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FAIT DU JOUR OAC – MHSC : 34 ans d’attente pour 90 minutes d’espoir

Le onze qui a battu Fabrègues il y a quinze jours devrait être sensiblement le même qui va débuter cet après-midi. (Photo F. Foures / OAC)

C'est le grand jour ! Ce samedi à 14 heures 15, l'OAC s'apprête à accueillir à Pibarot la première équipe de Ligue 1 de son histoire au XXIe siècle, une éternité après avoir reçu le grand Bordeaux d'Aimé Jacquet le 26 mai 1987. Parce que le tirage au sort a désigné le voisin héraultais du MHSC, tout un département soutient des Cévenols en quête d'un exploit retentissant.

Mai 1987. Diego Maradona vient d'offrir à Naples le premier Scudetto de son histoire et ôter à tout un peuple du Sud de la péninsule un sentiment de honte qui l'habite depuis trop longtemps face à la suprématie des clubs du Nord. Quelques jours plus tard, à plusieurs centaines de kilomètres, dans la capitale des Cévennes, l'Olympique d'Alès en Cévennes de José Pasqualetti et consorts s'apprête à ferrailler à Pibarot contre le grand Bordeaux entraîné par Aimé Jacquet. Une autre époque ! Celle où les Alésiens avaient fréquemment la possibilité de se mesurer à l'élite du football français.

34 ans plus tard, les choses ont bien changé. La faute à une relégation administrative en DH, autant dire les bas-fonds du football hexagonal, au début des années 2000. Depuis, les supporters des Bleus mangent leur pain noir en silence, en attendant que les dirigeants remettent le club sur de bons rails, "en National d'ici trois ans", espèrent-ils.

Au cœur du marasme, il y a bien eu quelques coups d'éclats, car la Coupe de France est faite pour ça. Le Nîmes Olympique et Arles-Avignon s'en souviennent. Mais au moment de venir défier les Cévenols dans leur antre, les deux voisins étaient loin du sommet, respectivement en National et en Ligue 2.

Un premier combat gagné en milieu de semaine

Alors, lorsque l'OAC a battu Fabrègues en 32e de finale de Coupe de France le 21 février dernier, les portes du rêve se sont entrouvertes. Amine Sbaï, meilleur buteur du club depuis le début de la saison (9 buts), espérait affronter l'Olympique de Marseille. Mais le tirage au sort, qui a désigné le Montpellier Hérault Sport Club, lui offrira tout de même une belle occasion de montrer toute l'étendue de son talent.

D'autant que cet après-midi, dans la tribune hélas déserte du stade Pibarot, les caméras de la chaîne Eurosport prendront une place de choix. Elles n'auront pas l'occasion de filmer les irréductibles Cévenols, qui auraient sans doute été nombreux à se masser sur la butte aux abords du centre nautique, permettant de détourner quelque peu la sanction du huis-clos. Un huis-clos qui, faute de pandémie, prive les fans de football de leur passion depuis bien trop longtemps.

Privés de ce soutien précieux, les hommes de Stéphane Saurat auront peut-être un peu moins les jambes tremblantes au moment de pénétrer sur la pelouse de Pibarot, à quelques secondes de défier Savanier et sa bande. Grâce à une direction qui n'a pas fléchi, les Alésiens ont gagné un premier combat qu'ils n'auraient même pas dû avoir à mener. La menace d'une délocalisation de la rencontre en terre héraultaise en raison de présumées menaces d'affrontements entre supporters nîmois et montpelliérains a très vite été balayée.

Un champion de France sur le chemin

Car si l'OAC a bien une chance de gagner, "c'est à Pibarot", promet Philippe Mallaroni, manager général du club, plus que jamais investi. Et d'ajouter : "Si on avait dû jouer à la Mosson, nos chances auraient été divisées par cent ou par mille."

De son côté, Stéphane Saurat, qui a déjà vécu un 16e de finale de Coupe de France avec Mende contre Le Havre du génial Riyad Mahrez, va affronter le premier club de Ligue 1 de sa carrière d'entraîneur. "C'est pas n'importe quel club puisque c'est un club qui a été champion de France, rappelle le technicien cévenol. Au-delà de penser à l'avantage que peut représenter le fait de jouer à domicile, je crois qu'après avoir joué autant de fois à l'extérieur au cours de notre parcours, ça aurait été vraiment injuste de devoir jouer celui-là ailleurs que chez nous."

Les hommes de Michel Der Zakarian, sortis de la Coupe de France par Belfort (N2) l'an dernier, feront tout pour ne pas tomber dans le piège cévenol. Mais si de l'aveu du coach adjoint Franck Rizzetto, les Héraultais ont "visionné des images de la qualification contre Fabrègues", ces derniers sont "un peu dans l’incertitude par rapport à cette équipe." De l'incertitude, la pelouse de Pibarot, bosselée par endroits, sait parfois en offrir. À l'inverse des Oaciens qui s'y entraînent chaque jour et en connaissent les moindres recoins, Savanier et Mollet peuvent se faire surprendre.

"Ce sont des humains comme nous"

D'autant que "ça va se jouer à des détails", prévient Théo Peyrard. Formé au Nîmes Olympique, le milieu défensif connaît mieux que personne la saveur "toute particulière" de ce derby "pas comme les autres." De toute façon, l'indéboulonnable récupérateur n'a pas besoin de ça pour attaquer un match avec la grinta d'un Gattuso.

Bien décidé à garder ses principes de jeu et son 4-2-3-1 qui a si bien fonctionné ces dernières semaines, Stéphane Saurat est tout heureux de pouvoir enregistrer les retours des deux atouts offensifs que sont Maconda et Mboup. Les deux hommes viendront "apporter des options supplémentaires" au technicien alésien qui s'appuie déjà sur le quatuor d'enfer formé par Franco, Sbaï, El Hamri et El Bakkal. Formé au MHSC, le Saint-Gillois Steven Bouchité aura fort à faire pour préserver sa cage inviolée comme il l'a fait lors de ses trois dernières sorties. "C'est un match de gala mais on y croit. Ce sont des humains comme nous", analyse le gardien de 27 ans.

"Je dis allez l'OAC"

Si toute une ville s'apprête à vibrer, renouant avec le goût sucré d'un passé glorieux, il en est un qui va vivre "un rêve de gosse". Le Saint-Hilairois Aloïs Chabassut, passeur décisif contre Fabrègues, se voit récompensé de sa fidélité à un club pour lequel il a donné 21 ans de sa carrière sportive.

Parce que ce match n'a rien d'anodin pour la ville d'Alès, Christophe Rivenq, premier adjoint à la mairie, dont l'accointance avec le football n'était pas une évidence, se positionne en supporter : "J'aime ce sport et j'aime ce club, alors je dis allez l'OAC !" Dernièrement, le président de l'Agglo a même pris soin de partager sur ses réseaux sociaux les publications du club.

Assurément, l'OAC peut écrire l'une des plus belles pages de son histoire cet après-midi. Il y a 34 ans, face à Bordeaux, les Alésiens n'avaient pas perdu (2-2). Dans le cas où le scénario viendrait à être identique, les tirs au but feraient office de juge de paix. "S'il faut le tirer, j'irai", annonce Théo Peyrard. Pour arriver jusque-là, les Cévenols devront être "Hérault-ïques".

Corentin Migoule

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