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LAUDUN-L’ARDOISE Les vitraux de la chapelle des Pénitents blancs en pleine restauration

Ils sont actuellement réparés par la vitrailliste Nathalie Falaschi qui tient son atelier "Vitraux Cluz" à Sainte-Anastasie.

Nathalie Falaschi est vitrailliste maître-verrier depuis dix ans. Elle restaure en ce moment les vitraux de la chapelle des Pénitents blancs de Laudun-l'Ardoise. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Début janvier, une opération de dépose des vitraux a été menée dans la chapelle des Pénitents blancs de Laudun-l'Ardoise. C'est-à-dire que les fragiles ouvrages ont été retirés de leur emplacement pour être restaurés. C'est Nathalie Falaschi, dans son atelier "Vitraux Cluz" basé à Sainte-Anastasie, qui de ses mains expertes redonne le lustre d'antan à ces vitraux.

La vitrailliste maître-verrier et son maçon ont dû s'élever à 6,50 m de haut pendant 4-5 h pour désencastrer la Croix occitane en verre, mais aussi un autre représentant un blason. Difficile de dater les deux ouvrages mais ce qui est sûr, c'est qu'ils avaient besoin d'un coup de neuf. "Il y a des verres lacunaires. Ils laissaient passer la pluie, les moineaux, les pigeons...", explique Nathalie Falaschi. La faute à des vandales qui les ont cassés en jetant des pierres dessus...

Les deux vitraux sont en très mauvais état : des verres manquent, d'autres tiennent grâce à des bouts de scotch et le chemin de plomb est déformé. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Mandatée par la mairie de Laudun-l'Ardoise (*), la vitrailliste mène depuis trois semaines un travail méticuleux pour reconstituer les motifs à l'identique. Dans la restauration, il est impératif de garder le plus possible les pièces originales et donc de garder les verres anciens en remplaçant les manquants par des pièces en verre soufflé de la même teinte.

"C'est comme un puzzle de 41 pièces"

Mais comment faut-il s'y prendre ? Première étape : numéroter les verres pour les remettre à leur place : "C'est comme un puzzle de 41 pièces", avance Nathalie Falaschi en désignant la Croix occitane. Elle dessertit toutes les pièces puis recrée ensuite tout le chemin de plomb qui va soutenir les verres. Une étape d'une extrême précision pour que le panneau puisse être remonté sans décalage.

Pour éviter que des verres flambants neufs détonent dans la chapelle, la vitrailliste leur donne un effet vieilli en passant du mastic au pinceau. Cela va aussi étanchéifier l'ensemble. Les vitraux devraient regagner leur chapelle du XVIIe siècle au mois d'avril, si tout va bien. "C'est une sacrée responsabilité. Il ne faut pas être dispersé quand on travaille le verre. Il faut vraiment être en conscience et s'ancrer dans le présent", affirme Nathalie Falaschi, qui manipule des pans entiers de patrimoine.

"C'est une sacrée responsabilité, il ne faut pas être dispersé quand on travaille le verre, il faut vraiment être en conscience et s'ancrer dans le présent", atteste Nathalie Falaschi. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Depuis 10 ans qu'elle est dans le métier, elle restaure mais crée également des vitraux de tout style. Avant de se tourner vers cette voie professionnelle, elle a travaillé 25 ans dans le domaine juridique, notamment comme directrice du centre de formation des avocats de Nîmes. En 2007, elle subit un licenciement économique et, comme une évidence, se consacre à "l'art de la lumière. Je suis de religion catholique. Petite, j'étais fourrée à l'église tous les dimanches. Peut-être que ça vient de là." Ce qui est sûr, c'est qu'elle s'épanouit dans l'en(verre) du décor.

Marie Meunier

* L'opération de dépose, la restauration et la repose des vitraux s'élève au total à 4 300 €.

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