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CARDET Salmonelle et grippe aviaire : une éleveuse gardoise à l’épreuve

Christine Rivière a dû investir 600 euros pour l'installation de volières nécessaires aux mesures de confinement relatives à la grippe aviaire. (Photo Corentin Migoule)
Christine Rivière a dû investir 600 euros pour l'installation de volières nécessaires aux mesures de confinement relatives à la grippe aviaire. (Photo Corentin Migoule)

Samedi 27 février aurait dû marquer l’ouverture du traditionnel Salon de l’agriculture. Suite à son annulation pour cause de crise sanitaire, la Confédération paysanne du Gard avait appelé les fermes à ouvrir leurs portes partout sur le territoire. C’est ce qu’a fait Christine Rivière, éleveuse de poules pondeuses à Cardet, qui fait face à de nombreux problèmes.

C’est par une après-midi ensoleillée mais venteuse que Christine Rivière et son conjoint ont ouvert les portes de leur ferme à la presse et aux membres de la Confédération paysanne ce samedi 27 février, une journée qui aurait dû marquer l’ouverture du Salon de l’agriculture à Paris, annulé pour cause évidente de pandémie.

La Confédération paysanne du Gard a malgré tout voulu lui donner une seconde vie en plein air en se rendant à Cardet, chez Christine Rivière. L’occasion pour la Conf’ de « porter le débat sur les mesures de biosécurité imposées à tous les élevages de volailles mais adaptées uniquement aux élevages de type industriel. »

En présence du député Olivier Gaillard, du maire de Cardet, Fabien Cruveiller, par ailleurs président de la communauté de communes du Piémont Cévenol, et d’Aurélie Genolher, maire de Massilargues-Attuech, Christine Rivière, éleveuse de poules pondeuses, a présenté son exploitation.

600 poules à abattre

La quinquagénaire, qui a repris "le poulailler de papé Louis" le 1er mai 2018, a mis le bien-être des volailles au premier plan de son activité. « Je n’aurais pas refait de l’agriculture si ce n’était pas de l’agriculture paysanne au sens strict du terme », prévient celle qui, après de longues études dans le secteur de l'agroalimentaire, a vécu deux ans aux États-Unis et dix ans à Paris où elle occupait un poste de consultante.

Mais au printemps dernier, l'ensemble de son cheptel (environ 600 poules), pourtant sain, a été abattu en raison de la présence de salmonelle dans le sol des parcours. Après un vide sanitaire, son élevage redémarrait tout juste quand l’épidémie de grippe aviaire est arrivée. Ainsi, depuis le 11 janvier dernier, les poules sont confinées.

Deux volières ont donc été achetées, au sein desquelles 122 poules dans l’une et 123 dans l’autre profitent de l’abri des filets qui protègent d’une éventuelle attaque d’oiseaux migrateurs, même si la zone n’est que très peu concernée par ce risque. En revanche, ce nouveau dispositif a vu poindre plusieurs problèmes : « Non seulement ça fait chuter le nombre de pontes, mais ça accroît la mortalité alors que mes poules étaient en parfaite santé », regrette l’éleveuse. Quatre volailles ont ainsi récemment perdu la vie et les coupables ne sont pas les renards qui n’ont plus sévi depuis que le couple d’exploitants s’est doté de « deux bons chiens chasseurs. »

Un désir d'autonomie

« Avec l’enfermement, les poules ont commencé à développer des pathologies respiratoires et des parasites internes », développe la quinquagénaire, qui a vu croître chez elles le stress depuis qu'elles ne peuvent plus se dégourdir les pattes en toute quiétude.

Face à ses embûches, le temps de travail de Christine Rivière, qui finit rarement une journée avant minuit, a explosé, tandis que ses projets ont été ralentis. Mais celle qui « ne travaille qu’en circuits courts », n’a pas l’intention de jeter l’éponge, moins de trois ans après avoir quitté sa vie parisienne. Dans l’optique de tendre vers de l’autosuffisance, un semis d’orge vient tout juste d’être effectué. Un centre d’emballage d’œufs, « qui sont toujours bios », pourrait lui aussi sortir de terre à proximité de la ferme.

Corentin Migoule

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