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CÉVENNES Quatre mois après les inondations, des visites d’inspection pour enclencher la reconstruction

Le préfet du Gard, Didier Lauga (à gauche), à côté du sous-préfet de l'arrondissement d'Alès, Jean Rampon, de la DDTM, et du maire de Saint-Jean-du-Gard, entre autres. (Photo Corentin Migoule)

À l’occasion d’une visite de terrain organisée quatre mois après les intempéries qui ont durement frappé les vallées cévenoles, Michel Ruas, maire de Saint-Jean-du-Gard, et son adjoint, Pierre Aiguillon, ont reçu, entre autres, la visite du préfet, Didier Lauga, du sous-préfet, Jean Rampon, et de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM).

« Les élus attendaient ça avec impatience et nous sommes au rendez-vous », assurait Didier Lauga, préfet du Gard, interrogé au sujet de sa visite à Saint-Jean-du-Gard, jeudi après-midi. Et ce n’est pas Michel Ruas qui dira le contraire. Car le premier magistrat de la commune Saint-Jeannaise, reconnue en état de catastrophe naturelle suite aux intempéries du 19 septembre dernier, comme 22 autres communes du département, attend beaucoup de l’État pour se refaire une beauté.

Si la remise en service du terrain de football, dévasté par la crue du Gardon, ne devrait pas faire l’objet d’une subvention, la donne est différente pour les nombreux ponts communaux qui ont payé un lourd tribut. À commencer par le pont de la Cam, « que l’on appelle ainsi pour sa proximité avec le gros camping du mas de la Cam mais qui se nomme en réalité le pont de la Taule », corrigeait Pierre Aiguillon, adjoint à la mairie, présent pour y accueillir le préfet, accompagné du sous-préfet de l’arrondissement d’Alès, Jean Rampon.

Le pont de la Taule à Saint-Jean-du-Gard où les travaux sont en cours depuis une semaine. (Photo Corentin Migoule)

Un pont actuellement en travaux pour une durée estimée à environ un mois, où sont mobilisées deux entreprises locales : la maçonnerie Perier et la société de travaux publics Cabrit. Ces dernières ont « la pression », car il faut faire « au plus vite » pour rétablir la circulation, actuellement impossible, et qui handicape « une dizaine de foyers. » À la grande surprise d’une partie de l’assistance, un camion de pompier figurait à l’extrémité du pont, côté habitations. « Il y restera jusqu’à la fin des travaux. Il doit permettre d’être réactif pour porter secours à l’une des familles en cas de besoin », explicitait Pierre Aiguillon.

Face aux deux représentants de l’État, accompagnés de membres de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), le maire relatait quelques souvenirs qui hantent encore la mémoire des Saint-Jeannais. « Il faut se rendre compte qu’en moins de cinq minutes, le Gardon a pris trois mètres pour se retrouver plus d’un mètre au dessus du pont », resituait Michel Ruas, qui dispose d’une « impressionnante vidéo » tournée le jour de la crue.

Et de rebondir : « Mais on s’en sort bien, le bilan aurait pu être bien pire. La gendarmerie a organisé l’évacuation des véhicules en stationnement sur le parking du Gardon de façon magistrale. » Seuls trois d’entre eux ont été emportés par les flots tandis que les gendarmes se retrouvaient les pieds dans l’eau avec près de 60 centimètres dans leurs locaux.

Un phénomène ancré en Cévennes

Plus tôt dans la journée, en milieu de matinée, les équipes de la préfecture, deux inspecteurs généraux de l’administration et deux représentants du conseil général de l’environnement et du développement durable, entre autres, avaient pris part à une tournée entamée par l’inspection de Pont d’Hérault. Reçus à chaque étape par les élus locaux, les agents ont par la suite fait escale au Prat, avant de s’attarder sur plusieurs points « chauds » de la vallée du Taleyrac, puis de filer à Saint-André-de-Valborgne et de redescendre à Saint-Jean-du-Gard.

Des visites de terrains, « confidentielles », par conséquent en majorité fermées à la presse, qui intervenaient au titre d’un deuxième contrôle de terrain, le premier ayant été effectué sur l’ensemble des communes avant Noël. « C’est une mission indispensable pour évaluer le montant de la prise en charge par l’État de tout ce qui n’est pas assurable », synthétisait Didier Lauga, ravi du déploiement « réactif » des agents.

Quatre mois après, les vallées portent encore les stigmates de ce déferlement violent de la nature. Leurs habitants prient, non pas pour que ça n’arrive plus jamais, mais bel et bien le plus tard possible, car hélas, comme le mettait en évidence Michel Ruas, « c’est un phénomène bien ancré en Cévennes. »

Corentin Migoule

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