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UZÈS Le monde au rendez-vous pour cette deuxième journée de la truffe

Beau temps, peur d'un reconfinement, envie de se faire de bons petits plats en attendant la réouverture des restaurants ? En tout cas, le monde était au rendez-vous à Uzès ce dimanche et plus particulièrement place aux Herbes où se tenait la 2e journée de la truffe. (Marie Meunier / Objectif Gard)

"On arrive trop tard", constate une cliente en s'approchant des étals vides. À 11h30, les 35 kg de truffe fraîche mis en vente place aux Herbes ce dimanche avaient déjà été achetés. Cette deuxième journée de la truffe à Uzès confirme un engouement des particuliers pour le diamant noir cette année.

"C'est bien la première fois que je vends mes truffes aussi vite. On a été dévalisés", tonne Alexis Collignon, qui était sur le stand familial ce dimanche. Lui et une quinzaine de trufficulteurs gardois ont installé leur stand ce dimanche 31 janvier pour la 2e journée de la truffe d'Uzès.

D'habitude, la Tuber Melanosporum est célébrée tout au long d'un week-end, avec de nombreuses animations en plus du marché. Mais face au contexte sanitaire contraignant, le comité de production agricole d'Uzès a décidé de réduire la voilure et de proposer seulement de la vente aux particuliers les dimanches 17 et 31 janvier. Et pour cette deuxième journée, le champignon a connu un grand succès. Et ce, pour plusieurs raisons.

Ce dimanche 31 janvier, 35 kg de truffes fraîches ont été vendus par une quinzaine de producteurs gardois. À 11h30, tout avait été vendu déjà. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Déjà le prix : "On est 30% moins cher. L'année dernière, le prix était compris entre 1 200 et 900 € le kilo, là, on est entre 700 et 900", affirme Lucien Romieu, 3e génération de producteurs-récoltants à Montaren-et-Saint-Médiers. C'est d'ailleurs ce qui a motivé Marie-Hélène, originaire de la Drôme Provençale, à acheter : "Je suis venue pour voir du monde, sortir vu qu'il fait beau, et j'adore la truffe d'Uzès. J'en ai acheté un peu plus cette année car ça faisait longtemps que le prix n'avait pas été aussi bas."

Une truffe en quantité et de qualité cette année grâce à une météo favorable

En plus d'être accessible, la truffe est en quantité et de qualité cette année, grâce à une météo très favorable : "Normalement, à l'automne, la pluie, le froid abîment les truffes, cette année, ça n'a pas été le cas", explique Alain Prat, trufficulteur de Foissac. Janvier est d'ailleurs le mois où le champignon révèle le mieux ses arômes et sa qualité gustative. "C'est un produit de saison, c'est la dernière ligne droite. En février, il sera plus difficile d'en trouver", resitue Luc Reynaud, président du comité de promotion agricole d'Uzès.

Luc Reynaud, présidente du comité de promotion agricole d'Uzès. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Au début de la saison, rien n'était pourtant acquis. "La fermeture des restaurants étaient annoncée, le couvre-feu mis en place, il y avait vraiment une morosité ambiante qui nous laissait craindre pour la vente des truffes. Ça a été le contraire. Le particulier est venu en masse, il y avait la queue devant la cabane à truffes (installée sur le marché d'Uzès ndlr), c'est du jamais vu", assure Lucien Romieu.

"Les gens ont envie de se faire plaisir"

Il ajoute : "Les gens ont envie de se faire plaisir. Les restaurant fermés, pendant le confinement, beaucoup de personnes se sont mises à cuisiner et essayent la truffe." Impression confirmée par une productrice des environs qui avance : "On a beaucoup de gens qui ce matin ont acheté une truffe pour la première fois et qui demandent comment la cuisiner."

"Les gens ont envie de se faire plaisir. Les restaurant fermés, pendant le confinement, beaucoup de personnes se sont mises à cuisiner et essayent la truffe", assure un producteur. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Congelée puis râpée en copeaux sur du beurre, enfermée dans un récipient en plastique avec des œufs ou en brouillade... Les recettes ne manquent pas et les producteurs ont fait un effort particulier pour renseigner les néophytes : "Beaucoup de gens découvrent la truffe et ainsi, on a l'opportunité de les détourner de certains produits industriels contenant des arômes. D'année en année, la production de truffes s'est réduite alors on ne peut empêcher ces produits d'arriver sur le marché mais ils sont vendus très chers", déplore Alain Prat. Et ils n'ont rien avoir avec la subtilité de la melano fraîche.

Frédéric, habitant Saint-Hilaire-d'Ozilhan, a acheté deux truffes qu'il va congeler. Déjà venu lors de la première journée de la truffe d'Uzès, il a envie de savourer dans le temps : "Surtout qu'on risque peut-être d'être confinés, donc on profite." Pour les amateurs, rendez-vous à la cabane à truffes sur le marché d'Uzès les mercredis et samedis matin, mais aussi sur le marché de Marguerrites le samedi matin et le dimanche matin à Milhaud. Les 6 et 7 février à Nîmes, une poignée de producteurs seront aussi présents place du Marché.

Marie Meunier

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