligatoires depuis 2003 pour les sites classés stade haut, par exemple Sanofi à Aramon (chimie), EPC France à Bagard (explosifs), Syngenta à Aigues-Vives (phytosanitaires)…

En ex-Languedoc-Roussillon, le Gard est l’un des départements les plus propices au risque minier avec une centaine de communes pouvant être touchées. Pas d’événement à déplorer depuis l’arrêt des exploitations. Ce qui ne veut pas dire que des affaissements de terrains n’ont pas eu lieu.

Que ce soit la nature ou l’activité humaine, elles nous rappellent parfois que l’équilibre est fragile. Qu’un dysfonctionnement ou qu’une météo changeante peuvent ébranler nos certitudes. Il est donc nécessaire de connaître au mieux ces risques, de les surveiller (Vigicrues pour les inondations), de les prendre en compte dans l’urbanisme, d’éduquer les populations dès le plus jeune âge, d’avoir un plan de coordination préalable… pour mieux se préparer et ainsi limiter les dégâts humains et matériels. Même si dans le Gard, la conscience du risque est peut-être plus forte qu’ailleurs…

Marie Meunier

* Les établissements industriels sont classés "Seveso" selon leur aléa technologique en fonction des quantités et des types de produits dangereux qu'ils accueillent. Il existe ainsi deux seuils différents classant les établissements en "Seveso" seuil bas  ou en "Seveso" seuil haut.

Les risques dans le Gard

Les risques naturels : inondation, mouvement de terrain, sismique, feu de forêt. Les risques technologiques : industriel, nucléaire, rupture de barrage, transport de matières dangereuses, minier.

Rappel des conduites à adopter en cas d’inondation

  • Ne pas aller chercher mes enfants à l’école
  • Ne pas s’engager ni en voiture ni à pied
  • S’éloigner des cours d’eau
  • Reporter ses déplacements
  • Ne pas s’aventurer dans les sous-sols, se réfugier à l’étage

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