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FOOTBALL 60 clubs amateurs du département unis derrière Mouss Guiza pour sauver leur peau

Mouss Guiza, directeur sportif de l'AS Rousson, au Soccer Team d'Alès. (Photo Corentin Migoule)

Le mouvement contestataire porté par le dirigeant roussonnais ne cesse de grandir et a abouti à l’union sacrée des clubs du bassin alésien mi-janvier. Rejoints par plusieurs clubs majeurs du département, ces derniers ont cosigné une lettre adressée ce matin aux instances du football. L’avenir du football amateur, grandement fragilisé par la pandémie, y est questionné.

C’est un feuilleton entamé le 8 janvier dernier, lorsque par l’intermédiaire d’Objectif Gard, Mustapha Guiza, directeur sportif de l’AS Rousson, poussait un coup de gueule relatif à ce qu’il appelle « l’abandon du foot amateur (lire ici). » Beaucoup de dirigeants de clubs locaux se sont alors reconnus dans les propos de celui que tout le monde appelle "Mouss", et ont adhéré à un collectif qui n’a pas encore d’appellation officielle, mais que l’on peut volontiers nommer "l’union des clubs du bassin alésien." La majorité de ces derniers prenait ainsi part à une réunion organisée dans l’enceinte du Soccer Team d’Alès, mi-janvier (lire ici). À l’issue de cette rencontre était actée la décision de rédiger une lettre à destination de la Fédération française de football (FFF), de la Ligue de football Occitanie et du District-Gard Lozère.

Saison blanche et arrêt des prélèvements

Quinze jours plus tard, cette lettre a enfin été rédigée par les leaders du mouvement, signée dans un second temps par une soixantaine de clubs du département, avant d’être expédiée ce matin aux instances mentionnées ci-dessus. Mouss Guiza, rencontré hier en fin d’après-midi, en a révélé le contenu : « Outre le manque de compétition pour nos pratiquants, nous souhaitons attirer votre attention sur l’aspect financier », débute le courrier.

« L’absence de manifestations extra-sportives (buvettes, lotos, tournois) ne nous permet pas d’obtenir les finances nécessaires pour équilibrer nos budgets. Les dons et mécénats en provenance d’entreprises et de particuliers s’amenuisent en raison de la situation économique de notre pays. De nombreux licenciés nous demandent de rembourser en partie leur cotisation », peut-on lire. Or, « malgré cela, les frais inhérents à la pratique du football demandés par les instances n’ont pas baissé (licences, engagements, droits de mutation...). »

Après avoir dressé le constat, les auteurs de la lettre soumettent quelques propositions aux instances du football, la 3F en tête : « Nous demandons que la saison 2020/2021 soit une saison blanche, sans classements », ainsi que « l’arrêt des prélèvements financiers et le report des sommes versées pour la saison en cours à la saison prochaine », entre autres.

De moins en moins de licenciés

Le « manque de communication de la Fédération » qui serait actuellement trop accaparée par l’attribution « des droits TV du championnat professionnel » est aussi reproché par les auteurs en guise de conclusion, ces derniers invitant à ne pas oublier « l’arrière boutique représentée par le foot amateur et ses bénévoles », car « quand l’arrière boutique va disparaître, c’est la vitrine qui va s’effondrer. »

En aparté, Mouss Guiza ne cachait pas sa fierté d’avoir réussi à réunir pour la première fois « la quasi-totalité des clubs du bassin alésien », habituellement ennemis sur le terrain. D’autant que sur la soixantaine de signataires, figurent aussi « plusieurs clubs de Nîmes, le club du Vigan et ceux de Quissac et de Bagnols-Pont. »

Si l’envoi de la lettre ne devait rien donner, le directeur sportif de l’AS Rousson n’exclut pas de livrer d’autres batailles car c’est l’avenir du football amateur qui est en jeu. La FFF, qui comptait dans ses rangs plus de 2,2 millions de licenciés au début de la dernière décennie, est désormais passée sous la barre des 1,8 millions. Et la tendance baissière n’a aucune raison de prendre fin : « Dans ce contexte, les joueurs ont de moins en moins envie de jouer, à part les vrais mordus », constate Mouss Guiza, qui se met aussi « à la place des parents qui ont payé des licences à 200 euros alors que leurs gamins n’ont fait que trois matches cette saison. »

Corentin Migoule

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