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FAIT DU JOUR Une patrouille avec les gendarmes du Psig de Nîmes aux heures du couvre-feu

Les gendarmes du Peloton de surveillance et d'intervention de gendarmerie (Psig) de Nîmes, lors d'un contrôle dans la nuit de jeudi à vendredi. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Le 8 février dernier, le colonel Laurent Haas dressait, chiffres à l'appui, un bilan "plutôt" positif quant au respect du couvre-feu sur sa zone d'intervention. Afin que nous puissions le constater de nos propres yeux et nous rendre compte des missions accomplies par les militaires, le commandant du groupement de gendarmerie du Gard a accepté notre présence aux côtés d'une équipe du Psig de Nîmes, aux heures où chacun est contraint de rester confiné. 

Jeudi 18 février 2021, 21 heures. Le couvre-feu est activé depuis trois heures dans le Gard, c'est ainsi depuis le 16 janvier 2021. Une mesure - dont l'objectif est de limiter les déplacements et les interactions - qui demande aux forces de l'ordre d'être d'autant plus présentes sur le terrain pour s'assurer de son respect. Le lieutenant-colonel Inès Rommel, commandant de la compagnie de Nîmes, son adjoint le capitaine Jacques Lopez et une équipe de trois gendarmes du Peloton de surveillance et d'invention de gendarmerie (Psig) terminent leur tasse de café. Cette nuit-là, ils patrouilleront jusqu'à 2h du matin.

À bord de voitures banalisées, ils sillonnent les routes sur leur territoire de compétence. Il est presque 21h30 lorsque, dans le secteur de Marguerittes, les gendarmes font déjà usage de leur gyrophare pour signaler à un automobiliste de se garer sur le bas-côté.  "RAS, il vient de quitter son travail et rentre à son domicile", lance l'un des militaires après avoir vérifié l'attestation de sortie de l'homme au volant du Citroën Berlingo. Plus loin, à hauteur d'un carrefour sur la RD6086, deux autres conducteurs sont contrôlés, eux aussi ont pu reprendre la route sans être inquiétés. Interceptée au niveau d'un rond-point à Marguerittes, à quelques mètres de chez elle, Priscilla, 32 ans, n'en est pas à son premier contrôle. Présenter son attestation est presque devenu une habitude pour elle, qui travaille dans le secteur de la livraison en horaires de nuit. "Il faut bien qu'ils - les gendarmes, Ndlr - fassent leur travail." Justifier de sa présence sur les routes aux heures du couvre-feu n'est qu'une formalité lorsqu'on n'a rien à se reprocher.

À hauteur d'un carrefour sur la RD6086, deux autres conducteurs ont été contrôlés et ont repris la route sans être inquiétés. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Ce n'est pas le cas de tout le monde. Le faible taux de fréquentation sur les routes complique la tâche des délinquants, puisque les gendarmes peuvent contrôler tous les véhicules qu'ils croisent sur leur chemin. Si certains s'adaptent, la délinquance ne manque pas de ressources, quelques-uns se jettent dans la gueule du loup. Cela concerne notamment des cambrioleurs et des trafiquants ou consommateurs de drogue pris dans les mailles des filets des militaires. Ce jeudi soir, d'ailleurs, un automobiliste a été contrôlé par une équipe de la brigade de Remoulins. L'individu était sous l'emprise de stupéfiants. Il a été reconduit chez lui. Mais à trop vouloir jouer, il a perdu. Quelques heures plus tard, il a de nouveau repris la route et de nouveau rencontré les militaires du côté de Manduel. En possession d'une vingtaine de grammes de cannabis, l'homme a été placé en garde à vue.

"Depuis un an, nous avons accentué notre empreinte sur le terrain pour lutter contre la délinquance bien sûr, mais aussi pour être au contact de la population, des élus. On le ressent, notre présence rassure, les gens viennent nous voir pour nous poser des questions sur leur quotidien, chose qu'ils ne feraient pas s'il fallait qu'ils viennent jusqu'à nos bureaux", explique le lieutenant-colonel Inès Rommel. Une proximité aussi rendue possible suite à l'allégement des procédures judiciaires dans les tribunaux en cette période de crise sanitaire.

Sur les lieux de l'accident, dans la nuit de jeudi à vendredi, sur le RD205 entre Ledenon et Sernhac. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

La radio des gendarmes crépite, un accident vient de se produire le long de la RD205 entre Ledenon et Sernhac. Le Psig décide de quitter son point de contrôle et prêter main forte aux effectifs des brigades de Remoulins et de Marguerittes engagés sur l'affaire. La conduite est sportive, il y a urgence. Mais à leur arrivée, les gendarmes se retrouvent face à une situation plus compliquée que prévue. Le véhicule accidenté, une BMW X6, est bien à l'endroit indiqué, le nez plongé dans le fossé, les airbags déployés. Mais à l'intérieur, personne. Les militaires découvrent quelques traces de sang. Il ne leur faudra que quelques minutes pour identifier, grâce à la plaque d'immatriculation, le propriétaire de la voiture. Une propriétaire en l'occurence. Il est environ 23 heures, lorsqu'ils frappent à la porte de son domicile. C'est son compagnon qui a pris sa voiture, explique-t-elle. Une dispute a éclaté entre eux, elle n'a pas eu de ses nouvelles depuis.

Direction Sernhac, chez le frère de l'homme disparu. Ils se sont quittés après le dîner, il n'est au courant de rien. De retour sur les lieux de l'accident, les gendarmes balaient une nouvelle fois les alentours avec leur lampe torche. Toujours rien. Un maître-chien est alors appelé en renfort et le Corg (le centre d'opérations et de renseignement de la gendarmerie) actionne la géolocalisation. "Dans les séries américaines ça prend cinq minutes, mais dans la réalité c'est un peu long", s'amuse le lieutenant-colonel Rommel.

Les gendarmes à la recherche du conducteur du véhicule accidenté. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Vers minuit, tandis que les résultats de la géolocalisation étaient attendus, la jeune femme a pu échanger quelques mots avec son compagnon, il est en bonne santé. Cependant, il ne sortira pas de sa cachette située dans le secteur de Sernhac - ce qu'a confirmé la géolocalisation - craignant d'être puni car il conduisait malgré une suspension de permis. "La sauvegarde de la vie humaine est l'une de nos missions. Il a peut-être été récupéré par un ami ou autre, mais il aurait pu être quelque part dans les vignes, blessé", souligne le capitaine Jacques Lopez.

Cette nuit-là, les gendarmes de la compagnie de Nîmes ont verbalisé trois personnes pour non-respect du couvre-feu. Elles se trouvaient dans la même voiture. Ils sont également intervenus sur une affaire de violences conjugales à Saint-Gilles. Le contexte particulier de confinement et de couvre-feu constitue malheureusement un terreau favorable aux violences conjugales et intrafamiliales. Les militaires sont fortement mobilisés sur ce sujet, tant sur le plan préventif que répressif.

Stéphanie Marin

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