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FAIT DU JOUR Couvre-feu, sécurité routière, rave-parties… Le patron des gendarmes du Gard fait le point

Photo AS/Objectif Gard
Le colonel Laurent Haas, commandant du groupement de gendarmerie du Gard.  (Photo Anthony Maurin).

Depuis la mise en place du couvre-feu en France, près de deux millions de contrôles ont été réalisés et 177 000 amendes dressées. Le colonel Laurent Haas, commandant du groupement de gendarmerie du Gard, fait le point de la situation sur sa zone. 

Objectif Gard : En France, le nombre de contrôles a augmenté de 39% entre le week-end du 30 et 31 janvier 2021 et le précédent, et les verbalisations de 53%, a indiqué jeudi le ministre de l’Intérieur. Quels sont les chiffres pour le Gard, côté gendarmerie ?

Colonel Laurent Haas : Sur cette période, nous avons effectué 2 858 opérations de contrôles et relevé 163 infractions. Donc, globalement, sur notre zone, les gens respectent plutôt bien les prescriptions. Nous avons même une légère diminution du nombre de personnes en infraction. Ce qui veut dire que le message est passé. C'est plutôt positif pour nous.

La tolérance zéro s’applique-t-elle dès 18 heures ?

En début de soirée, nous essayons de faire preuve de discernement d'autant que ça peut devenir contreproductif quand les gens se précipitent à toute allure sur les départementales parce qu'ils ont dix minutes de retard. Ce n'est pas ce qui nous intéresse parce que ça pourrait aggraver l'excellent bilan qu'on a en matière de sécurité routière. La tolérance zéro n'est pas une fin en soi. On apprécie les situations qui nous sont exposées au cas par cas. Par contre, on regarde les choses de très près dans la nuit notamment avec des personnes qui manifestement partent faire la fête ou en reviennent au petit matin.

Les fêtes clandestines sont au centre de toutes les attentions. Est-ce une problématique remarquable sur votre zone ? Combien de rassemblements festifs ont-ils été démantelés ?

Il y a eu effectivement, à l'occasion de la fin d'année et du mois de janvier quelques tentatives d'installation de rave-parties. Elles ont été réprimées extrêmement fermement. Souvenez-vous, celle qui avait eu lieu à Lirac pour laquelle nous avons interpellé les organisateurs et saisi tout le matériel. Les 1 200 personnes qui avaient tenté de participer à ce rassemblement ont toutes été verbalisées pour différents motifs et sont donc reparties avec plusieurs centaines d'euros d'amende. Manifestement, certains ont voulu vérifier si on était capable de faire cela dans la durée et ont tenté d'organiser des rave-parties, notamment sur Caissargues, le 28 décembre. Les dix organisateurs, qui venaient tout juste de s'installer, ont été verbalisés pour non-respect des prescriptions relatives à l'état d'urgence sanitaire. Plus récemment, le 28 janvier, des personnes ont été surprises par les gendarmes alors qu'elles débarquaient leur matériel sur un terrain à Aramon. Il était 14h30, elles sont parties immédiatement.

Nous avons les moyens de surveiller les réseaux sur lesquels les organisateurs travaillent pour rassembler du monde. Et si ce n'est pas nous qui tombons dessus, nous sommes souvent prévenus - compte tenu des dégâts que ces fêtes peuvent engendrer - par des agriculteurs, des forestiers, des randonneurs, etc.

Et en ce qui concerne les restaurants clandestins ?

Ce ne sont pas des restaurants clandestins mais souvent des structures qui font de la restauration en temps ordinaire et qui à un moment donné jouent avec le feu. Il y a eu un certain nombre de procédures dont certaines très récemment dans le secteur d'Uzès, à Pont-Saint-Esprit. Les gérants ont été verbalisés et mis en garde. Pour d'autres, les mises en garde n'ont pas suffi. C'est le cas de la discothèque à Marguerittes qui est fermée administrativement pour plusieurs mois.

Les commerces subissent également depuis la semaine dernière des mesures plus strictes. En cette période de soldes, sont-elles réellement respectées ?

Globalement les commerçants sont de bonne foi, conscients des risques. Nous sommes passés par une phase de pédagogie pour expliquer notamment cette histoire d'affichage de la jauge. C'est la seule difficulté qu'on a pu rencontrer et les commerçants y remédient souvent très vite. Sur la zone de compétences gendarmerie, on n'observe pas de problèmes particuliers à ce niveau-là. Les commerçants se comportent de manière très responsable.

Au sujet de l’aéroport de Nîmes-Alès-Camargue-Cévennes, quelles actions spécifiques allez-vous mettre en place ?

Nous sommes aux côtés des services qui sont en charge des contrôles prioritairement la police aux frontières, les douanes, les services de la préfecture et s'agissant notamment des contrôles de tests. On regarde cela très attentivement, il y a des contrôles assez poussés.

Depuis presque un an, la population doit s’adapter aux mesures annoncées par le Gouvernement au fil des semaines. Les gendarmes ressentent-ils un impact sur le comportement des gens ?

Il y a eu un impact très perceptible sur la dégradation du comportement des automobilistes et paradoxalement, pendant les périodes de confinement. C'est-à-dire que le fait qu'on croise peu de gens sur le réseau secondaire a pu donner le sentiment à certains qu'ils n'avaient pas à lever le pied. Donc on a verbalisé beaucoup plus que lors des périodes dites "normales". On ne s'y attendait pas du tout. Nous avons relevé de très gros excès de vitesse, au-delà des 200 km/h sur le réseau national et dépassant les 180 km/h sur les routes départementales. On a donc évidemment renforcé les opérations de contrôles. Pour le coup, les résultats sont à la clé. C'est-à-dire qu'au niveau national, la baisse d'accidents globalement liée aux restrictions de circulation, est de 19,7%. Dans notre département, nous faisons 10% de mieux.

Quelle excuse la plus cocasse a été donnée aux gendarmes pour justifier le non-respect du couvre-feu ?

Il y en a eu plusieurs. Elles sont mignonnes. Deux jeunes gens ont été retrouvés dans une voiture à proximité du logement de l'un d'eux et ont expliqué qu'ils avaient besoin de se réchauffer mutuellement. Et puis, à un moment donné sur une même commune que je ne vais pas nommer, l'excuse que les uns et les autres se proposaient de donner aux gendarmes, c'était les accouchements. Ça a duré une semaine. Il y a eu un sacré pic de la natalité ! (Rires).

Propos recueillis par Stéphanie Marin

À lire aussi : LE 7H50 du colonel Haas, patron des gendarmes du Gard : "La répression n'est pas une fin en soi"

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