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GARD Les travailleurs du médico-social manifestent pour ne pas être oubliés

À Nîmes, les manifestants étaient réunis devant la préfecture (Photo Corentin Corger)

Ce jeudi après-midi, deux rassemblements ont été organisés à Nîmes et Goudargues pour que le Ségur de la santé n'oublie pas les secteurs social et médico-social. 

À Nîmes, environ 80 personnes se sont rassemblées en début d'après-midi devant les grilles de la préfecture. Après s'être mobilisé devant l'agence départementale de l'ARS le 3 décembre dernier, le collectif "Travail Social du Gard" a souhaité ce jeudi après-midi manifester devant la préfecture du Gard, répondant à l'appel d'un mouvement national de la profession. Au-delà du sentiment d'être les oubliés du Ségur de la santé, les travailleurs sociaux réclament une revalorisation des salaires, du personnel supplémentaire et l'amélioration des conditions de travail.

"On n'a pas eu de nouvelles de l'ARS donc a décidé de porter nos revendications auprès de l'intermédiaire direct du Gouvernement", explique Stéphane, éducateur spécialisé à l'IME (Institut médico-éducatif) de Pont-Saint-Esprit qui a fait partie de la délégation de quatre personnes, dont des syndicalistes, reçue par M. Coraux, adjoint au chef de cabinet du préfet afin de prendre note de leurs revendications et de récupérer une pétition qui a récolté près de 400 signatures. Des agents de ce secteur qui estiment que dans le Gard une augmentation de 10% des effectifs est nécessaire pour accompagner qualitativement les personnes dans le besoin.

Une quarantaine de salariés sur 50 du foyer d'accueil médicalisé Les Yverières de Goudargues se sont mobilisés ce jeudi pour demander une revalorisation salariale. (Marie Meunier / Objectif Gard)

À Goudargues, une quarantaine de salariés du foyer d'accueil médicalisé Les Yverières (sur 50) ont fait grève en début d'après-midi. Aides médico-psychologiques, moniteurs éducateurs, accompagnants éducatifs et sociaux, agents d'entretien, médecins, infirmières, lingères, etc. s'occupent chaque jour de 36 personnes handicapées et psychotiques.

Difficile pour eux de se rendre à Nîmes pour la manifestation, alors ils ont décidé d'exprimer leur mécontentement devant le foyer de Goudargues. "Nous sommes ici pour protester contre l'exclusion du personnel médico-social en ce qui concerne la revalorisation salariale de 183 € du Segur de la santé", introduit Virginie, salariée à l'origine de la mobilisation. Revalorisation qui n'est prévue dans le Ségur que pour le secteur public, ce que les salariés de Goudargues ressentent comme une "injustice".

Elle poursuit : "On a le même diplôme, les mêmes conditions de travail. C'est dur pour nous aussi. On a dû assumer le covid-19 et toutes les problématiques que l'on peut rencontrer. Le médico-social, on est les gros oubliés du Ségur. [...] Pourquoi eux et pas nous ? On fait tous pareil." Pendant la crise sanitaire, tous ont dû se mobiliser, sans compter leurs heures pour s'occuper des résidents, au même titre que dans les hôpitaux publics. "On est venu travailler sur nos congés. Quand les écoles étaient fermées, on était quand même là. Ce sont nos maris qui se sont occupés des enfants et ont dû s'arrêter de travailler", complète Sandra.

"On n'est pas des bénévoles"

Cette dernière ajoute : "On s'occupe déjà des personnes oubliées mais on ne veut pas être oubliés nous aussi. On aime notre métier mais on n'est pas des bénévoles. On a aussi besoin d'argent pour vivre." Alex, aide médico-psychologique et représentant du personnel rappelle que cela fait 10 ans que le secteur n'a pas connu de revalorisation salariale. Du côté des salariés, on craint qu'à terme, les personnes fuient le médico-social pour une meilleure rémunération, alors "qu'on a déjà du mal à trouver des remplaçants".

Les lingères, secrétaires ou les maîtresses de maison sont obligées de toucher des compléments différentiels de salaire, leur paie étant inférieure au SMIC. Tous ceux qui devaient travailler sont ensuite retournés au foyer "pour ne pas mettre en difficulté les collègues". Avec le soutien de leur direction et de l'UNAPEI, ils espèrent que leur sort sera réétudié dans le cadre du Ségur.

Marie Meunier et Corentin Corger

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