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ORSAN Guide Michelin : un Bib Gourmand pour « C’la Vie »

Karine et son mari, Richard Durand, tiennent le restaurant "C'la vie" à Orsan, depuis le 2 janvier 2017. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Surprise ce lundi lorsque le Guide Michelin a dévoilé son cru 2021. Dans le classement Bib Gourmand, récompensant les établissements cuisinant des repas soignés à prix modérés (*), a été distingué "C'la Vie", un restaurant situé avenue du Jasset, à Orsan. 

"On est super contents. Ce n'est pas la consécration ultime mais c'est quelque chose de conséquent", se réjouit le chef et propriétaire du restaurant, Richard Durand. La course aux Étoiles n'a jamais été un leitmotiv pour ce Bagnolais de naissance, qui compte 30 ans de métier derrière ses fourneaux. Même si comme tout bon restaurateur, quand un homme seul vient déjeuner, image d'Épinal en tête, on se demande toujours s'il ne s'agit pas un discret inspecteur du guide gastronomique. Mais à chaque fois, la discrétion est de mise et le mystère reste entier de l'autre côté du comptoir. Alors la découverte de l'apparition du nom du restaurant orsannais sur le guide rouge n'a été encore que plus belle.

Découverte plus ou moins en fait... "Il y a quelques temps, j'ai été contacté par mail par le Guide. Je n'y croyais pas, je pensais que c'était du pipeau. J'ai mis les mails à la corbeille. Jusqu'au jour, où ils ont appelé et sont tombés sur ma femme, Karine, à qui ils ont demandé des renseignements", se remémore en riant Richard Durand.

Depuis lundi, mari et femme savourent cette récompense : "C'est un retour sur le travail fourni. C'est un métier passion. Si on ne veut pas faire plaisir au client, il ne faut pas faire ce métier", réagit Richard Durant. Sa femme, qui l'aide souvent au restaurant en plus de son travail à mi-temps, complète : "Ça fait très plaisir, c'est valorisant. C'est une reconnaissance de notre travail, des produits que l'on utilise." Pour elle, c'est la "régularité" de son époux qui a payée : "Qu'il fasse à manger pour le pape ou pour une personne lambda, il sortira la même assiette, avec le même soin."

Une cuisine inventive construite au fil de 30 ans de métier et de voyage

Cet établissement, ils l'ont ouvert le 2 janvier 2017 après six longs mois de travaux. Ils ont eu le coup de cœur pour cet ancien restaurant, à l'abandon depuis quelques années. Dans cet espace spacieux au style éthéré et moderne surmonté de hauts plafonds, ils peuvent servir entre 25 et 30 couverts. Dans les assiettes, des plats élaborés avec des produits de saison issus de circuits courts, livrés par des producteurs locaux. Sur la carte, jamais un choix de plats à rallonge, seulement deux menus par jour. "C'est une cuisine inventive avec des influences de parts et d'autres", se plaît à décrire Karine. Le tout toujours dans la maîtrise du jeu de textures.

Cet éclectisme culinaire, Richard Durand l'a emmagasiné au fil de ses expériences. Diplômé de l'école d'hôtellerie de Nîmes, il a mis le pied dans la vie active dès 19 ans. Ne se cantonnant pas aux frontières de l'Hexagone, il a travaillé en Angleterre, aux États-Unis, en Allemagne, en Australie... bâtissant sa signature unique et lui ouvrant l'esprit sur les alliances originales de saveurs. Déjà petit, il savait qu'il voulait en faire son métier. Petit-fils de boulanger, il préparait déjà à 12 ans de gourmands plats de pâtes, se délectant déjà du plaisir du fricot qui deviendra avec l'expérience, gastronomie.

Avec sa Karine, ils ont tenu un premier restaurant à Bagnols/Cèze de 2003 à 2011, place Urbain-Richard, avant de poser leurs valises dans le village mitoyen d'Orsan. C'est la première fois que le chef est sacré par un guide. Alors même si les établissements ne sont pas encore autorisés à ouvrir en ce contexte sanitaire flageolant, à "C'la Vie", on a fait le choix de garder le lien avec la clientèle.

Midi et soir, le restaurant propose des menus à emporter. Une nouvelle routine instaurée dès la quatrième semaine du premier confinement, et le couple de gérants a remis le couvert pour la deuxième fermeture forcée. "On veut garder contact avec nos clients pour conserver un semblant de vie normale. Mais il ne faudrait pas que ça dure ad vitam aeternam", lance Karine. Et ainsi rouvrir les portes d'une table qui figure maintenant dans la bible des restaurateurs.

Marie Meunier

* Le Bib Gourmand est apparu en 1997. Pour obtenir cette distinction, le prix du repas ne doit pas dépasser 32€ en province et 36€ à Paris. Quatre autres restaurants gardois figurent sur le Bib gourmand 2021 : "La Table 2 Julien" à Montaren-et-Saint-Médiers, "Le Patio by Lou Caléou" à Sommières, "L'ArtYsan" à Quissac et "Épices et tout" à Alès. 

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